Des hammams durables au Maroc: requêtes législatives en cours de préparation
Dans l'objectif de préparer une requête pour la mise en place de modalités juridiques, environnementales et sociales pour la gestion du secteur des hammams, l'association Énergie, solidarité et environnement (EnSEN) a organisé lundi 1er août à Rabat une conférence de presse autour du thème "Pour une gouvernance environnementale du secteur des hammams au Maroc".
Cette rencontre, qui s'inscrit dans le cadre des préparatifs de l’association à la 22e conférence des Parties à la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP22), vise une rationalisation énergétique des hammams, une filière qui surexploite les ressources forestières et les nappes phréatiques et qui contribue à la pollution au regard des gaz à effet de serre qu'elle émet dans l'air.
A cette occasion, la présidente de l'association Asmae Arbaoui, a indiqué que cette rencontre s'inscrit dans le cadre des préparatifs de l’association pour présenter ses réalisations lors de la COP22 à Marrakech, relevant dans ce sens que "nous sommes en train de préparer deux requêtes législatives pour structurer le secteur des hammams et assurer sa pérennité dans le cadre d'une gouvernance environnementale, ayant pour objectif de rationaliser la consommation de bois et d'eau et de réduire les émissions de gaz à effet de serre".
Dans une déclaration à la presse, Mme Arbaoui a relevé que l'EnSEn œuvre depuis trois ans sur le programme "Hammams durables Maroc", qui a des aspects environnementaux, juridiques, techniques et sociaux, dans le but de créer une dynamique visant la mise à niveau environnementale de ce secteur, omniprésent dans la culture marocaine et qui représente une source de revenus pour plus de 200.000 personnes.
Avec un parc comptant plus de 12.000 hammams, la modernisation énergétique de ce secteur traditionnel au Maroc demeure une nécessité environnementale et économique impérieuse, étant donné qu'il s'agit d'une filière polluante et l'un des plus gros consommateurs de bois-énérgie et d'eau dans un contexte marqué par la raréfaction de ces ressources et l'augmentation de leur prix.
Ce secteur exerce ainsi une très forte pression sur les ressources naturelles nationales et amplifie les émissions des gaz à effet de serre. La maîtrise insuffisante de la filière est également à l'origine de conséquences économiques, environnementales et sociales considérables, sachant que la dégradation du patrimoine naturel du pays, qui échappe en partie au contrôle des autorités, aurait un coût annuel de 15 à 20 milliards de DH, soit 3 à 5% du PIB national.
Avec l'appui de son partenaire français, le groupe "Energies renouvelables, environnement et solidarité" (GERES), l'EnSEn a déployé le programme "Hammams durables Maroc", dont l'objectif est d'accompagner les hammams au Maroc en termes de suivi technique et de modernisation énergétique, afin de garantir la pérennité des hammams et de réduire les consommation de bois et d'eau, ainsi que les fumées nocives et les les émissions des gaz à effet de serre.
Dans ce cadre, il a été procédé à l'organisation de plusieurs ateliers régionaux, de panels d'experts et d'enquêtes de terrain, dont les résultats ont donné lieu à un document de plaidoyer pour le développement d'une réglementation spécifique au secteur des hammams, qui devra être présenté aux instances gouvernementales, dans l'espoir qu'il soit traduit en projet de loi.
L'EnSEN a pour objet de développer des solutions énergétiques propres et durables, de réduire la vulnérabilité des communautés locales face aux changement climatiques, de préserver l'environnement et les ressources naturelles et de soutenir un développement économique durable.
(Avec MAP)
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