Après les grèves des enseignants, possible retour à la normale?
Un retour progressif à la normale se fait sentir au niveau des lycées et collèges des différentes académies régionales de l’éducation. Les syndicats maintiennent leur mot d’ordre de grève.
Face à la persistance du mouvement de grève qui dure depuis le démarrage de la rentrée scolaire, le ministère de l’Education nationale a ordonné l'enclenchement de la procédure d’abandon de poste à l’encontre des enseignants grévistes des académies régionales. Un processus qui peut déboucher à la révocation. Cette mesure a-t-elle réussi à désamorcer le mouvement de protestations?
La grève des enseignants des AREF dans certains lycées et collèges est toujours maintenue. Une partie des enseignants grévistes ont repris leur travail cette semaine, nous affirme une source du ministère de l'Education nationale.
Au niveau de l’académie régionale de Casablanca-Settat, le taux de participation à la grève est passé de 50% durant la semaine dernière, à 40% au lundi 18 mars dans les cycles collégial et secondaire. Ce taux est de 0% dans le cycle primaire.
"Ces enseignants sont désormais soumis à la même règlementation appliquée au niveau de la fonction publique", insiste notre source.
Ceci dit, selon l’article 75 bis du code du travail, "le chef d’administration adresse au fonctionnaire coupable d’abandon de poste une mise en demeure l'invitant à reprendre son travail. S’il ne reprend pas son service dans le délai de 7 jours après la notification, le chef d’administration est habilité à prononcer sa révocation. Au cas où le fonctionnaire absent n’a pas été notifié, le chef d’administration ordonne la suspension de la rémunération. Au cas où il ne reprend pas son service dans un délai de 60 jours, il est révoqué. S’il rejoint son poste, son dossier est soumis au conseil de discipline".
Lundi 18 mars, les directeurs des AREF ont adressé des courriers aux directeurs provinciaux, les invitant à faire recenser les enseignants absents et enclencher à leur encontre la procédure d'abandon de poste. Les listes des concernés devraient être transmises aux AREFs ce jeudi 21 mars.
Du côté des syndicats, l’appel à la grève est maintenu du 26 au 28 mars. Une marche nationale est également prévue dimanche 24 mars à Rabat.
Malgré plusieurs tentatives, le ministère de l'Education nationale a essuyé un refus des syndicats, qui maintiennent, entre autres, la revendication d’intégrer le statut de fonctionnaires de l’Education nationale.
Depuis la rentrée scolaire, le secteur est perturbé par les mouvements de protestation. Quelque 27.000 enseignants ont rejoint le dernier mouvement.
Lors d'un entretien accordé à Médias 24, le ministre de l'Education nationale, Saaid Amzazi avait assuré que son département a fait appel à des vacataires et enseignants titulaires pour assurer des rattrapages des cours aux élèves.
Avec des heures en plus, des effectifs supplémentaires et des mesures disciplinaires, le ministère sera-t-il en mesure de rattraper le temps perdu et assurer un réel retour à la normale?
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