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Redaction

Enseignants stagiaires. Benkirane désavoue Boussaid: “Je ne cèderai pas“

Ce dimanche en fin de matinée, le chef du gouvernement  a publié un communiqué au sujet de l'affaire des enseignants stagiaires. Avec deux messages: je ne cèderai pas et la position du ministre des Finances n'est pas acceptable.

Enseignants stagiaires. Benkirane désavoue Boussaid: “Je ne cèderai pas“
R. B.
Le 3 avril 2016 à 13h02 | Modifié 21 mai 2021 à 13h50

C’est un événement assez rare pour être relevé: un dimanche matin, Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, publie un communiqué.

L’homme est toujours revigoré par l’adversité, on l’a toujours su. Il se décourage rarement et plus on le défie, plus il fait face.

Là, il s’agit d’enseignants stagiaires. L’initiative-médiation du PAM et de l’USFP a jeté le trouble jusque dans les rangs de la majorité, puisque trois partis du gouvernement ont accepté de s’asseoir avec le PAM et que le ministre de l’Economie et des finances a répondu par écrit à une question posée par des groupes parlementaires de l’opposition et que sa réponse n’est pas du tout dans la ligne du chef du gouvernement.

Voilà donc que Abdelilah Benkirane publie un communiqué où il exprime son “profond étonnement quant au contenu de l’échange de courriers entre M. Boussaid et deux groupes parlementaires. Il insiste sur le fait que ce courrier [du ministre des Finances, qui répondait à une question] est une initiative individuelle, qui n’a pas fait l’objet de concertation avec le chef du gouvernement et qu'elle est non conforme à la solution proposée par le gouvernement“.

Benkirane critique la réponse de son ministre. Les deux groupes parlementaires (USFP et PAM) avaient demandé à Boussaid dans quelle mesure les procédures techniques et administratives permettaient d’organiser un seul concours, tout en différant le recrutement à janvier 2017 pour 3.000 candidats. Et Boussaid avait répondu que cela était possible, moyennant un décret.

Benkirane critique donc cette réponse: “Il n’est nul besoin de nouveau décret, puisque deux décrets organisent déjà les conditions des concours“.

Il ajoute que le gouvernement a déjà tranché et l’a exprimé à travers des canaux officiels: le concours sera organisé en deux fois, la première dans le cadre des 7.000 postes budgétaires prévus par la loi de finances 2016 et la seconde, dans le cadre des futurs postes budgétaires de 2017. Seule la loi de finances peut créer des postes budgétaires, aucun décret ne peut s’y substituer“.

Le communiqué conclut: “Puisque le gouvernement a tranché d’une manière définitive, aucun ministre n’a le droit d’agir en dehors de ce cadre, sous quelque forme que ce soit“.

Et une déclaration de presse: "Je ne cèderai pas"

Dans une déclaration à un confrère, M. Benkirane enfonce le clou et confirme sa réponse aux critiques qui lui ont été adressées.

Sa réponse, telle qu’elle est exprimée, est cohérente et logique: “Je ne cèderai pas, même si nous devons perdre les élections“, explique à Goud, une source “proche de Benkirane“. Lisez Benkirane lui-même.

“Ce n’est pas une question d’entêtement, je n’en fais pas une affaire personnelle.  C’est une question d’autorité de l’Etat“.

Il a parfaitement raison, dès lors que le gouvernement et plus encore par la voix de son chef, a annoncé une position définitive, il doit s’y tenir.

Benkirane ne l’évoque pas ici, mais la manière dont sa conférence à HEM Oujda a été chahutée, ainsi que d’autres activités de ministres, par des enseignants stagiaires ou des sympathisants, est certainement une atteinte à la démocratie et aux débats.

De plus, la position de Benkirane concernant le principe de séparation entre la formation et le recrutement ne peut être qu’approuvée et soutenue.

Mais aujourd’hui, le problème ne consiste pas à céder sur cette position définitive du gouvernement et qui consiste à recruter les 10.000 concernés en deux vagues: 7.000 en juillet et 3.000 le 1er janvier 2017. Cette proposition a été acceptée par les concernés, qui ne demandent que des garanties, ce qui est légitime. On ne peut pas, dans un Etat de droit, dans une organisation moderne, dire que la parole du chef du gouvernement suffit comme garantie.

Aujourd’hui, il faut trouver un habillage, sans céder sur le fond et cet habillage peut consister simplement, à faire passer le concours en une seule fois, tout en différant le recrutement de 3.000 au 1er janvier prochain. Avec une solution aussi simple, Benkirane sortirait grandi. Et l’autorité de l’Etat, la crédibilité du gouvernement resteraient intactes.

Le chef du gouvernement a tort de se cabrer. Il y a des moments où la fermeté devient de la rigidité. Son message de fermeté est clairement passé. Il faut maintenant sauver 10.000 jeunes Marocains.

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R. B.
Le 3 avril 2016 à 13h02

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