Coronavirus : les salles de cinéma accusent une baisse de la fréquentation
A l’instar de nombreux endroits fréquentés par plusieurs centaines de personnes, les salles de cinéma du Maroc commencent à pâtir de la panique d’une éventuelle contamination au coronavirus. Joints par Médias24, deux dirigeants des groupes Mégarama et Atlas estiment la baisse d’activité à environ 10% mais attendent les chiffres d’entrées du week-end pour évaluer l’impact réel.
Depuis la confirmation, lundi 2 mars, d’un 1er cas de Marocain infecté par le virus d’origine chinoise, les annulations ou reports d'événements se sont multipliés, jusqu'à ce que le gouvernement ordonne l'interdiction de plusieurs types de manifestations jusqu'à fin mars, après l'apparition d'un deuxième cas de contamination.
Les salles de cinéma n'ont pas échappé aux craintes de contamination au Coronavirus. Elles subissent depuis le début de la semaine une baisse de la fréquentation.
"Panique totalement injustifiée"
Questionné sur son ampleur, Pierre-François Bernet, gérant du groupe Atlas-Cinémas refuse de céder et encore moins d’entretenir une panique, qu’il juge totalement injustifiée dans ses salles de cinéma.
Manifestement très irrité par notre interrogation « déplacée » qui devrait, selon lui, plutôt être adressée aux gérants d’endroits plus propices à la propagation comme les restaurants, écoles, transports en commun, voire à la rue, Bernet consent tout de même à y répondre.
«Je veux bien répondre à votre interrogation mais il faut arrêter de faire une fixation sur le fait totalement infondé que la contamination au coronavirus serait plus forte dans les salles de cinéma.
Moins de risque de contamination que dans la rue ?
« En effet, sachant que la contamination se fait surtout par des postillons et que nos clients ne se font pas face dans les salles, il n’y a donc aucun risque que cela arrive chez nous plutôt qu’ailleurs.
« De plus, non seulement nos spectateurs ne sont pas face à face mais nos sièges sont équipés de doubles accoudoirs qui font qu’il n’y a aucun contact possible entre eux.
« Je ne peux rien contre la psychose actuelle mais il faut rester rationnel. Effectivement, il y a une crainte sérieuse mais cultivée à tort par certains médias qui s’est traduite par une baisse des entrées.
Une désaffection moins marquée au Maroc qu’en Europe
« Depuis le début de la semaine, elle doit être de l’ordre de 10% mais contrairement à d’autres pays, le Maroc n’est pas très touché par ce phénomène. A Paris, plusieurs salles de cinéma ont été fermées au même titre que des écoles ou transports en commun dans des foyers présumés de contamination.
« Selon moi, c’est une erreur car cette décision a été prise par des élus locaux qui ne sont pas des experts. Si tout le monde s’inquiète car on ne maîtrise pas encore ce virus, il ne faut pas prendre pour autant des mesures injustifiées qui s’avèrent être extrêmement nuisibles pour l’économie.
« A titre personnel, je tiens la presse responsable en partie de cette psychose car l’OMS rappelle bien que le rythme de propagation et que le nombre de nouveaux malades étaient en baisse depuis 15 jours.
Aucune fermeture de salles prévue
« S’il convient de rester vigilant face à ce virus effectivement très contagieux, les seules consignes à donner aux spectateurs est de se laver les mains et de ne pas aller au cinéma quand on a de la fièvre.
« De notre côté, les salles sont systématiquement nettoyées entre chaque séance avec des produits désinfectants », précise Bernet qui ajoute que son groupe n’a pas prévu de scénario catastrophe avec une éventuelle fermeture de son complexe « Atlas-Colisée » situé à Rabat.
« Si nous devions fermer, cela voudrait dire que tout le monde doit le faire (restaurants…), or pour l’instant, le gouvernement a juste interdit certains types de rassemblements », conclut notre interlocuteur qui ajoute que les personnes très âgées, plus vulnérables au coronavirus, ne sont qu’une infime minorité de la clientèle du groupe Atlas composée en grande majorité des 15-35 ans.
Pas de baisse des entrées, des bons chiffres chez Mégarama
Questionné à son tour, Jamal Mahyaoui, directeur de la communication du groupe Mégarama, qui compte 6 complexes au Maroc, avance que le nombre d’entrées n’a pas « encore » été impacté par le virus.
« Sachant que depuis deux semaines, le film marocain « 30 millions » cartonne littéralement dans nos salles, le nombre d’entrées a au contraire augmenté de 20% par rapport à 2019.
« En effet, grâce à ce carton, le nombre d’entrées quotidiennes au Mégarama de Casablanca était compris entre 4.000 et 5.000 pendant les vacances scolaires.
"Une baisse à cause de la rentrée scolaire"
« Aujourd’hui, nous sommes à 2.500-3.000 entrées par jour. La baisse de ce chiffre de fréquentation qui reste très élevé par rapport au même mois de l’année dernière s’explique par la fin des vacances scolaires et pas du tout par l’effet coronavirus.
« Au total, nos 6 complexes ont réalisé 100.000 entrées durant le mois écoulé soit une moyenne de 3.300 par jours. S’il y a eu baisse depuis le début de la semaine courante, elle doit être de l’ordre de 10% et, selon moi, due à la rentrée scolaire et pas autre chose.
« Pour l’instant, il n’y a donc pas d’impact sérieux mais on ne pourra faire le lien entre une éventuelle poursuite de la baisse de fréquentation et le virus qu’une fois le week-end achevé. En effet, il faudra attendre de connaître notre chiffre d’affaires du samedi-dimanche pour avoir une meilleure visibilité », conclut Mahyaoui qui exclut, pour l’instant, tout impact ou effondrement des entrées.
à lire aussi
Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.
Article : FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice
Mise en cause par barlamane.com pour une affaire foncière, la maire de Marrakech annonce qu'elle va poursuivre ce journal en ligne ainsi que tout journaliste qui relaierait ces "allégations non fondées".
Article : Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 26 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Formations brumeuses matinales et nocturnes […]
Article : Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit
Comme prévu par la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONY s'est réuni à huis clos pour faire le point avec l'envoyé personnel et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, au sujet de l'avancement des efforts de paix.
Article : Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca
À Casablanca, le marché immobilier change de configuration. La raréfaction des petites surfaces et la hausse des prix pèsent sur le résidentiel, tandis que des segments comme la logistique et l'industriel offrent aujourd'hui des rendements plus élevés. Dans ce contexte, les arbitrages des investisseurs évoluent selon les budgets et les opportunités. Décryptage avec Asaad Sadqi, président de l'Association régionale des agences immobilières Casablanca-Settat.
Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque européenne (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.