Cuir. Des projets de locomotives d’une moyenne de 30 MDH sont à l’étude
Des investisseurs marocains se sont manifestés pour créer des locomotives dans la chaussure, la tannerie et la mégisserie. L’investissement prévisionnel se situe entre 30 et 40 MDH pour chaque projet.
Une année après la signature des contrats de performances pour la chaussure, la maroquinerie et les vêtements en cuir et enfin la tannerie et mégisserie, la Fédération marocaine des industries du cuir a tenu, jeudi 23 sa première rencontre avec la presse.
Sans matière première locale, point d’industrie du cuir
D’abord un chiffre. Le Maroc importe 70% de son cuir. D’un autre côté, il est exportateur de matière première produite localement et vendue à l’état semi-fini, à un prix dérisoire. Il est donc doublement perdant.
"L’industrie locale est très vulnérable. Nous ne produisons pas notre propre cuir alors que nos concurrents sont intégrés. Si rien n’est fait, dans les cinq années à venir, l’industrie disparaîtra dans sa totalité. Le Maroc compte actuellement une quinzaine d’usines, opérant dans le secteur formel, contre une centaine quelques années plus tôt. Elles disparaîtront toutes", s’alarme Azzeddine Jettou, vice-président de la Fedic.
"Des investisseurs étrangers nous demandent où acheter le cuir au Maroc. Nous ne savons pas quoi leur répondre. Pendant de longues années, le secteur a subi une anesthésie générale. Nous recevions de grandes commandes de la part des donneurs d’ordre et cela nous suffisait. Avec l’émergence de nouveaux compétiteurs, nous avons perdu nos clients, et nous nous sommes retrouvés avec des unités de production sans aucune commande. Le seul choix qui nous reste est de créer une industrie en amont", ajoute-t-il.
C’est l’un des objectifs de l’écosystème tannerie qui vise également la génération d’un chiffre d’affaires additionnel de 2,7 MMDH dont 1 MMDH à l’export et la réalisation de 10 projets d’investissements portés par des locomotives.
De nouvelles ZI aux normes dans le pipe
Dans le cadre des contrats de performance signés en février 2016, la mise à disposition des acteurs des écosystèmes d’un foncier locatif à des prix attractifs fait partie des engagements du département de l’industrie. Actuellement, des projets de zones industrielles aux normes internationales sont en cours d’étude ou de finalisation.
-La zone industrielle de Ain Chgag, à 20km de Fès. La phase des études est quasi-achevée. Le début des travaux d’aménagement est prévu courant du deuxième semestre 2017. "Les appels d’offres seront lancés d’ici juin", précise Taha Ghazi, en charge des secteurs du cuir et du textile au ministère de l’Industrie et du Commerce.
Cette zone, d’une superficie brute de 38 ha, sera équipée d’une station d’épuration des effluents. Elle est prévue pour abriter les principales tanneries, mais également les entreprises de chaussures et de maroquinerie de la région.
- Une nouvelle zone industrielle pour les entreprises de chaussures. En phase d’exploration, elle sera dédiée principalement aux entreprises de chaussures majoritairement informelles dans la région de Fès.
-La zone de Casa City Shoes. D’une superficie de 10 ha et entièrement aménagée, elle est dédiée aux PME de la filière de transformation du cuir (chaussure, maroquinerie et vêtements en cuir). Cette zone sera prête courant 2018, selon Hamid Ben Ghrido, président de la Fedic.
-Zone industrielle de Sidi Hajjaj dans la région de Casablanca. Cette zone multisectorielle est en phase d’étude par le ministère de l’Industrie.
Les premiers projets de locomotives sont à l’étude
A partir de janvier 2017, la cellule d’animation du cuir est créée. Comme pour les autres écosystèmes sectoriels (textile, matériaux de construction, automobile,…), c’est elle qui accompagnera les entreprises dans le montage de leurs projets et leur suivi et la coordination avec le ministère de tutelle.
"Nous avons reçu des demandes dans la chaussure, la tannerie et la mégisserie. Ils sont en cours d’études et bénéficient de l’accompagnement de la cellule d’animation et des cabinets de conseil. Ils aboutiront dans quelques semaines", confie Hamid Ben Rhrido.
Ces projets sont d’un investissement moyen situé entre 30 et 40 millions de DH. "Ces investissements sont tous portés par des Marocains", précise le président de la Fedic.
"Le démarchage d’investisseurs étrangers est également en cours, et ce, en collaboration avec l’AMDI. L’objectif est de consolider les métiers classiques qui sont la chaussure, la maroquinerie, la tannerie … et de lancer de nouveaux métiers", ajoute Taha Ghazi, en charge des secteurs du textile et du cuir au ministère de l’Industrie et du Commerce.
Cuir et textile, une alliance ressuscitée
Il fut un temps où les deux secteurs avançaient ensemble. On parlait d’ailleurs de l’industrie du textile et du cuir. Puis, il y a eu scission et chacun a pris son destin en main. Aujourd’hui, les prémisses d’une nouvelle alliance sont palpables.
"La semaine dernière, nous nous sommes entretenus avec l’Amith. L’idée est de mettre en place une cellule commune pour travailler sur des dossiers importants comme le dumping et la contrebande et qui touchent les deux secteurs", souligne Azzeddine Jettou.
Des requêtes conjointes seront déposées notamment auprès du ministère du Commerce extérieur.
"Nous allons nous réunir courant la semaine prochaine avec les services de la Douane et des Impôts pour discuter de ces problèmes, avant de les attaquer en commun avec l’Amith", ajoute la même source.
Une position qui n’est pas accueillie favorablement par l’ensemble de la profession. Certains soutiennent l’indépendance de la filière cuir en mettant en avant sa particularité, et celle de ses contraintes.
Rappelons que la mise en place des 3 écosystèmes à l'horizon 2020 vise la création de plus de 35.000 emplois stables et la génération d'un chiffre d'affaires aditionnel de 7,5 MMDH dont 5,5 MMDH à l'export.
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