Quel potentiel commercial et économique pour le Maroc en Afrique? La réponse d'OCP Policy Center
Les échanges commerciaux entre le Maroc et l'Afrique subsaharienne progressent, malgré différents obstacles liés aux infrastructures. Le Royaume se hisse également dans le rang des pays qui investissent le plus dans le continent.
Dans sa dernière publication, le policy brief du mois de février 2017, OCP Policy Center analyse les tendances du commerce interrégional du Maroc avec l’Afrique subsaharienne, ainsi que le développement des investissements dans ladite région.
Il en ressort que les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne connaissent une tendance haussière depuis 2009, avec une croissance annuelle de 12,8% entre 2000 et 2015. Ceci dit, le poids de l’Afrique subsaharienne dans le commerce extérieur reste faible en 2015 (3,4%), en comparaison avec des partenaires tels l’Union européenne (56,7%) ou la région MENA (15,3%).
L’auteure de ce brief, Rim Berahab, cite comme causes inhérentes à cette relative stagnation, un retard au niveau de l’application des protocoles commerciaux, ainsi qu’à la quasi-absence de lignes directes de transport terrestre ou maritime.
Ce dernier point est particulièrement intéressant, si l’on se réfère à un indicateur qui intègre la notion de distance entre les pays dans l’évaluation des coûts de commerce, qui confirme la cherté des coûts de commerce avec l’Afrique subsaharienne:

Les coûts de transport entre le Maroc et ses partenaires subsahariens peuvent donc constituer un frein dans le développement de leurs relations commerciales malgré la signature des accords de libre-échange.
Ceci dit, les relations commerciales bénéficient davantage au Maroc qu’à ses partenaires subsahariens. Un avantage illustré par la balance commerciale du Royaume avec le continent qui est devenue excédentaire depuis 2008, atteignant un solde de 992,3 millions de dollars en 2015, soit 1% du PIB.
Une autre tendance positive réside dans l’accroissement du nombre de produits exportés par le Maroc vers l’Afrique subsaharienne. Le Royaume exporte désormais près de 187 produits vers celle-ci, contre uniquement 83 produits en 1995.
Dans le même sillage, OCP Policy Center se penche sur l’évolution de l’indice de complémentarité des exportations du Maroc avec les importations de ses principaux partenaires subsahariens. Cet indice permet d’indiquer dans quelle mesure la structure des exportations d’un pays correspond à la structure des importations de son pays partenaire.
Le think tank marocain a étudié la relation entre l’indice de complémentarité du Maroc en tant que pays exportateur et les pays d’Afrique subsaharienne en tant qu’importateurs, rapportée au PIB nominal de ces Etats en 2015, en mettant l’accent sur les trois principaux partenaires du Royaume à l’exportation: la Côte d’Ivoire, le Sénégal et l’Ethiopie.

La valeur de cet indice est comprise entre 0 et 100. Elle est égale à 0 lorsqu’aucun produit exporté par un pays n’est importé par l’autre. Elle vaut 100 lorsque la structure des importations d’un pays correspond exactement à celle des exportations de l’autre.
Une des observations relevées est que le Royaume exploite davantage son potentiel avec le Sénégal et, dans une certaine mesure, la Côte d’Ivoire qu’avec les pays dont l’indice de complémentarité est plus élevé.
"Le potentiel d’échange du Maroc avec ses principaux partenaires doit à présent être consolidé, à travers des mécanismes appropriés et un ciblage des branches et secteurs que le Maroc peut exporter à ses partenaires subsahariens, tout en maximisant sa complémentarité commerciale afin de mieux subvenir à la demande d’importations issue de ces pays", indique OCP Policy Center.
Essor des IDE
Au niveau des investissements directs étrangers, la tendance est assez similaire. Ceux-ci ne cessent de croître depuis quelques années.
En effet, la part des stocks d’IDE sortants du Maroc dans le PIB est passée de 3,8% en 2014 à 4,4% en 2015, dont une grande part est destinée l’Afrique subsaharienne.
Sur la même année, 40% du total des IDE marocains à l’étranger sont destinés à l’Afrique subsaharienne. Un chiffre qui positionne le Maroc comme étant un des pays investissant le plus dans le continent derrière le Kenya, l’Afrique du Sud et le Nigéria.
La Côte d’Ivoire, l’Île Maurice et le Mali sont les trois premières destinations des IDE marocains entre 2011 et 2015.

Par ailleurs, les investissements marocains en Afrique subsaharienne portent principalement sur des secteurs se caractérisant par une forte valeur ajoutée, à l’instar des secteurs bancaires, de télécommunication ou d’industrie.

"Les IDE marocains vers l’Afrique subsaharienne devraient poursuivre leur tendance haussière dans les prochaines années, compte tenu de la volonté du Maroc à renforcer ses relations avec les pays du Sud d’une part, et à la stabilité macroéconomique et au niveau de croissance économique élevé qu’a connu le continent africain durant les dernières années d’autre part", conclut le rapport.
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