IDH 2019: de fortes inégalités relevées entre les hommes et les femmes au Maroc
Dans le rapport du PNUD de 2019 sur le développement humain, le Maroc est classé dans la catégorie des pays connaissant un niveau d'inégalités très élevé entre les hommes et les femmes. Ces inégalités sont notamment d'ordre économique. L'égalité d'accès à l'éducation s'améliore.
Le rapport 2019 du PNUD sur l'IDH (Indice de développement humain), publié lundi 9 décembre, place le Maroc dans la catégorie des pays à développement humain moyen. Le Royaume a obtenu un score de 0,676 qui le classe à la 121ème place sur 189 pays.
Le score du Maroc dans le développement humain des femmes est de 0,603 contre 0,724 pour les hommes. Ces deux scores sont utilisés pour calculer un indice de développement du genre (IDG). Dans ce dernier, le Maroc a obtenu un score 0,833 qui le classe dans la catégorie des pays ayant un niveau de développement humain très inégalitaire entre les hommes et les femmes.
La Tunisie et l’Algérie sont également catégorisées parmi les pays les plus inégalitaires.
L’IDG a été introduit par le PNUD en 1995 pour affiner l’IDH en intégrant les inégalités entre les hommes et les femmes. Autrement dit, l’IDG comprend les mêmes variables que l’IDH, mais en tenant en compte des inégalités entre les hommes et les femmes dans chaque variable.
Les inégalités économiques sont les plus frappantes
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) rapporte que le revenu national brut par femme est de 3.012 dollars par an contre 12.019 dollars pour chaque homme, soit un écart de 9.007 dollars.
En effet, le taux d’activité des femmes se limite à 21,4% contre 70,4% pour les hommes. Le rapport note par ailleurs que seulement 15,7% des travailleurs agricoles sont des femmes, ou encore que seulement 16,8 des femmes âgées de plus de 15 ans détiennent un compte bancaire.
Les femmes sont également plus touchées par le chômage que les hommes. Parmi les jeunes, le ratio des femmes au chômage est de 1,03 par rapport aux hommes.
De plus, les femmes consacrent 20,8% de leur journée au travail domestique non rémunéré. Le rapport note que les femmes exerçant des tâches domestiques non rémunérées sont 7 fois plus nombreuses que les hommes.
L’accès à l’éducation, presque égalitaire
Le taux d’accès à la scolarisation des jeunes garçons devance de peu celui des jeunes filles. Selon les chiffres du PNUD, le ratio de l’accès à la scolarisation des filles par rapport aux garçons est de 0,83 pour le préscolaire, 0,95 pour le primaire et 0,89 pour le secondaire.
Quant au nombre d’années de scolarisation, il est estimé à 12,6 années pour les jeunes filles et de 13,6 pour les garçons, soit une année de scolarisation de plus au profit de ces derniers. S’ajoute à cela que 29% seulement des femmes âgées de plus de 25 ans ont au moins complété leurs études secondaires, contre 35,6% pour les hommes.
De plus, le rapport note qu’environ 45% des diplômés des programmes de sciences, de technologie, d’ingénierie dans l’enseignement supérieur sont des femmes.
L’accès des femmes aux soins s’est nettement amélioré
Selon les chiffres du PNUD, l’espérance de vie des femmes marocaines a atteint 77,7 ans en 2018 contre 75,2 pour les hommes.
La proportion des accouchements médicalement assistés s’est établie à 86,6% entre la période allant de 2013 à 2018, et celle sur la couverture médicale pendant la grossesse a atteint 77,1%.
Le rapport indique également que le ratio de mortalité maternelle est de 121 décès pour chaque 100.000 naissances.
Le développement humain est conditionné par l’égalité du genre
Les rédacteurs du rapport notent qu’il existe une corrélation entre la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes et l’amélioration du développement humain. Ils indiquent également qu’aucun pays n’atteint un niveau de développement élevé sans assurer une meilleure égalité entre les hommes et les femmes.
Chaque année, le PNUD classe les pays en fonction de leur développement humain. Ce dernier est mesuré à partir de plusieurs variables qui renvoient entre autres à l’espérance de vie, la scolarisation, les revenus.
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