Dialogue social : Combien coûtera l'accord à l’Etat ?
Le gouvernement concède finalement une augmentation générale des salaires des fonctionnaires entre 400 et 500 DH par mois selon l’échelle. Ce qui ne manquera pas de faire exploser la masse salariale et le budget de l’Etat pour les années à venir.
C’est une bonne nouvelle pour les fonctionnaires et pour le pouvoir d’achat des Marocains. Dans sa nouvelle offre financière formulée dans le cadre du dialogue social, le gouvernement a fini par concéder une augmentation générale des salaires allant de 400 à 500 DH par mois en fonction de l’échelle :
- Les fonctionnaires positionnés sur une échelle inférieure à 10, échelon 5, dont le nombre est d'environ 700.000 personnes, auront une augmentation de 500 DH.
- Les fonctionnaires classés en échelle supérieure ou égale à 10, échelon 6 auront, quant à eux, une augmentation de 400 DH.
L’offre du gouvernement comprend également une augmentation de 100 DH des allocations familiales, qui passeront de 200 DH à 300 DH pour les trois premiers enfants et à 136 DH pour les trois qui suivent ; des indemnités d'éloignement de 700 DH aux fonctionnaires travaillant dans des régions reculées ; une augmentation de la prime d'accouchement de 115 DH à 1.000 DH.
L’Etat fait là un important effort financier pour débloquer le dialogue social et aboutir à un accord tripartite avant le 1er mai 2019.
Mais tout est de savoir à quel coût et si le gouvernement a les moyens de ses ambitions.
Des sources gouvernementales et syndicales sondées sur cette question ont préféré ne pas évoquer ce sujet.
« Nous n’avons pas un chiffre spécifique sur le coût de l’augmentation. Et nous ne faisons pas le calcul. Nous insistons sur le fait que les revendications ouvrières doivent être toujours incluses dans les budgets de l’Etat. Pour nous, la paix et la sécurité sociale n’ont pas de prix », nous répond le secrétaire général d’une centrale syndicale.
Au moins 6,6 MMDH de plus pour la masse salariale de l’Etat
Quand le gouvernement a formulé son offre initiale début 2018 où il proposait une augmentation de 300 DH pour les fonctionnaires des échelles inférieures, il avait estimé son coût sur le budget de l’Etat à 4 MMDH.
« L'augmentation des salaires des fonctionnaires des échelles inférieures va coûter 4 milliards de DH et permettra d'améliorer la situation de plus de 700.000 fonctionnaires, dont 120.000 au niveau des collectivités locales », avait déclaré Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement.
« Pour ce qui est des allocations familiales, l'augmentation vise 380.000 personnes, sans compter les fonctionnaires des collectivités locales et des entreprises publiques. Cette opération nécessite un milliard de DH », avait-il ajouté.
En somme, l’offre initiale allait nécessiter un budget global de 6 MMDH dont 4 MMDH pour l’augmentation des salaires dont l’impact allait être amorti sur trois ans avant que ce ne soit complètement intégré dans la masse salariale.
En révisant son offre à la hausse, le coût va certainement augmenter. Selon un calcul élémentaire qui ne prend en compte que l’augmentation de 500 DH des échelles en dessous de 10, le coût grimpera de 4 à 6,6 MMDH.
Si on ajoute à ce montant les 2 MMDH des autres mesures (allocations et primes), cela pourrait coûter au bas mot à l’Etat 8,6 MMDH, sans prendre en compte l’augmentation des 400 DH pour les fonctionnaires dont l’échelle est de 10 et plus.
Un montant qui sera déboursé en un an et demi au lieu de trois initialement.
Pour rappel, le Gouvernement avait décidé, en 2011, une augmentation générale des salaires, d’un montant nominal mensuel net de 600 DH par fonctionnaire. Cette décision avait mobilisé une enveloppe budgétaire de 8,6 MMDH.
Une source proche du dossier nous explique que, si l'accord est signé, "l'impact sur le budget de l'Etat pour cette année 2019 restera maîtrisable". Car l'application se fera sur 6 ou 7 mois et ne concernera qu'une première tranche de l'augmentation.
Le vrai impact se fera sentir à partir de 2021, quand la dernière tranche sera versée et la hausse des salaires totalement intégrée dans la masse salariale annuelle.
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