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OMDH: les valeurs d'égalité et de tolérance sont absentes des programmes électoraux

L'OMDH a présenté, jeudi 3 mars, son rapport sur l'observation qualitative des précédentes élections communales, sur le thème: "La ville et les droits de l'homme dans les programmes électoraux".  

OMDH: les valeurs d'égalité et de tolérance sont absentes des programmes électoraux
Amine Belghazi (avec Agence)
Le 4 mars 2016 à 15h53 | Modifié 4 mars 2016 à 15h53

Présenté par le président de l'Organisation marocaine des droits humains (OMDH), Boubker Largo, lors d'une conférence de presse tenue à Rabat, le rapport évoque l'intégration par les gestionnaires de la chose publique des droits de l'homme dans leurs programmes électoraux, les raisons de l'abstention politique, l'assimilation par l'acteur politique des dispositions de la Constitution et des chartes et conventions internationales, outre la place des attributions et missions des conseils communaux dans les programmes électoraux.

Ce rapport est basé sur un échantillon de huit partis ayant obtenu 200 mille voix lors des dernières élections du 4 septembre 2015, à savoir le Parti de la justice et du développement (PJD), le parti de l'Istiqlal (PI), le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM), l'Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire (MP), l'Union constitutionnelle (UC) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS), dans six villes de différentes tailles (Agadir, Tétouan, Oujda, Khénifra, Rabat et Sefrou). L'intérêt de cette approche réside, selon le rapport, dans le fait que 60% de la population marocaine résident en milieu urbain, d'après les conclusions du recensement de 2014. Cette situation provoquera l'émergence de nouvelles problématiques liées aux volets économique, social, environnemental et culturel.

Le rapport s'articule autour de plusieurs axes ayant trait à la participation politique, au contenu des programmes électoraux (la présence des droits dans ces programmes), aux programmes locaux distribués lors de la campagne électorale, à la couverture médiatique de cette campagne, tout en émettant plusieurs recommandations à prendre en compte lors des prochains scrutins.

La perception négative des élus derrière l'abstention des électeurs

S'agissant de l'abstention, le rapport souligne qu'elle est liée au rôle des conseils élus dans la mesure où la majorité des personnes ayant décidé de ne pas participer aux dernières échéances, estiment que le rôle des conseils élus est limité (50,16%), les conseils servent l'intérêt des élus (23,78%), tandis que 26,06% affirment que les conseils servent les citoyens et l'intérêt général. 

Le rapport explique l'abstention pour des raisons liées aux candidats (l'idée négative sur les élus), l'action politique et les partis politiques (la perte de confiance dans les partis politiques et la multiplication des partis), des raisons techniques, telles que l'absence de communication, l'opération d'inscription sur les listes électorales, le financement des élections par l'Etat, le mode de scrutin et la date du scrutin.

L'éducation, la tolérance et le droit au logement absents des programmes électoraux

S'agissant du contenu des programmes électoraux, le rapport note que le droit à la participation à la gestion de la chose publique et le soutien de la société civile sont présents dans la plupart des programmes des partis. Ainsi, la majorité des partis ont accordé un intérêt au droit à l'information (75%). En revanche, les valeurs d'égalité et de tolérance sont absentes de ces programmes, sauf pour un seul parti. 

La sécurité dans les villes fait partie désormais des préoccupations des dirigeants de la chose publique (37,5%), outre le concept de la bonne gouvernance, alors que le droit à l'éducation n'a pas bénéficié de l'intérêt nécessaire, selon l'OMDH. Le rapport a abordé aussi le droit au divertissement et à la protection de l'enfance et des jeunes et le droit à l'éducation physique, notant que ce droit a été présent à hauteur de 37,5% dans les programmes des partis.

Sur le droit à la santé, le rapport révèle que les programmes électoraux se sont contentés d'évoquer la préservation de la santé (62,5%) sans mettre l'accent sur les outils et les programmes à même de renforcer ce secteur, notant que ces programmes ont accordé un intérêt particulier à la prise en charge sociale des personnes à besoins spécifiques (100%), suivies par les personnes âgées (62,5%), les enfants de la rue (50%) et les femmes en situation de précarité (37,5%).

Le rapport relève par ailleurs que les programmes électoraux se sont désintéressés des droits au logement et aux équipements de base (eau, électricité, assainissement liquide et solide).

Le droit au travail et les droits culturels imprécis et délaissés

Concernant le droit au travail et au développement économique, le texte souligne que la plupart des programmes électoraux des partis ont souligné l'importance de ce droit, sans préciser les modalités pour drainer les investissements et les mécanismes pour concrétiser le droit au développement.

Au volet du droit à un environnement sain, le rapport révèle que l'environnement a fait l'objet d'un intérêt particulier des programmes électoraux des partis, alors que les droits culturels n'ont pas attiré l'attention des partis politiques, dans la mesure où ils n'ont pas dépassé 50% dans un seul volet concernant le soutien des festivals culturels et musicaux, 25% pour les autres volets et 12,5% pour l'amazigh.

Le président de l'OMDH critique la non publication complète des résultats

Contacté par Médias24, le président de l'OMDH déplore l'attitude du ministère de l'Intérieur: "Il aurait fallu que les résultats soient intégralement divulgués par le ministère de l'Intérieur et que l'information soit mise à disposition des ONG, des chercheurs et du public. Cette transparence permettrait à la fois d'encourager la participation des citoyens et de capitaliser sur l'expérience démocratique. D'ailleurs, la Constitution marocaine insiste sur le droit d'accès à l'information", estime Boubker Largo.

A ce stade, seule une partie des résultats est divulguée. "Nous avons accès aux noms des élus. Pour le déroulement des élections, nous n'avons pas davantage d'informations, les résultats complets ne seront pas divulgués. Il n'y a pas eu de contestation ni de la part des partis politiques ni de la part des ONG. C'est aux partis politiques qu'incomble principalement la responsabilité de ce mutisme."

Pourquoi l'OMDH, association reconnue d'utilité publique, n'a pas réclamé la publication des résultats définitifs? La réponse du président de l'OMDH laisse quelque peu perplexe: "Nous aurions demandé l'accès aux résultats complets s'il y avait eu des contestations quant au déroulement du scrutin de la part de partis politiques. Ce n'était pas le cas."

En définitive, le rapport dresse une série de recommandations. L'OMDH propose d'accélérer la mise en œuvre de la loi organique sur la jeunesse et la société civile, en vue de favoriser la culture politique, le développement des capacités et la formation des dirigeants de l'avenir. L'organisation recommande également une meilleure implication des médias dans la sensibilisation des citoyen aux valeurs démocratiques.

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Amine Belghazi (avec Agence)
Le 4 mars 2016 à 15h53

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