Uri Dadush: “Perspectives économiques marocaines solides, des ajustements s'imposent”
Dans une note d’analyse réalisée pour l’OCP Policy Center, le chercheur Uri Dadush souligne la bonne tenue de l’économie mondiale. Il avertit toutefois contre une situation qui pourrait se détériorer à nouveau à partir du second trimestre 2018 notamment en raison de "guerres commerciales" et de la "montée des populismes", quoique celle-ci soit au moins momentanément freinée par l’élection d’Emmanuel Macron en France.
Dadush note la hausse de la croissance économique mondiale en 2017 par rapport à 2015 et l’amélioration de la situation de l’emploi en Europe mais également aux Etats-Unis. L’amélioration des indicateurs de la croissance et de l’emploi en Europe, depuis l’automne 2016, constituent également de bonnes nouvelles pour le Maroc.
Une zone Mena agitée
S’agissant des implications pour le Maroc, Dadush salue la capacité du Maroc d’avoir réussi à découpler ses performances économiques de celles de son environnement immédiat tout en attirant l’attention sur une situation de détérioration qui ne connaît aucun répit dans la région Mena, au Maghreb et au Moyen-Orient.
Il note les guerres civiles en Libye, en Syrie, en Irak, au Yémen et au Soudan. On peut y rajouter la détérioration de la situation sécuritaire en Egypte, l’appel à l’armée en Tunisie pour sécuriser les sites de production de pétrole et de gaz et la persistance des tensions entre le Maroc et l’Algérie.
Dadush note les mouvements de réfugiés syriens vers les pays voisins et l’Europe. On peut ajouter à cela les flux jusqu’en Egypte, le Maroc et l’Algérie et les divisions internes sur la nature de l’Etat, religieux ou séculaire. "La perspective pour la région Mena au cours des prochaines années est malheureusement une combinaison de croissance faible et d’incertitudes élevées", assène-t-il, sévère mais objectif.
Côté financier, Dadush signale les bons résultats à l’export de secteurs à haute valeur ajoutée tels l’automobile et l’aéronautique, la résistance du secteur touristique, le bon niveau des investissements étrangers et les transferts des Marocains de l’étranger.
Des faiblesses structurelles
Dadush salue la politique de Rabat qui a consisté à profiter du moment de la baisse des cours du pétrole pour amorcer une politique graduelle de baisse des subventions et l’amélioration du climat d’investissement.
"Cependant, note Dadush, le Maroc continue de montrer d’importantes faiblesses structurelles" qui le rendent vulnérables à d’éventuelles guerres commerciales ou à un partenaire européen occupé par la négociation du Brexit, le dossier des réfugiés, la lutte contre les populismes et la reconstruction du couple franco-allemand.
Selon Dadush, ces faiblesses structurelles se retrouvent dans une étude menée par Taoufik Abbad qui montre la faiblesse de la productivité salariale au Maroc, la faiblesse du revenu par habitant et l’inadéquation entre l’offre de formations et les besoins du marché du travail.
Dadush recommande que "pour devenir plus résilient, le Maroc doit maîtriser ses finances en réduisant les gaspillages par les subventions et en rendant l’investissement public plus efficace".
Il insiste également sur l’importance de la réforme du secteur éducatif. La flexibilité des changes est également recommandée avec plus d’efforts faits pour développer les échanges avec l’Asie, le continent américain et l’Afrique, notamment pour réduire la dépendance envers les marchés européens. Le Maroc réalise plus de 60% de ses échanges extérieurs avec l’UE dont plus de la moitié avec la France et l’Espagne.
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