La question de la protection de l’épargne revient au premier plan dès que l’environnement devient plus incertain. Et ces dernières semaines n’échappent pas à la règle. Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient, hausse des prix de l’énergie et craintes d’un retour de pressions inflationnistes, les repères deviennent moins lisibles pour les épargnants.
Dans ce contexte, les marchés deviennent plus volatils et les placements réagissent davantage aux chocs extérieurs, ce qui complique les décisions d’allocation. La même question revient alors, aussi bien chez les particuliers que chez les investisseurs plus avertis : où placer son argent sans prendre de risques excessifs, tout en évitant de le laisser dormir ?
D’autant que dans ces phases, le besoin de liquidité reste central. Peu sont prêts à immobiliser leur épargne sur le long terme. L’enjeu devient plus concret : comment rester liquide tout en faisant travailler son argent intelligemment ?
Garder son argent disponible : une priorité, mais à faible rendement
Contacté sur ce sujet, un conseiller en gestion de patrimoine dans une banque explique que cette question revient beaucoup dans les périodes de volatilité, lorsque les marchés deviennent moins lisibles et que les épargnants cherchent avant tout à sécuriser leur argent sans pour autant le laisser inactif.
"Généralement, il faut déjà avoir l’équivalent de 3 à 6 mois de salaire disponibles pour faire face aux imprévus", indique-t-il. "Avant même de parler de placements, la diversification reste la clé pour limiter les pertes et éviter de concentrer le risque".
Pour ceux qui veulent garder leur argent disponible, "le compte sur carnet reste souvent le premier réflexe. C’est un compte d’épargne simple, avec des fonds accessibles à tout moment, ce qui répond au besoin de liquidité dans ce type de période. Mais la rémunération reste faible. Le taux tourne autour de 1,61%, en baisse par rapport aux périodes précédentes, avec un niveau qui évolue en fonction de l’inflation et des conditions du marché monétaire".
Dans les faits, "ce type de support permet surtout de stocker une épargne de précaution, mais il ne suffit pas à lui seul pour la faire réellement travailler, surtout dans un contexte où les épargnants cherchent justement à préserver leur pouvoir d’achat tout en gardant une certaine flexibilité".
Aller chercher du rendement sans bloquer son épargne
Dans la pratique, ceux qui cherchent à améliorer légèrement le rendement sans perdre en liquidité peuvent se tourner vers la gestion d’épargne collective, notamment les OPCVM monétaires. "Ces fonds investissent sur des supports de très court terme, principalement des titres de créance de l’État ou d’émetteurs de bonne qualité, ce qui permet de rester dans une logique proche de la trésorerie tout en évitant de laisser son argent inactif".
Sur la base des performances observées sur le marché, "ces supports affichent des rendements qui tournent autour de 2,3% à 2,4% sur un an, avec certains fonds qui peuvent ponctuellement faire mieux. Dans l’ensemble, cela reste supérieur au compte sur carnet, tout en conservant une disponibilité des fonds relativement rapide".
Les OPCVM monétaires servent surtout à sécuriser une partie de l’épargne et à lisser la volatilité du portefeuille. Le rendement reste modéré, mais le niveau de risque aussi, ce qui en fait un support adapté pour garder de la liquidité tout en améliorant légèrement la performance.
Dans la même logique, certains épargnants vont un peu plus loin en se tournant vers les OPCVM obligataires court terme. "Ces fonds investissent principalement dans des bons du Trésor et des titres de dette à maturités courtes, ce qui les place directement en lien avec l’évolution des taux obligataires sur le marché".
"Avec la remontée récente des taux, visible aussi bien sur le marché primaire que secondaire, ces supports offrent aujourd’hui des rendements plus attractifs. Sur la base des performances observées, ils tournent globalement autour de 3% à 3,2% sur un an, avec des niveaux qui peuvent être plus élevés selon les fonds et les conditions de marché", explique notre source de marché.
"Dans certains cas, et en fonction des stratégies de gestion, certains fonds peuvent afficher des performances proches de 5%, voire ponctuellement davantage, notamment lorsque les taux continuent d’évoluer à la hausse. Mais cela reste dans une logique prudente, avec un horizon court et une liquidité encore accessible, même si elle est légèrement moins immédiate que sur le monétaire".
Bourse et long terme : davantage de rendement, mais un risque à accepter
De manière générale, les placements présentés s’inscrivent dans une logique prudente, avec un niveau de risque limité. En parallèle, un placement intelligent passe aussi par une exposition à la Bourse, surtout dans une logique de long terme. Les actions restent liquides, avec la possibilité d’acheter et de vendre à tout moment, ce qui permet de récupérer son argent rapidement tout en visant un rendement plus élevé.
Cependant, cette dynamique s’accompagne d’une volatilité réelle. Les marchés peuvent évoluer fortement d’une séance à l’autre, en lien avec les tensions géopolitiques, les décisions de politique monétaire ou encore l’évolution des matières premières. Dans ce cadre, les gains existent, mais les pertes aussi, ce qui impose une lecture du marché plus structurée. Pour les particuliers, cela passe soit par une analyse personnelle, soit par un accompagnement afin de mieux définir les horizons d’investissement et sélectionner les valeurs.
Par ailleurs, "en période d’incertitude, les placements liquides gardent un rôle central, notamment pour faire face aux imprévus ou profiter d’opportunités de marché. En même temps, la gestion de l’épargne repose aussi sur la capacité à réagir avec recul. Les mouvements de panique ou les informations qui circulent sur les réseaux sociaux peuvent influencer les décisions, alors qu’un positionnement construit sur des données fiables permet de mieux gérer ses investissements. Cette discipline reste particulièrement importante pour les petits porteurs, alors que les investisseurs institutionnels s’appuient généralement sur des équipes dédiées".
Dans le même sens, "les placements de long terme conservent toute leur pertinence en fonction des objectifs, de la vision et du niveau de risque accepté, notamment à travers des supports comme l’assurance vie, qui permettent de combiner horizon long et diversification".
Par ailleurs, la question de l’or revient souvent en période de crise. "Cette valeur attire les investisseurs dans les phases de tension, avec une perception de protection face aux chocs. En parallèle, l’or reste un actif volatil, avec des variations parfois rapides à la hausse comme à la baisse".
Dans ce cadre, "l’accumulation directe peut s’avérer risquée, surtout pour un investisseur particulier. Une approche plus adaptée consiste à passer par des fonds qui répliquent l’évolution du prix de l’or, notamment à travers des OPCVM adossés à cet actif. Certaines solutions existent sur le marché, à l’image de fonds spécialisés comme Attijari Gold, qui permettent de s’exposer à l’or sans gérer directement l’actif".
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