Tourisme: La gestion de l’ONMT mise à mal par un rapport parlementaire
Une commission parlementaire a examiné le fonctionnement de l’Office national du tourisme marocain entre 2010 et 2017. Les conclusions très critiques de ce rapport qui vient d’être publié recommandent la refondation totale du règlement intérieur de l’Office pour qu'il puisse atteindre ses objectifs.
Alors qu’il était censé promouvoir le secteur touristique, au niveau national et international, l’ONMT n’a atteint en 7 ans que 40% des objectifs de la vision 20-20 élaborée en 2010. C’est la principale conclusion d’un rapport élaboré par une commission d’études de la Chambre des conseillers.
Après 42 heures d’audition de ses anciens directeurs généraux (Abdelhamid Addou et Abderrafie Zouitten) et de responsables publics et privés (ministère du Tourisme, CNT …) ainsi qu’une vingtaine de réunions, un rapport a été présenté le mardi 17 juillet dernier en séance plénière à la 2ème chambre.
Selon ses rédacteurs, l’ONMT n’est pas assez efficace pour faire décoller le secteur du tourisme.
Dans un premier temps, les membres de la commission, présidée par Houcine Abbadi, reconnaissent que l’Office ne dispose pas du budget de fonctionnement prévu dans le cadre de la vision 20-20. Alors qu’il devrait être financé à hauteur de 3% des recettes touristiques soit 1,3 milliards de DH par an, il n’en perçoit que 1,5% ce qui correspond à seulement 750 millions de DH.
De plus, alors qu’il a droit à 190 MDH de taxes sur les nuitées, il n’en a récupéré que 120 MDH en 2017; mais aucune raison expliquant ce manque à gagner de 70 MDH n’a été fournie par le rapport.
Malgré ce constat à la décharge des gestionnaires de l’office, le rapport est longuement revenu sur plusieurs dépenses irrationnelles et injustifiées des directeurs généraux qui ne sont jamais nommés.
Le rapport s’interroge notamment sur le versement d’une indemnité mensuelle de 50.000 DH pour payer le loyer des patrons de l’ONMT. Même étonnement en évoquant la somme "injustifiée" de 10 MDH annuelle qui permettrait de loger les dirigeants des délégations étrangères de l’Office (Europe, Amérique …).
En s’intéressant au travail de l’Office, la commission a relevé plusieurs études commandées à des cabinets extérieurs qui sont, selon elle, "inutiles et aux coûts exorbitants". Les parlementaires qui ont demandé à consulter ces études "pour se faire une idée" se seraient heurtés à un refus de la direction intérimaire de l’ONMT (avant la nomination de l'actuel DG, Adel El Fakir).
Le document critique également le pouvoir régalien de nomination dont disposent les DG successifs. Ces derniers peuvent nommer qui bon leur semble à la tête des directions nationales ou étrangères de l’Office.
Pour remédier aux dysfonctionnements de cette institution de promotion qui peine à remplir les objectifs assignés par la vision 20-20, il recommande donc la révision totale de son règlement intérieur et la création de mécanismes de contrôle pour assurer la transparence de sa gestion financière.
Les membres de la commission proposent également de réunir l’office, le SMIT (société marocaine d’ingénierie touristique) et la RAM pour élaborer une stratégie commune efficiente en termes de promotion.
Au final, beaucoup de critiques mais pas de vraies pistes de réflexion sachant que le dernier DG a tout de même contribué, avec peu de moyens, au développement des nouvelles lignes aériennes et à celui des arrivées étrangères qui ont marqué l’année 2017.
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