Langues, sciences, maths: ce qui changera à la prochaine rentrée dans le primaire
Au cours de la prochaine rentrée scolaire 2019-2020, le ministère de l’Education nationale va poser un nouveau jalon du renouveau de l’enseignement primaire. Cette réforme sera achevée en 2020-2021. Il s’agira d’une réforme en profondeur et… en douceur, sans tapage. Explications.
A la prochaine rentrée, les élèves des 3e et 4e années primaires n’étudieront pas la langue arabe, la langue française, les maths, les sciences naturelles et les sciences sociales comme l’ont fait leurs prédécesseurs. La réforme entamée en 2018-2019 pour les deux premières années, atteindra désormais les 3e et 4e années, avant la généralisation à tout le primaire (5e et 6e années), programmée pour 2020-2021 ?
Les matières concernées verront donc l’adoption d’un nouveau curriculum dès la prochaine rentrée, pour les 3e et 4e années.
Cette rénovation du modèle pédagogique s’inscrit dans la mise en œuvre de la vision stratégique de l’enseignement 2015-2030. Pour prendre une image, Fouad Chafiqi, directeur des curricula au ministère de l’Education nationale, compare un peu le modèle pédagogique au modèle de développement : “D’abord, il faut définir les finalités de l’école. La seconde composante du modèle pédagogique consiste à définir un curriculum (les objectifs de telle ou telle formation, quelles compétences on veut développer en fin de cycle, quels contenus, de quelle manière, avec quels manuels et outils, grâce à quelles compétences des enseignants…“.
M. Chafiqi ajoute que le système d’orientation découle des choix précédents. Enfin, un modèle pédagogique suppose de répondre à la question : de quelle manière va-t-on évaluer l’apprentissage et son processus ?
Les changements cette année toucheront entre autres l’apprentissage des langues et de la lecture ainsi que les sciences sociales, les mathématiques et les sciences naturelles.
Il y a une vingtaine d’années, la lecture dite “globale“ était à la mode dans le monde entier. Elle a ensuite montré plus que largement ses limites. L’évolution des neurosciences a permis de réfuter cette théorie de lecture globale.
En 2018-2019, on est revenu à la méthode syllabique et à la lecture précoce pour les 1e et 2e années, décision qui a été généralisée au Maroc après trois années d’expérimentation pilote. “L’apprentissage d’une langue se fait ainsi à partir des lettres, consonnes, syllabes, sons qui se créent par la lecture, pour arriver vers le mot et le sens des mots“, ajoute Fouad Chafiqi. Avec la lecture supposée globale, c’était l’inverse, on allait de la phrase vers le mot puis vers les lettres.
A la prochaine rentrée, la réforme atteint les 3e et 4e années. Après avoir appris à lire pendant les deux premières années du primaire, l’enfant se met à apprendre les connaissances dans tous les domaines grâce à cette langue qu’il a apprise. On entame également les soubassements grammaticaux ainsi que les exercices d’expression écrite.
La même démarche est adoptée concernant la langue française et les langues étrangères en général.
La langue arabe est enseignée à raison de 11 heures de cours par semaine la première année et 10 heures la deuxième année. En 2017-2018, la langue française avait été introduite pour les élèves des deux premières années du primaire à raison de 2 heures par semaine. En 2018-2019, son enseignement a été renforcé en passant à 4 heures par semaine pour la première année et 5 heures par semaine la deuxième année.
En 2019-2020, c’est-à-dire la prochaine rentrée, les élèves de 3e et 4e année, auront droit à 6 heures de langue française par semaine.
Des modifications concernant les matières scientifiques seront également mises en place. En gros, le ministère essaie de rapprocher l’enseignement des sciences et des maths, des critères du programme international d’évaluation PIRLS. Et l’enseignement de la langue arabe, des critères du programme international d’évaluation TIMSS. Jusqu’à présent, les programmes marocains ne couvraient que 30% de ces deux programmes d’évaluation internationaux, ce qui explique une partie des mauvais scores marocains. Par exemple, les élèves apprendront désormais dès le primaire à effectuer des traitements de données dans le cadre de l'enseignement des mathématiques.
En 2020-2021, la réforme en profondeur de l’enseignement primaire aura été bouclée, “en douceur et sans tapage“, selon les mots de M. Chafiqi. Apparemment, la première étape qui a concerné les deux premières années du primaire, a déjà donné des résultats impressionnants.
à lire aussi
Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.
Article : FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice
Mise en cause par barlamane.com pour une affaire foncière, la maire de Marrakech annonce qu'elle va poursuivre ce journal en ligne ainsi que tout journaliste qui relaierait ces "allégations non fondées".
Article : Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 26 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Formations brumeuses matinales et nocturnes […]
Article : Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit
Comme prévu par la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONY s'est réuni à huis clos pour faire le point avec l'envoyé personnel et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, au sujet de l'avancement des efforts de paix.
Article : Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca
À Casablanca, le marché immobilier change de configuration. La raréfaction des petites surfaces et la hausse des prix pèsent sur le résidentiel, tandis que des segments comme la logistique et l'industriel offrent aujourd'hui des rendements plus élevés. Dans ce contexte, les arbitrages des investisseurs évoluent selon les budgets et les opportunités. Décryptage avec Asaad Sadqi, président de l'Association régionale des agences immobilières Casablanca-Settat.
Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque européenne (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.