Covid-19. Pr Heikel répond au Dr Laraqui: “Non à la chloroquine pour tous”
Le traitement systématique à la chloroquine des cas pseudo-grippaux serait un non-sens, rétorque Le Pr Jaâfar Heikel, épidémiologiste et infectiologue.
Un pneumologue de Casablanca avait proposé dans un audio très partagé par la communauté médicale et au-delà, de traiter "systématiquement et immédiatement chaque patient présentant en ce mois d'avril, un syndrome pseudo grippal. Traiter ce patient et tout son entourage, à base de l'association Chloroquine-azythromycine qui avait été adoptée comme traitement de première intention par le comité scientifique et technique marocain. Un peu comme pour la méningite bactérienne ou tuberculeuse, sauf que dans le Covid-19, le traitement ne dure que 10 jours contre 6 mois pour la tuberculose".
Cette proposition a fait débat, tout en étant relayée et appuyée par des praticiens de renom, dont un cardiologue bien connu et respecté.
Le Pr Jaâfar Heykel, épidémiologiste et expert OMS, est sorti de son silence pour exprimer son désaccord fondamental avec cette proposition. Voici sa réponse:
"Je pense qu’il faut être très prudent et ne pas préconiser le traitement à tous, ça n’a pas de sens ni scientifique ni épidémiologique.
"Tout d’abord parce qu’il faut maîtriser les tenants de la dynamique épidémiologique et les conséquences cliniques du COVID19.
"Je crois que certains oublient que la dose de chloroquine à 1.000 mg/j n’est pas anodine et doit être sous surveillance médicale. Je soigne des covid19 au quotidien et je peux vous dire qu’il y a des effets secondaires assez pénibles nous obligeant à arrêter parfois. Donc, mon conseil c’est qu’il ne faut se prononcer que lorsque l’on maîtrise le sujet qui est plus complexe qu’il ne paraît.
"Il s’agit d’une crise sanitaire sociale et économique. Mais il ne faut pas justifier une action médicale par un enjeu socio économique lorsqu’il s’agit d’épidémie non connue à ce jour. Le gouvernement a prévu des aides et des mesures. Les Marocains ont pour la majorité compris les enjeux et ne vont pas comme le disent certains descendre dans la rue si le confinement se prolonge. A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles il y aura.
"En pratique, il faut dépister plus largement et traiter les cas très tôt. Les effets secondaires du protocole sont clairs et je peux parler en connaissance de cause car nous suivons 40 patients sous protocole au sein de la clinique de Vinci en collaboration avec la Direction régionale de la santé .
"Nous avons franchi aujourd’hui la barre de 7% de létalité pour la première fois depuis le premier cas déclaré. Cela signifie que nous devons absolument respecter scrupuleusement le confinement, les mesures barrières, dépister tôt, prendre en charge tôt sur le plan protocole thérapeutique et éviter que les cas n’entrent en soins intensifs.
"Notre système sanitaire a fait beaucoup de progrès et les professionnels de santé qu’il faut soutenir se battent au quotidien mais l’offre de soins ne peut soutenir longtemps un afflux massif de cas compliqués. Il faut donc renforcer le confinement, les mesures barrières et le dépistage élargi cible. Le traitement de masse aux doses actuelles de surcroît est un non-sens dans le contexte actuel de l’épidémie.»
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