Jouahri: Les banques devront consortialiser les crédits supérieurs à 500 MDH
Comme toujours, la réunion trimestrielle du Conseil de Bank Al Maghrib a été l'occasion d'un intéressant échange avec le wali Abdellatif Jouahri.
Lors de sa rencontre avec la presse, le même mardi, le wali de Bank Al Maghrib a expliqué qu’il y a une incertitude qui plane sur l’économie marocaine, surtout en l’absence d’une pluviométrie conséquente et à temps. Rendant ainsi provisoires les projections de Bank Al Maghrib en attendant de voir plus clair au sujet de la campagne agricole.
Le gouverneur de la Banque centrale a évoqué plusieurs thématiques concernant l’économie nationale et le secteur bancaire. BAM maintient son taux directeur inchangé et révise à la baisse ses prévisions de croissance pour 2016.
Le décalage par rapport aux prévisions de la loi de Finances
Le taux de croissance pour 2016 est estimé à 2,5% par la loi de finances de l’année 2016. Bank Al Maghrib le situe à 2,1%. Pourtant les deux projections sont basées sur les mêmes fondamentaux, surtout celui de la récolte céréalière. Gouvernement et BAM tablent sur une récolte moyenne en 2016 de 70 millions de quintaux.
Le wali de la Banque centrale explique ce décalage par le modèle de prévision: "Nous avons nos propres modèles,dont trois dédiés à l’agriculture et tous sont inspirés des standards utilisés par les banques centrales dans le monde".
Le doute sur la croissance
M. Jouahri tient à préciser que la prévision de croissance de 2,1% est provisoire. Des paramètres manquent à l’analyse, dont le plus important est le sort de la campagne agricole pour 2016.
«Nous attendrons d’être fixés sur la campagne agricole pour réviser le taux de croissance. Pour l’instant, on ne peut pas se projeter sur la base de spéculations», coupe court le wali de la Banque centrale.
Les banques face aux crises des grandes entreprises
La Banque centrale est très attentive aux incidents qui secouent la scène financière.
La crise des immobilières, de l’aciérie et du raffineur national pousse le gendarme monétaire à imposer de nouvelles règles.
Selon Abdellatif Jouahri, désormais les banques sont incitées à consortialiser les crédits dépassant un certain niveau. Elles sont appelées à passer des contrats entre elles pour les crédits dépassant 500 millions de DH, pour mutualiser le risque. La Banque centrale y veillera à partir de 2016.
Décélération des crédits
Les crédits ont décéléré de 0,5 point en 2015, une tendance que la Banque centrale attribue à la baisse de la demande des entreprises.
Toutes les catégories de crédit (trésorerie, équipement…) sont en recul, incitant ainsi la Banque centrale à programmer une réunion, dès 2016, avec le Groupement professionnel des banques marocaines et la CGEM, pour analyser ce phénomène.
La Banque centrale donne ainsi rendez-vous pour mars prochain, lors de la prochaine réunion du Conseil, pour livrer les conclusions de cette consultation et trouver des solutions qui pourraient remédier à cette stagnation.
La flexibilité des changes
«L’amnistie des changes n’est pas une solution contre la fuite des capitaux». Les propos de Jouahri sont clairs. L’amnistie était une opération ponctuelle mais dont les effets ne sont pas garantis. En revanche, la seule solution pertinente est de libéraliser la circulation des capitaux à travers une flexibilité progressive de change.
Pour la Banque centrale, cette flexibilité consiste à rendre plus souple la cotation du dirham. Au lieu d’un panier composé de parts fixes en dollars et euros, la cotation sera plus souple et flexible selon la conjoncture et la situation financière du Maroc.
Cette flexibilité s’impose également pour accompagner l’essor de la place financière de Casablanca,car elle fera l’économie des demandes d’autorisation de transfert et rendra les capitaux plus libéralisés.
Les banques participatives
La Banque centrale avait fixé un délai jusqu’à novembre 2015 pour le dépôt des demandes d’autorisations de création de banques participatives. Ce délai court toujours pour permettre à d’autres institutions de postuler au Maroc.
En 2016, le Comité de crédit et des marchés financiers se réunira pour statuer sur les autorisations et les attributions. Entre-temps, le Conseil des oulémas est partie prenante dans la mise en place des comités de contrôle nécessaires pour le suivi de cette catégorie d’institution, autrement dit le sharia board.
Après attribution des autorisations, les établissements participatifs auront une année pour devenir opérationnels, le temps de faire le nécessaire sur le plan juridique (création de société, dépôts de capitaux, logistique…).
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