Circulation infernale à Casablanca: les réponses du Commandant Berradi
EXCLUSIF. Circuler à Casablanca relève aujourd’hui du parcours du combattant. Près de 6 millions de voitures* sont dans les rues quotidiennement, et plus d’un million de véhicules empruntent chaque jour les grands boulevards actuellement en chantier, tels que Ghandi et Almohades. Quels sont les principaux points noirs et comment sont-ils gérés pendant les travaux? La réponse avec Mohammed Berradi, Commandant de la circulation à Casa-Anfa.
Casablanca vit au rythme de nombreux projets déterminants pour le développement et l’organisation de la circulation automobile. L’objectif est de compléter la chaîne de déplacement pour faciliter les conditions de circulation.
Trois principaux points noirs à Casablanca
Mais ces projets censés fluidifier le trafic le perturbent pour le moment, et la situation va durer encore plusieurs mois. Pire, certains projets vont s'intensifier dans quelques mois, principalement ceux des lignes T3 et T4 du tramway, ce qui aggravera les bouchons pour quelques années supplémentaires.
Parmi les projets actuels qui perturbent la circulation figure la trémie des Almohades, dénivelant tous les carrefours d’accès à la Marina de Casablanca à partir des boulevards les Almohades, Sidi Mohamed Ben Abdellah et Zaid ou Hmad et débouchant sur l’avenue des FAR après le carrefour Zelaqa.
Le tracé est de 2,27 km dont près de 1,9 km en souterrain. Les travaux ont été lancés en 2017. Leur fin est prévue en décembre 2019. Selon Casa Aménagement, Maître d’ouvrage délégué du projet, les travaux sont à 55% d’avancement.

Tracé de la trémie des Almohades
Dans un entretien avec Médias 24, M. Berradi estime que près d’un million de voitures empruntent quotidiennement ce boulevard, ce qui crée d’énormes bouchons.
La trémie de Ghandi, représente également un grand point noir. Les travaux de déviation des réseaux souterrains sont en cours d’achèvement pour laisser la place dès début juin 2019 aux travaux effectifs du projet, qui vont durer 14 mois.
La trémie 2x2 voies s’étend sur près de 60 m. Sa livraison est prévue en juin 2020.

Trémie de Ghandi
Selon M. Berradi, plus d’un million d’automobilistes empruntent également ce carrefour quotidiennement. "Cette trémie va améliorer les conditions de circulation. Elle va absorber 50% des véhicules qui arrivent de la route d’El Jadida et qui se dirigent vers Bd Brahim Roudani. Egalement, les véhicules qui se dirigent vers l’aéroport de Casablanca n’auront plus d’obstacles sur leur route. En empruntant le boulevard Roudani, la trémie de Ghandi, puis le pont à haubans de Sidi Maârouf, et avec la suppression du rond-point La Colline, la circulation deviendra fluide sur cet axe".
> > Lire aussi: Trémie Ghandi à Casablanca: au moins 12 mois de calvaire pour la circulation
"Les travaux de réaménagement du boulevard Yacoub El Mansour bloquent également la circulation. Il s’agit de travaux de la Lydec, qui s’étendent du boulevard Sidi Abderrahmane au boulevard Bir Anzarane".
Comment la circulation est-elle gérée durant les travaux ?
Malgré l’anticipation, les multiples projets en cours donnent du fil à retordre aux agents de la circulation.
M. Berradi nous explique qu’avant le lancement des travaux, la société mandatée pour tel ou tel projet élabore un plan de circulation. Une commission de circulation se réunit ensuite pour l’examiner, donner son accord, ou y apporter des changements. "Les plans de circulation établis par les sociétés sont parfois loin de la réalité. Nous, en tant qu’agents sur le terrain, nous proposons par exemple d’interdire le stationnement dans certaines zones, ou encore de fermer des rues… afin de gérer au mieux la circulation et éviter les bouchons".
La commission de la circulation se réunit régulièrement pour adapter les plans de circulation en fonction de l’avancement des travaux.
210 caméras surveillent la circulation et 800 caméras en projet
"Lorsque les travaux démarrent, la préfecture de police augmente le nombre d’agents de la circulation sur les carrefours concernés. Ces derniers sont équipés de radios pour communiquer entre eux. Nous avons également une salle équipée de 210 caméras de surveillance qui permettent d’identifier les rues bloquées par les embouteillages, et de définir la raison de ce blocage (panne, accident…). Les agents les plus proches de l’endroit en question sont ensuite envoyés sur place pour régler le problème", poursuit M. Berradi.
"Lors des travaux, des motards de la police font des allers-retours dans les boulevards pour intervenir en cas d’accrochages entre les conducteurs ou en cas d’accident. Le temps du feu vert est également augmenté."
Bientôt une gestion intelligente de la circulation
Plusieurs projets de la Préfecture de police de Casablanca sont en cours pour réguler la circulation. Parmi eux, l'actualisation du plan de circulation.
"De nouvelles boucles seront mises en place", nous a confié M. Berradi, sans donner plus de détails. Ce que l'on sait déjà, c'est que la rue Moussa Ben Noussair deviendra à sens unique. Elle pourra donc déboucher sur le boulevard Zerktouni ou sur Moulay Youssef. La décision n’a pas encore été prise.

Tracé Boulevard Zerktouni - Rue Moussa Ben Noussair - Boulevard Moulay Youssef
Rappelons que l’adoption du dernier plan de circulation dans l’hyper-centre de Casablanca remonte à une année. Elle s’est traduite par la création d’une boucle (Lalla Yacout, Paris, Bordeaux, Moulay Youssef, Alger, Moulay Hassan 1er, Rachidi, Mers Sultan et Rahal Al Meskini), et le changement du sens au niveau de plusieurs rues.
Autre projet, la mise en place d'une salle de surveillance équipée de près de 800 caméras. Celle-ci permettra de gérer les feux tricolores à distance et de manière intelligente. Le projet est en cours d'achèvement. Son lancement est prévu vers fin 2020.
>> Lire aussi: Circulation: Casablanca lance enfin le chantier de la gestion intelligente
Par ailleurs, la lutte contre les infractions au code de la route sera renforcée. Tous les feux tricolores de la ville seront équipés de radars qui détectent les véhicules qui grillent sciemment les feux rouges.
Qu'en est-il des transports en commun et du stationnement?
Selon M. Berradi, "le parc de bus de Casablanca est en mauvais état et doit être changé."
Rappelons que le contrat de M'dina Bus, gestionnaire actuel du réseau de bus à Casablanca prendra fin en novembre 2019. Trois soumissionnaires sont en lice pour remplacer la société. Il s'agit d'Alsa, RATP Dev et Chennaoui Bus.
"L'approbation finale du dossier du futur exploitant du service de bus devra être prononcée courant octobre 2019", avait annoncé l’Etablissement de coopération intercommunale "Al Baida" (ECI), début mai.
"Les travaux des lignes T3 et T4 entravent également la circulation", poursuit-il. Ce projet en est à sa phase de travaux préparatoires de déviation des réseaux souterrains d'eau, d'électricité et de télécommunication. Les travaux d'infrastructure et de plateforme voie ferrée sont quant à eux programmés dès octobre 2019. La mise en service prévisionnelle des deux lignes est programmée en 2022.
D'après le Commandant de la circulation à Casa-Anfa, "les lignes de tramway et les transports en commun en général apportent une solution de mobilité aux citoyens, mais représentent un travail de plus pour les agents de la circulation".
Enfin, il souligne que "la construction de parking ne résout pas le problème du stationnement à Casablanca, si les prix sont exorbitants. Les citoyens n'accepteront pas de payer 30 DH par jour dans un parking, au lieu de 5 DH à un gardien dans la rue".
* 6 millions de voitures sont dans les rues quotidiennement à Casablanca. Ce chiffre fait référence aux voitures des Casablancais ainsi que celles des navetteurs qui arrivent des villes voisines (Rabat, El Jadida, et Mohammedia...). Les camions de marchandises, qui arrivent au port de Casablanca et au marché de gros...sont également pris en compte.
>> Lire aussi:
Le parking souterrain place Rachidi entre en service en 2019
Six nouveaux parkings souterrains à Casablanca
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