Le développement de la RAM suspendu à la validation de sa feuille de route
La récente signature d’un accord de paix sociale avec les pilotes, ouvre-t-elle la voie à la reprise du programme de développement de la RAM? Oui et non, nous explique une source autorisée. Elle lève une hypothèque mais l'avenir est tributaire de la validation de sa feuille de route par l’exécutif.
Royal Air Maroc avait soumis en janvier 2017 à Abdelilah Benkirane puis à son successeur Saâdeddine El Otmani, sa proposition de feuille de route, devant servir de base à un nouveau contrat-programme RAM-Etat pour une durée de cinq ans. Selon une source sûre au sein du gouvernement, le dossier se trouve dans les tiroirs du ministère du Tourisme et du transport aérien.
Préparées par la RAM, l’ONMT, le ministère de tutelle et un cabinet de conseil étranger, les pistes de développement et d’adaptation du modèle économique de la compagnie, confrontée à une concurrence croissante de la part des opérateurs étrangers, n’ont pas encore été validées ou amendées.
L'ancien PDG de la RAM, Driss Benhima, avait dû patienter 18 mois entre le dépôt du projet de contrat-programme et sa validation par la primature (mars 2010- octobre 2011).
Objet de multiples réunions avec les acteurs publics concernés dont le ministère du Transport aérien, la feuille de route attend toujours alors que la décision était espérée pour... décembre 2017.
Selon une source autorisée de la RAM, faisant interface entre le président Abdelhamid Addou et le gouvernement, il n’y a jamais eu dans l’histoire de la compagnie un accord social garantissant à ses dirigeants trois années de paix sociale sans aucune grève pouvant impacter le développement futur.
Faute de réponse étatique rapide, la RAM fera du surplace
« Maintenant que les problèmes sociaux sont derrière, il n’y a plus aucune raison de prétendre que l’Etat ne peut pas investir davantage alors qu'il l’avait fait dans le cadre du précédent contrat-programme.
«Ce retard est incompréhensible car cela fait déjà 3 années que le PDG est en poste et qu’il a communiqué aux autorités ses propositions de développement un an après sa nomination.
« Confrontée à une grève estivale qu’elle a pu surmonter, la compagnie ne pourra pas se développer tant que l’Etat n’aura pas validé sa feuille de route et surtout révélé l’enveloppe publique destinée à étoffer sa flotte qui plafonne à 56 avions.
« Faute de réponse rapide, elle va donc continuer à naviguer à vue sans pouvoir lancer de nouvelles commandes d’avions alors que Addou avait clairement laissé entendre, dès sa nomination, qu’il voulait doubler la flotte.
« La situation est d’autant plus urgente que depuis l’entrée en vigueur de l’Open Sky en 2006, la RAM est confrontée à des ouvertures incessantes de nouvelles lignes par des transporteurs étrangers qui concurrencent son activité et donc son chiffre d’affaires.
« Outre la concurrence féroce des opérateurs étrangers, surtout low-cost, le transporteur a besoin de moyens supplémentaires pour se concentrer sur sa chasse gardée du hub casablancais et tâcher d’améliorer ses prestations pour fidéliser ou gagner de nouveaux clients.
«Pour résumer, la vision stratégique se base sur la modèle de Turkish Airlines qui est passée d’une flotte de 54 avions en 2007 à plus de 300 reliant toute la planète », conclut notre interlocuteur qui espère un déblocage rapide d’une situation désarmante pour l’avenir.
Rappelons qu’en dehors de l’achat de nouveaux avions pour renforcer son réseau ou créer de nouvelles liaisons vers des pays non desservis (Chine, Russie …) et de l’amélioration de la qualité de ses prestations, l’entrée dans le capital de la RAM d’un partenaire étranger comme Qatar Airways (souvent évoquée) nécessite également le feu vert de l’Etat qui est son actionnaire principal.
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