Mezouar: “Si le rapport d’avril est critique pour le Maroc, il n’aura aucune crédibilité”
A l’issue d’une conférence de presse tenue jeudi 24 mars au siège du ministère des Affaires étrangères et de la coopération, le ministre Salaheddine Mezouar a accordé cet entretien à Médias 24.
- Médias 24: -Faut-il craindre le rapport du secrétaire général au Conseil de sécurité, prévu fin avril?
-Salaheddine Mezouar: On a toujours présenté ce rapport comme quelque chose de particulier et d’exceptionnel, en appréhendant sa sortie et les résolutions qui risquent d’en découler.
Qu’un rapport explosif sorte dans le contexte actuel et il n’aura aucune crédibilité, car le Maroc n’y est pour rien, il a toujours respecté le processus de paix.
Je rappelle que Christopher Ross, représentant personnel du SG, nous a rendu visite 6 fois depuis septembre et que nous avions rendez-vous avec lui à la fin du mois de mars.
Toute la communauté internationale comprendra que la publication d’un rapport critique sera forcément biaisée et ne lui accordera par conséquent aucune crédibilité.
De plus, pensez-vous qu’un simple rapport puisse déstabiliser la conviction de 35 millions de Marocains et changer notre réalité?
Après une tentative avortée en 2013 et 2014 de changer les paramètres de ce rapport et une crise ouverte avec le secrétariat général de l’ONU, nous étions arrivés à un accord.
Dans les traditions onusiennes, il a toujours été question de produire des rapports équilibrés et le SG s’y était d’ailleurs engagé formellement et personnellement par téléphone auprès de SM le Roi.
Sortir de ce cadre revient à prendre parti, alors qu’un rapport factuel est censé simplement constater ce qui a été fait par l’envoyé personnel entre le dernier rapport et le nouveau. Et cela s’arrête là.
Est-ce que nous nous attendons à un rapport explosif? Tout ce que je peux dire, c’est que s’il veut jouer à ce jeu, il n’en sortira pas grandi.
Dans le contexte actuel, quel que soit son contenu, ce rapport n’aura aucune crédibilité, car tout le monde a constaté l'animosité et l'hostilité de Ban à l'égard du Maroc. Chaque année, on dit qu'il faut craindre le rapport, mais en réalité, il n'y a jamais eu de vrai problème.
-Le secrétaire général était-il sponsorisé, téléguidé ou soutenu en coulisses par une puissance?
-Ce n’est pas impossible, mais quand je vois ses tentatives désespérées de faire endosser ses déclarations par le Conseil de sécurité, il apparaît qu’il n’a rien de solide ou de consistant derrière lui.
Il y a surtout de l’énervement de sa part et de celle du polisario, qui menace de reprendre les armes, car tout est bon pour leur permettre d’exister médiatiquement.
Quand on est en manque d’arguments solides, on peut faire toutes les tentatives possibles même si, au final, elles se résument à des rodomontades.
Ce qu’a fait Ban Ki-moon est inadmissible, car c’est la première fois dans l’histoire des Nations-Unies qu’un secrétaire général se comporte de manière partiale dans un conflit entre deux parties.
C’est très grave et les membres du Conseil de sécurité en sont conscients, car il a commis de gros dérapages, qui ont touché au principe fondamental de neutralité des Nations-Unies.
Aucun membre du Conseil de sécurité ne le soutient publiquement, car ils sont choqués par sa position partisane et malgré ses tentatives de les rallier, il est seul.
-Le dialogue sera-t-il rompu jusqu'à son départ?
-Le Maroc n’a jamais rompu le fil du dialogue, car le faire, c’est fermer la porte à un règlement amiable et faire preuve d’irresponsabilité.
Malgré ce qui s’est passé, le Maroc garde une attitude responsable, mais déterminée, car la sortie de Ban Ki-moon a heurté les sentiments de tout le peuple marocain.
Nous avons pris des mesures fermes, mais nous continuons à maintenir un canal de communication, même s’il n’est pas forcément direct.
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