Des concessionnaires expliquent la chute des ventes de voitures neuves
L'effet "salon" et l'arrêt de la formule du crédit gratuit expliquent en grande partie la baisse des ventes de voitures neuves de 13,7% à fin juin 2019. Malgré cela, les concessionnaires ne sont pas inquiets et espèrent toujours réaliser une croissance de 5% en 2019.
Les ventes de voitures neuves ont baissé de 13,7% à fin juin 2019. Une chute importante équivalente à plus de 10.000 unités en moins par rapport à la même période en 2018.
Comme nous l'avons précisé dans un précédent article, cette baisse a touché presque tous les importants concessionnaires du marché.
- Dacia, avec 29,8% de part de marché, affiche une contre-performance de 14,7%.
- Renault, 15,5% du marché, fait -9,5%.
- Hyundai, 7% du marché, fait -2,2%.
- Volkswagen fait -30% (5,9% du marché).
- Ford a chuté de 53,4% pour ne détenir que 2,6% du marché.
- Fiat fait -32% (4% du marché).
- Nissan fait -36,5% (3% du marché).
- Toyota fait -17,3% (3% du marché).
- BMW chute de 14,4%.
- Audi baisse de 29,7%.
- Mercedes chute de 16,7%
- Land Rover enregistre une baisse de 43,6%
- Jaguar fait moins de 30,9%.
La question est de savoir ce qui explique cette baisse qui n'a épargné aucun concessionnaire tous segments confondus. Le président de l'Aivam (Association des importateurs de véhicules au Maroc), Adil Bennani est resté injoignable. Néanmoins, certains patrons de concessions automobiles ont accepté de nous donner des explications, tout en requérant l'anonymat.
L'effet salon est présent...
Le premier facteur sur lequel nos différentes sources s'accordent est l'effet salon. "2018 a connu la tenue du salon Auto Expo, et comme chaque deux ans (rythme d'organisation de cet événement, ndlr) les ventes se sont concentrées sur une période courte de l'année, la période du salon et quelques semaines après, les concessionnaires ayant maintenu leurs promotions", nous explique un opérateur.
Pour 2018, l'auto-expo s'était déroulé du 10 au 22 avril. Donc, il y a eu une concentration des décisions d'achat sur cette période au détriment des autres mois de l'année. Ce qui n'était pas le cas lors du premier semestre 2019.
Cela dit, "l'effet salon ne veut aucunement dire que les ventes augmentent considérablement les années de l'auto-expo par rapport aux années normales. Il s'agit juste d'une concentration des opérations d'achat. C'est pour cela qu'il est plus pertinent de faire l'analyse comparative en fin d'année afin de neutraliser cet effet de concentration", ajoute un autre opérateur.
...l'effet abandon du crédit 0% aussi
Le second facteur qui vient expliquer la baisse du marché est l'arrêt de la formule du crédit gratuit par les sociétés de financement, maillon important du secteur automobile.
En effet, les sociétés de financement ont décidé d'arrêter la commercialisation de la formule du crédit gratuit en avril dernier car elle n'était plus rentable pour elles. Certains concessionnaires l'ont maintenue après renégociation des marges avec les sociétés de financement partenaires.
Néanmoins, les avis divergent sur l'impact de ce facteur sur les ventes. Pour un patron d'une concession, "l'arrêt de cette formule ne peut pas expliquer l'essentiel de la baisse car un client qui a besoin d'acheter une voiture ne va pas y renoncer à cause de la non-disponibilité du crédit 0%".
Un autre opérateur avance une autre explication. "Je pense que l'effet de la disparition du crédit 0% se fait ressentir sur le marché car le coût du crédit s'est renchéri, augmentant ainsi le coût global de l'opération. Il est certain que celui qui est dans l'urgence concrétisera son achat indépendamment de l'existence ou non de la formule 0%. Or, le marché est constitué de beaucoup de renouvellements aussi. cette catégorie n'est pas dans l'urgence, elle peut donc décider de retarder son achat en attendant d'y voir plus clair", nous explique notre source.
La baisse enregistrée par certains opérateurs qui ont maintenu le crédit 0% s'expliquerait, selon nos informations, par des contraintes internes.
Il y a également un autre facteur, certes moins important, mais qui a été impactant pour certains opérateurs. Il s'agit du non renouvellement des gammes qui a engendré un problème de positionnement.
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