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PORTRAITS

La fin de carrière de l'insubmersible général Hosni Benslimane

Le général de corps d’armée a été remplacé à la tête de la gendarmerie royale par le général de division Mohamed Haramou. L’occasion de revenir sur le parcours unique d’un militaire associé à deux règnes, qui a fait de son département un des services de sécurité les plus modernes du Maroc et envié par toute l'armée.

La fin de carrière de l'insubmersible général Hosni Benslimane
Samir El Ouardighi
Le 5 décembre 2017 à 16h07 | Modifié 11 avril 2021 à 2h44

Après près d’un demi-siècle à la tête de la gendarmerie nationale, l’infatigable Hosni Benslimane a été mis à la retraite, non sans avoir été décoré par le Roi du grand cordon du Wissam El Arch.

Commandant de ce corps depuis 1972, il a fait partie avec le général Bouchaib Arroub et les défunts Abdelaziz Bennani et Abdelhak Kadiri, des quatre militaires les plus gradés des forces armées royales.

Interrogé par Médias24, un colonel-major à la retraite, requérant l’anonymat pour ne pas contrevenir au célèbre devoir de réserve de la grande muette, déclare qu’avec ce départ, c’est l'une des dernières pages de l’histoire de la création de l’armée marocaine qui se tourne. En effet, Benslimane était le dernier haut gradé du précédent règne à être encore en exercice.

"La symbolique est forte car contrairement à Oufkir ou Dlimi qui ont servi l’armée française, il a été un des premiers officiers à avoir été formé à la prestigieuse école militaire Saint-Cyr au moment de l’indépendance.

"Une fois nommé à la tête de la gendarmerie, au lendemain du premier coup d’Etat, il en a fait un corps d’élite que tout le monde enviait, à l’armée de terre, de l’air et à la marine", commente l’officier supérieur.

"Si Hosni n’a jamais été un homme d’argent, il a consacré toute sa vie à améliorer le quotidien de ses troupes et de ses cadres. Il a certes fait l’objet, avec le défunt général Kadiri, d’un mandat d’arrêt délivré par la France, mais l’accusation d’avoir participé indirectement à l’enlèvement de l’opposant Mehdi Ben Barka est infondée car elle les a tous deux beaucoup affectés.

"Le seul reproche que certains peuvent lui faire est qu’il a été très autoritaire. Mais à ce niveau de responsabilité hiérarchique, on ne nomme pas un enfant de chœur mais plutôt un homme à poigne", précise le colonel-major qui conclut que le général a toujours fait passer ses hommes de terrain avant les officiers.

Tour à tour, commandant de la compagnie mobile d’intervention (1965) puis directeur général adjoint de la sûreté nationale (1967), il a rejoint l’administration territoriale comme gouverneur à Kénitra, Meknès et Tanger. Après avoir condamné  les initiateurs du coup d’Etat de Skhirat, feu-Hassan II en a fait son homme de confiance en le nommant en 1972 commandant de la gendarmerie royale. C’est à partir de là que les mouvements de troupes ont commencé à être escortés et soumis au contrôle d’une police militaire qu’il supervisait.

Un administrateur du forum FAR-Maroc, spécialisé en questions militaires, confirme que le nouveau retraité a créé à partir de 1972 une véritable garde prétorienne.

"Benslimane a restructuré la plupart des unités militaires qui avaient posé problème en 1971 et 1972, comme les blindés qui ont été éloignés des centres de pouvoir. Idem pour les mouvements de l’armée de l’air. Il a aussi bloqué l’achat de matériel potentiellement dangereux et tous les experts expliquent que c’est la raison pour laquelle le Maroc ne dispose pas de système de défense aérienne de courte ou moyenne portée. Ainsi, si la police nationale n’a jamais eu de moyens aériens pour effectuer ses tâches de maintien de l'ordre, c’est parce qu’elle a toujours dû faire appel aux hélicoptères de la gendarmerie royale.

"Avec lui, l’effectif de la gendarmerie royale est passé de 12.000 à environ 40.000 gendarmes. Si sa tâche initiale était de sauvegarder la sécurité à la campagne, son poids s’est progressivement accentué car le général a obtenu un budget très important pour équiper ses hommes des dernières technologies. Grâce à leurs équipements et moyens, ils ont été associés à des opérations à caractère social qui échappaient traditionnellement à leur périmètre, comme la lutte contre les criquets pèlerins", déclare notre interlocuteur qui ajoute que celà n’a pas toujours plu à l’ex-ministre de l’Intérieur Driss Basri.

"Certains parlent de main-mise sur la logistique sécuritaire, mais il n’en demeure pas moins qu’il a été de tous les combats contre le terrorisme, trafic de drogue, l'invasion de sauterelles, sécheresse …

"C’est donc la fin d’une époque car il a fait de son département un corps d’élite opérationnel pour tout type de mission. Ce n’est donc pas un hasard s’il est respecté par tous les corps de l’armée marocaine.

"S’il se distingue dans la hiérarchie militaire, c’est aussi parce qu’il n’a jamais été un homme d’argent. Malgré ce qu’ont pu colporter ses ennemis. Les licences de pêche dont il a bénéficié n’étaient pas illégales et il s’en est d’ailleurs débarrassé dès que la presse en a fait état", conclut notre expert en ajoutant que tous les gendarmes du Maroc lui vouent une admiration sans bornes.

Le seul bémol à cette carrière exemplaire est sans doute son échec à la tête de la Fédération royale marocaine de football où il n’a pas laissé un souvenir impérissable, malgré son passé de goal de l’équipe des FAR.

Il n’empêche qu’après une soixantaine d'années de carrière, ce général qui sera certainement ovationné par ses troupes au moment de la passation de pouvoir avec le général lui succèdant, s’est encore distingué en marge du lancement réussi du 1er satellite marocain qui a été suivi par le Centre national de télédétection spatiale placé sous la tutelle de la gendarmerie royale. 

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Samir El Ouardighi
Le 5 décembre 2017 à 16h07

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