Pas d’interdiction de vacances pour le gouvernement
Lors de son dernier discours du Trône, le Roi Mohammed VI a donné des consignes claires au gouvernement et lui a dressé une liste de priorités avec des délais à respecter. Ceci laisse supposer que plusieurs ministres et responsables auront un été studieux au lieu des vacances annuelles. Qu’en est-il vraiment?
En 2017, plusieurs ministres concernés par le projet "Al Hoceima, Manarat Al Moutawassit" ont été privés de vacances estivales sur instructions royales. Il était question de faire avancer ce programme stratégique qui rencontrait plusieurs dysfonctionnements.
Le discours prononcé par le Souverain à l’occasion de la fête du Trône, où il appelle l’équipe gouvernementale à accélérer le rythme de travail et lui fixe des projets prioritaires et des échéances précises, laisse penser que plusieurs responsables gouvernementaux seront cette année encore privés de vacances. «A ma connaissance, il n’y a pas de responsable interdit de congé cette année», nous assure une source bien informée.
Et d’ajouter: «Certains ministres ont demandé des congés, mais il n’y a pas de vacances programmées pour tout le monde à la même période, même si les deux prochains conseils de gouvernement ne seront pas tenus».
Selon notre source, chaque ministre prend une semaine, un peu plus ou un peu moins dans le cadre de son congé. Toutefois avant de partir, «il doit absolument désigner son intérim».
Pour cette année, le conseil du gouvernement n’aura pas lieu durant trois semaines en août: arrêt volontaire pendant les semaines du 9 et du 16 et avènement de l'Aïd Al Adha au cours de la semaine du 23.
Les ministres essaient-ils donc de faire coïncider leurs vacances avec cette période creuse? «Pas forcément. Je peux vous dire que même pas le tiers des ministres seront en congé durant cette période», assure notre source. «Plusieurs ministres tiennent des réunions avec leurs équipes au cours des jours qui arrivent. Ils ont également des réunions de travail avec les équipes de la primature», nous confie notre interlocuteur.
"A notre connaissance, la prise de congé est laissée à la discrétion de chaque ministre en fonction de ses contraintes à la fois personnelles et professionnelles". Cela dit, «nous sommes à un niveau de responsabilité qui fait que même si le ministre part en congé, il doit rester joignable à tout moment et continue de suivre les dossiers stratégiques», affirme notre source.
D’autant plus qu’il y a plusieurs dossiers urgents sur lesquels le gouvernement doit avancer rapidement durant les semaines à venir.
Il s’agit en l’occurrence:
- du soutien à la scolarisation,
- du lancement de la troisième phase de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH).
- du redressement des dysfonctionnements du système RAMED.
- de l’accélération de la réforme du cadre de l’investissement et de l’accompagnement des entreprises.
- de l’élaboration du plan d'action à l’horizon 2025 dans le domaine de l'eau.
- du projet de loi des finances 2019.
>>Lire aussi: Tayssir, Ramed, Dialogue social, investissement... Les dysfonctionnements pointés par le discours du Trône
Saâdeddine Elotmani a été clair lors du dernier conseil du gouvernement. Chaque département concerné doit travailler sur sa feuille de route et la remettre avant la fin du mois d’août à la présidence du gouvernement pour consolidation. Cela permettra de sortir avec une feuille de route globale et un plan d’action bien défini et détaillé.
Donc même s'ils partent en congé, les ministres doivent respecter les échéances fixées.
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