Pr Adib: le virus va rester parmi nous au moins jusqu'à mars 2021
Le Pr Ahmded Rhassane Adib, réanimateur et très actif dans la réflexion sur la lutte anti-Covid, a présenté les principaux chiffres relatifs aux malades hospitalisés en réanimation à Marrakech. Il recommande de normaliser, car il n'y a pas que la Covid.
"A l'approche de la période hivernale" et devant la perspective d'une hausse des cas de Covid-19 et de nombreux cas de grippe, nous devons aller vers une normalisation": Le Pr Ahmed Rhassane Adib, chef de service de réanimation gynécologique, s'est exprimé ainsi mardi 22 septembre, lors d'un webinaire organisé par Becom Editions, 1ère maison d’édition médicale et scientifique marocaine, spécialisée dans l’édition et la publication de revues et ouvrages médicaux. Le thème de la rencontre était "la stratégie de diagnostic différentiel de la Covid-19 à l'approche de la saison hivernale".
Pour l'orateur, le virus est parmi nous, jusqu'à après le mois de mars dans le meilleur des cas, voire davantage.
Le Maroc se trouve actuellement "en troisième phase de l'épidémie (transmission communautaire), le virus est parmi nous". C'est une phase pendant laquelle l'objectif principal n'est plus de contenir la propagation, mais de limiter les dégâts en quelque sorte, notamment en évitant au maximum les décès.
Ce sont donc les cas symptomatiques, en particulier modérés, sévères ou critiques qui sont ciblés par la Santé publique en premier lieu. En d'autres termes 11% des cas. Le Pr Adib, très actif dans la lutte et la réflexion sur le Covid-19, ajoute que c'est "surtout le retard thérapeutique" qui est le facteur qui influe le plus négativement sur la mortalité par la Covid-19. "Cette conclusion figure dans toutes les études. C'est une maladie qui guérit plus facilement et plus vite en cas de détection et de prise en charge précoces", rappelle-t-il.
La Covid-19 "est bien une maladie immunisante. Avec 10 mois de recul, seuls trois cas de réinfection ont été signalés dans la littérature", poursuit-il.
Une maladie immunisante, qui guérit rapidement si elle est prise en charge tôt et s'il n'y a pas de facteurs de risque associés: le Pr Adib recommande de se concentrer sur les cas à risque, sur la détection précoce, sur les cas contagieux, symptomatiques, modérés ou graves.
"Il faut normaliser, il n'y a pas que la Covid en santé publique. On doit s'occuper des maladies chroniques, des cancers. Il faut créer immédiatement 2 circuits, Covid et non-Covid, partout, dans toutes les structures".
Il déplore l'absence de datas en provenance du secteur privé: "on ne sait pas ce qui se passe dans cette médecine de première ligne". Et recommande d'étudier la possibilité d'introduire les tests salivaires au Maroc : il s'agit de tests dont les résultats sont très rapides mais qui détectent les cas les plus contagieux et ont une sensibilité faible lorsqu'il y a une faible charge virale.
Il ajoute: il faut normer "les fermetures de classes, d'écoles, de quartiers..." ET communiquer.
Il estime que c'est le moment ou jamais d'instaurer un véritable partenariat avec tous les professionnels de la Santé, de créer un parcours coordonné de soins, de mettre à niveau le SAMU et enfin, de mettre en place un vrai partenariat public-privé.
[Tous les slides ci-dessous proviennent de la présentation du Pr Ahmed Rhassane El Adib].



Conscience citoyenne
Ci-dessous, des propos intéressants du Dr Said Jidane, cités par le Pr Adib

LES DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES DE MARRAKECH

Le Pr Adib a livré d'intéressantes données épidémiologiques sur la situation à Marrakech (ci-dessus).
Il distingue une première vague, du début jusqu'au 23 juillet, au cours de laquelle 77 cas ont été admis en réanimation. Parmi ces cas, 55 ont été analysés en détail, dont 24 sont décédés, soit un taux de mortalité de 43,6%.
La 2e vague selon lui s'est étendue du 24 juillet au 10 septembre. Et la 3e vague est la vague actuelle.
Au cours de la 2e vague, du 24 juillet au 10 septembre, l'hôpital Ibn Tofail a été transformé en hôpital de soins intensifs, doté notamment de 5 services de réanimation (50 lits au total) ainsi que de 60 lits, surtout en post-réa. Un chapiteau a été installé, recevant 100 lits de soins intensifs, tous sous oxygène.
396 admissions en réanimation ont été constatées, dont 180 décès soit 45,5%. Pour lui, ce taux est respectable, au regard des taux internationaux, y compris dans les plus grands pays. Il signale également que 16 femmes enceintes ont été admises dans un état grave dont 2 sont décédées.
La présentation du Pr Ahmed Rhassane El Adib peut être feuilletée en cliquant ici.
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