Omar Belmamoun quitte Platinum Power, pas les tribunaux
Sa démission ratifiée et ses parts dans l'entreprise "cédées". Il a rejoint Total EREN en tant que conseiller. Un procès l'oppose toujours à son adversaire Michael Toporek et un nouveau litige est en perspective.
A Platinum Power, l’épisode du confinement n’a pas été sans rebondissements. Le premier touche le top management. Omar Belmamoun n’occupe officiellement plus le poste de PDG. Objet d’annonces contradictoires, sa démission a bien été ratifiée lors d’une assemblée générale tenue le 29 mai.
L’intéressé a reçu « quitus entier et définitif ». Il a par ailleurs cédé toutes ses parts dans la société à son épouse. Ce transfert concerne les actions qu’il détenait en sa qualité propre (0,09%), mais aussi celles qu’il détenait via sa société Luminy Invest (41,67%). Un nouveau président directeur général a été désigné, en la personne de Hicham Benmessaoud.
Comme en atteste une mention sur son compte Linkedin, Omar Belmamoun a rejoint Total EREN en tant que « Senior Avisor ». A vocation internationale, cette société opère dans la production d’électricité. Elle exploite, construit et investit dans les centrales d’énergie renouvelable. Son champ d’intervention rappelle en ce sens celui de Platinum Power (PP), développeur privé de barrages destinés à la production électrique.
Ces deux dernières années, PP a fait les choux gras des médias. Mais pas pour ses promesses de projets ambitieux, dont le sort est plus que jamais incertain. Autrefois prometteuse, la situation de la société demeure aujourd’hui compromise. En attestent les nombreuses saisies opérées sur ses biens. Selon une source informée, les meubles de l’entreprise feront bientôt l’objet d’une vente aux enchères en exécution d’une ordonnance faisant suite au non paiement d’une condamnation pour licenciement abusif.
Ce qui a fait de PP un sujet d’actualité, c’est plutôt l’épineux conflit opposant Omar Belmamoun à son désormais ex-associé, Michael Toporek. Une bataille matérialisée par de nombreux litiges judiciaires. Où en est-on sur ce volet ?
Trois dossiers méritent le détour. Ils relèvent du pénal et concernent tous des citations directes.
Dans un premier dossier, Omar Belmamoun reproche à Michael Toporek et un autre associé de lui avoir interdit l’accès aux documents financiers de la société Finco, entité où il dit avoir injecté 3,7 millions de dollars. Traduits en des termes juridiques, il les accuse d’avoir fait des pouvoirs qu’ils possèdent « un usage qu'ils savaient contraire aux intérêts économiques de la société, à des fins personnelles », infraction prévue par la loi 17-95 sur les sociétés anonymes.
Statuant le 15 juin 2020 sur ce dossier, le tribunal correctionnel de Rabat a innocenté les deux hommes d’affaires pour absence d’éléments matériels de l’infraction.
Deuxième affaire, même plaignant. Belmamoun y accuse Michael Toporek d’avoir détourné, au profit d’une société où il est présent en tant qu’actionnaire et administrateur (Soluna), un méga projet prévu à Dakhla (ferme éolienne pour un montant de 10 MMDH), projet qui aurait été à l’origine destiné à Platinum Power. Objet d’annonces tapageuses dans les médias, cette plainte a fini par être retirée quelques jours avant le verdict du tribunal de Rabat. Statuant le 16 mars, le juge déclare l’irrecevabilité de la citation directe.
Mêmes acteurs, changements de rôle. Belmamoun comparaitra le 7 juillet prochain devant la même juridiction, où il est accusé, par Michael Toporek, d’avoir détourné 9 MDH des caisses de Brookstone Partners Morocco, entité dans laquelle les deux intéressés sont associés. Des expertises privées ont été versée par chacune des parties, l’une pour appuyer les accusations, l’autre pour les démentir.
D’autres litiges sont en perspective. Nouvellement désigné, le conseil d’administration de Platinum Power a décidé de poursuivre la société Soluna « pour détournement de projet ». Officiellement, Belmamoun n’est plus lié à PP. Mais pour les observateurs, difficile de ne pas voir son ombre dans cette ultime attaque contre son ancien associé.
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