Enseignement: des milliers d'ex-contractuels manifestent à Rabat
Malgré toutes les dispositions prises par le ministère d l'Education nationale pour répondre à leurs exigences, les "ex-contractuels" continuent à se mobiliser.
Les forces de l'ordre ont dispersé dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars un rassemblement de contractuels qui voulaient camper devant le parlement à Rabat pour protester contre leur statut.
Dans la soirée, ils avaient été plusieurs milliers à manifester dans le centre-ville pour demander des contrats permanents au sein de l'éducation nationale.
Les manifestants, hommes et femmes de 20 à 30 ans, parfois en blouses blanches, avaient défilé tout l'après-midi dans le calme dans les rues de la capitale.
La nuit tombant, les manifestants ont éclairé leur téléphone portable et allumé quelques bougies, avant d'installer un grand campement improvisé devant le parlement.
Les forces de l'ordre les ont dispersés après plus de deux heures de négociation pendant lesquelles ils ont refusé de lever le camp.

(Aic Press)
Les manifestations et les grèves dans l’enseignement se multiplient depuis la rentrée scolaire.
Les, désormais, "ex-contractuels" réclament leur intégration dans la fonction publique.
Après plusieurs réunions avec le ministre de l'Education nationale, le système de recrutement par contrat a été officiellement abandonné vers mi-mars.
Cette décision a été prise lors de sessions extraordinaires tenues par les conseils d’administration des 12 AREFs pour adopter les amendements proposés aux statuts des contractuels.
Ces amendements visent, entre autres, à permettre aux cadres des AREFs de jouir d’une situation professionnelle similaire à celle des fonctionnaires soumis au statut des fonctionnaires du ministère, sans être pour autant intégrés à la fonction publique. Sauf que les contractuels exigent d’être intégrées au ministère de l’Education nationale et non aux académies.
Dans un article précédent, le porte-parole de la Coordination nationale (CNPCC) qui mobilise les contractuels et coordonne les mouvements de protestation avait expliqué à Médias 24 les raisons de la poursuite de leur mobilisation. Tout d'abord, le système de retraite n’est pas le même. Les fonctionnaires adhèrent à la Caisse marocaine de retraite, alors que les employés des AREFs sont affiliés au RCAR. Le gouvernement a déjà répondu sur ce point en promettant leur intégration dans la future caisse qui regroupera toutes les retraites du secteur public y compris les fonctionnaires.
Deuxième point, les cadres des AREFs ont la possibilité de changer d'école au sein de la région de leur recrutement. Mais ils exigent la mobilité nationale à l’instar de la fonction publique.
Ceci est difficile sur le plan technico-administratif. Pour qu’un cadre d’une AREF puisse prétendre à une mutation au sein d’une autre région, il faut que la région destinataire exprime le besoin et qu’une convention de transfert soit signée entre les deux régions.
Quant aux salaires, les AREFs ont récemment reçu l'autorisation de payer les salaires des ex-contractuels. Les Académies vont également procéder aux paiements des salaires des anciens enseignants (groupe 2016), qui faisaient l’objet de retard.
Malgré tous les efforts consentis par le ministère de l'Education national, les manifestations se poursuivent. Une marche nationale sera encore organisée ce dimanche. L'appel à la grève, du 26 au 28 mars, est également maintenu. Cette grève concerne toutes les catégories des enseignants.
Face à la persistance du mouvement de grève, le ministère de l’Education nationale a ordonné l'enclenchement de la procédure d’abandon de poste, un processus qui peut déboucher à la révocation. Les directeurs provinciaux devaient transmettre la liste des enseignants absents aux AREFs le jeudi 21 mars.
Ainsi, les postes libérés seront pourvus par le biais de nouveaux recrutements afin d'assurer la continuité du service public.
Lors d'un entretien accordé à Médias 24, le ministre Saaid Amzazi avait assuré que son département a fait appel à des vacataires et enseignants titulaires pour assurer des rattrapages des cours aux élèves.
Affaire à suivre.
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