AMO des indépendants: la dernière proposition des médecins libéraux
Après des discussions qui durent depuis novembre 2018, les médecins libéraux ont formulé à l’Exécutif leur proposition de cotisation dans le système de l’AMO des indépendants. Une proposition que les professionnels de la santé estiment généreuse. Détails.
Les discussions pour l’activation de l’AMO des indépendants ont démarré en 2018. L’une des premières professions libérales avec laquelle les négociations ont démarré est celle des médecins privés. En novembre 2018, le gouvernement avait proposé aux médecins des cotisations sur la base d’un revenu forfaitaire de 8 à 12 fois le SMIG (2.638 DH)
Ce qui revient à une cotisation mensuelle d’environ 1.344,32 DH pour l’assurance maladie (21.104 DH x 6,37%) des généralistes et une cotisation d’environ 2.016,48 DH pour l’assurance maladie des spécialistes (31.656 DH x 6,37%).
Les professionnels de la santé ont refusé. Depuis, les négociations se poursuivent sans aboutir à un consensus. Selon nos informations, le gouvernement a revu sa copie et envisage une cotisation de 900 DH aussi bien pour les spécialistes et les généralistes avec un tarif réduit les 5 premières années. Cette proposition n’a pas été formulée officiellement aux médecins.
De leur côté les professionnels de la santé ont fait les choses autrement. Dr Said Afif, président du Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP) nous confie qu’ils ont mandaté un expert canadien pour la réalisation d’une expertise. Cette expertise fait ressortir une cotisation minimale de 360 DH qui sera suffisante pour couvrir leurs prestations.
Sur la base de cette expertise, les médecins du privé ont formulé la proposition de cotisation mensuelle pour l’assurance maladie suivante:
- 560 DH pour les médecins généralistes et les pharmaciens.
- 700 DH pour les médecins spécialistes.
"Notre proposition est généreuse par rapport aux données de l’expertise que nous avons réalisée", commente Dr Afif.
Les médecins proposent aussi au gouvernement la révision de ces cotisations après trois ans. "Si le régime rencontre des difficultés nous sommes prêts à rediscuter les cotisations. Par contre si on voit que les médecins ont prescrit plus de génériques et moins d’examens et que la CNSS a fait un excédent, les cotisations devraient rester inchangées", nous explique Dr Afif.
"Les professionnels de santé sont des acteurs de l’AMO. Ils participent à la réussite du régime. Dans les pays développés qui se respectent, quand les gens signent pour être conventionnés, l’Etat prend en charge 80% de leurs charges professionnelles. Nous on va tout payer et ils nous demandent des cotisations exorbitantes. Ce n’est pas possible", proteste le président du Collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP).
"Nous sommes 12.000 médecins dans le secteur privé. Espèrent-ils que 12.000 personnes cotisent pour 4 millions de personnes ? Nous sommes d’accord sur le principe de solidarité mais dans une limite raisonnable".
"L’AMO est une obligation, donc les cotisations doivent être réalistes. Avec cette pandémie, nous n’avons presque pas travaillé pendant trois mois et demi et pourtant nous aurions dû payer la cotisation malgré tout si elle avait été appliquée. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour les kinésithérapeutes. C’est pour cela que nous n’accepterons pas la proposition du gouvernement."
"Dans les autres pays, les médecins obtiennent des incitations et chez nous c’est l’inverse", avance Dr Afif qui rappelle que beaucoup de médecins fuient cette situation. "Rien qu’en 2019, 650 médecins ont quitté le pays sur les 2.500 qui ont obtenu leurs diplômes. Nous avons 10.000 médecins à l’étranger", affirme-t-il.
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