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Nouvelle crise interne: Où va l’Union constitutionnelle?

La création d’un courant dissident agite le parti dont Mohamed Sajid est le secrétaire général. Epiphénomène ou révolte de caciques qui n’ont pas bénéficié de postes dans l’architecture gouvernementale, cette énième crise peut-elle remettre en cause sa survie et l'intérêt du RNI pour fusionner avec ce petit parti?

Nouvelle crise interne: Où va l’Union constitutionnelle?
Samir El Ouardighi
Le 24 octobre 2017 à 16h23 | Modifié 24 octobre 2017 à 16h23

Parti d’appoint sans vraie base militante, l’Union Constitutionnelle est une machine électorale qui se réveille à chaque scrutin pour placer les notables composant l’ossature de sa formation politique.

Depuis peu, une crise agite ce parti qui a intégré, en avril, les rangs de l’exécutif sous l'insistance du RNI qui a aussi imposé la participation de l’USFP à la coalition gouvernementale menée par le PJD.

Menée par Karim Chahid, jeune élu de Kénitra, la fronde contre Mohamed Sajid a pris la forme d’un courant contestataire qui se fait appeler «Maâti Bouabid» en référence au fondateur historique du parti.

Rejoint par plusieurs élus et militants, ce mouvement aspire à faire renaître de ses cendres un parti dont l’activité partisane serait «sclérosée depuis l’arrivée en 2015 du nouveau secrétaire général».

« Une contestation d’opportunistes?»

Selon une source proche du ministre du Tourisme, requérant l’anonymat, ces nouvelles dissensions ne sont qu’un épiphénomène organisé par des notables qui n’ont pas obtenu de postes aux côtés des membres de l’UC associés à la nouvelle architecture gouvernementale.

«Ces gens ne font pas de la politique pour servir leurs électeurs mais pour se faire nommer ou placer leurs proches dans la liste des postes désignés hebdomadairement au Conseil de gouvernement. Malheureusement pour eux, les pratiques commencent à changer et le gâteau des nominations n’est plus assez conséquent pour contenter leurs appétits», dénonce notre interlocuteur qui se dit consterné par des opportunistes faisant passer leurs intérêts avant le parti dont ils mettent en danger l’unité et l’avenir.

Interrogé par Médias24, Abdellah El Ferdaous, co-fondateur du parti du cheval, avance que la création du courant "Maâti Bouabid" n’est qu’un signe de bonne santé partisane mais qu’il importe de le prendre en considération sous peine d’une scission à terme.

«L’UC n’avait pas ce genre de problèmes quand elle était dans l’opposition»

«Ce phénomène n’est pas nouveau car de tout temps, plusieurs courants se sont affrontés pour faire entendre leur voix et proposer des solutions aux problèmes que vit le parti. Il faut cependant reconnaître que depuis quelques mois, l’UC donne l’impression d’être à l’arrêt et il importe de chercher les causes pour trouver des solutions à la paralysie actuelle. Ce nouveau courant contestataire n’a aucune chance de déposer le SG mais ce dernier doit le prendre en considération.

«Ce qui me frappe, c’est que pendant les 20 ans où nous nous trouvions dans l’opposition, l’UC n’a pas connu ce genre de problèmes mais maintenant qu’elle fait partie de la majorité, tout le monde s’agite», s’étonne le père du secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’industrie et du commerce.

A la question de savoir si l’actuel secrétaire général avait bien géré la participation de son parti au gouvernement pour contenter toutes ses troupes, El Ferdaous avance que la vraie problématique de l’UC réside dans la perte de la mairie de Casablanca et pas dans la constitution de l’équipe exécutive.

«Qui est responsable du fiasco électoral de Casablanca? Quand l’UC dirigeait cette ville et celle de Marrakech, nous nous portions très bien alors que nous étions dans l’opposition. De plus, la participation au gouvernement dépend de la capacité de manœuvre du leader pour obtenir un maximum de postes. C’est le cas de Nabil Benabdellah qui pendant 17 ans a toujours réussi à obtenir 4 ou 5 maroquins ministériels sans avoir le poids électoral correspondant», ajoute El Ferdaous qui sous-entend que Mohamed Sajid n’a pas été capable d’obtenir le même résultat que le secrétaire général du PPS et que cela explique peut-être les dissensions actuelles.

«Discuter avec les dissidents sous peine de scission»

«Pour régler la crise actuelle, il importe d’ouvrir un débat en remontant à l’année 2015, date de notre déroute aux municipales. Il ne faut pas ignorer ce courant car une minorité active peut s’avérer dangereuse sachant qu’il a démarré avec 20 membres du Conseil national pour arriver à 90 (12% du parlement de l’UC). Je n’encourage pas la dissidence mais il ne faut pas mépriser ce mouvement sans quoi il deviendra plus nombreux et pourra aboutir à une partition du parti», s’inquiète El Ferdaous.

Interrogé sur la possibilité que cette situation de crise interne impacte négativement le projet de fusion entre l’UC et le RNI, notre interlocuteur avance qu’en l’état actuel des tractations, les deux états-majors n’ont prévu qu’une alliance partisane et qu’aucun agenda de fusion n’est prévu.

«Une fusion pourrait nous faire perdre des sièges au parlement»

«Depuis notre rapprochement en 2010, il n’a jamais été question de fusion. En octobre 2016, nous avons créé un groupe parlementaire commun ainsi qu’une commission bipartite chargée de réfléchir aux étapes suivantes et qui ne s’est jamais réunie.

«Fusionner n’est pas la meilleure solution car je rappelle qu’avant l’actuel Mouvement Populaire, il y avait 4 entités (MP créé par Aherdane et Khatib, MNP de Aherdane, MPDC de Khatib et le MDS de Archane) qui totalisaient 74 députés alors que quand les 3 premiers partis ont fusionné, le MP de Laenser a plafonné à 36 sièges», conclut notre source qui ajoute que le vrai objectif de ce front partisan est de créer l’alternance en 2021 sans une fusion qui pourrait l’affaiblir ou le faire disparaitre de la scène politique.

Selon nos sources, le RNI lui-même s'interroge de plus en plus sur la pertinence et le coût d'une telle fusion.

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Samir El Ouardighi
Le 24 octobre 2017 à 16h23

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