Guergarate : Une brigade des FAR a sécurisé la zone en un temps record
Après un blocage routier par des éléments du polisario, une brigade des FAR a sécurisé, dans la matinée du 13 novembre, les flux de biens et de personnes qui circulent dans la zone tampon de Guergarate. Si le trafic routier reprend dans les deux sens, un expert militaire n’exclut pas la construction d’un mur permettant de sécuriser définitivement ce corridor commercial.
Les derniers préparatifs ont démarré à 6 heures ce vendredi 13 novembre, "sur ordre du Roi Mohammed VI, Chef suprême et Chef d'état-major général des Forces Armées Royales". L'opération proprement dite a commencé à 8 heures. A l'heure où nous mettons en ligne, la sécurisation était terminée, mais nous ne savons pas si l'ensemble de l'opération est achevée ou pas. Mais ce qui est sûr, c'est qu'un cordon de sécurité a été érigé.
L’opération de sécurisation des flux de personnes et de marchandises a été menée par la 3ème brigade motorisée d’infanterie et a pu avoir lieu sans incident majeur sachant que l’état-major a ordonné de ne pas tirer hormis en position de légitime-défense. Malgré les tentatives du polisario de faire croire à une rupture unilatérale du cessez-le-feu, le Maroc est en train de rétablir le trafic routier.
>>>LIRE AUSSI: "Guergarate complètement sécurisé" (Etat-major général des FAR)
Aucun incident majeur lors de l’intervention marocaine
Selon l’expert en affaires militaires, Abdelhamid Harifi, les forces marocaines sont intervenues sur 3 fronts pour rétablir la circulation et l’ordre en informant au préalable la Minurso présente sur place.
« Il n’y a pas eu le moindre accrochage ni résistance de la part des milices du polisario qui se sont contentées d’évacuer les « civils » à l'extérieur de la zone tampon.
Des images de tentes brûlées pour se faire passer pour des victimes
« Avant de partir, ces derniers ont cependant brûlé, de leur propre initiative, leurs tentes avant de diffuser des photos sur internet pour faire croire qu’ils avaient été attaqués par l’armée marocaine alors qu’il n’y a eu aucune confrontation directe.
« Malgré les propos va-t-en-guerre du "MAE" du polisario, Mohamed Salem Ould Salek qui accuse le Maroc d’avoir enterré le cessez-le-feu et d’avoir déclaré la guerre, ses hommes se sont enfuis et les FAR n’ont pas eu le moindre contact avec "les milices ni les civils" qui campaient à Guergarate.
« La posture médiatique des séparatistes n’a d’autre but que de les faire passer pour des victimes d’une agression militaire marocaine auprès de l’opinion publique internationale et dans le même temps pour des héros assaillis auprès des populations réfugiées dans les camps algériens de Tindouf.
Sans échanges de tirs, pas de violation du cessez-le-feu
« En l’absence d’échanges armés, il n’y a eu aucune rupture du cessez-le-feu sachant que le Maroc s’est contenté d’intervenir dans le cadre de la légalité internationale et des accords signés en 1991.
« A contrario, ce sont plutôt les blindés du polisario qui ont attaqué, ce matin au niveau du secteur de Mahbes les FAR qui n’ont recensé aucune victime. Les assaillants ont essuyé alors des tirs d’artillerie qui ont d’abord détruit plusieurs de leurs chars puis les ont mis en déroute totale.
« Cela montre bien que leurs milices ne font absolument pas le poids devant la supériorité militaire des FAR et qu’en définitive, l’Algérie n’osera pas s’engager directement à leurs côtés.
La construction d’un mur permanent pourrait être une solution définitive
« S’il n’y a pas encore d’information supplémentaire par des canaux officiels, il apparaît de plus en plus probable que le Maroc veuille régler définitivement le problème en construisant un mur qui empêchera toute nouvelle intrusion dans cette zone qui avait déjà connu le même blocage en 2016.
« En effet, sachant que le polisario n’a pas cessé de publier des informations sur le déclenchement imminent d’une nouvelle guerre avec le Maroc, ce dernier pourrait sécuriser définitivement cette zone avec un mur», avance Harifi.
Une ligne maritime directe Dakhla-Nouadhibou en attendant un port international en 2025
Selon notre interlocuteur, la crise de Guergarate a eu quelque part un effet bénéfique pour le Maroc.
« En effet, les chalutiers de pêche espagnols qui opèrent en Mauritanie et exportent vers l’Europe déposent désormais directement leurs cargaisons de poisson à Dakhla au lieu de le faire au port de Nouadhibou qui devait ensuite les acheminer par la voie routière de Guergarate au port de Dakhla.
« De plus, le blocage de la voie routière de Guergarate a pour la première fois permis la création d’une ligne maritime directe entre les ports de Dakhla et de Nouadhibou, distants d’environ 400 kilomètres, pour approvisionner la Mauritanie qui manque cruellement des fruits et des légumes du Maroc.
« A moyen-terme, il sera d’ailleurs possible de ne plus dépendre de la Mauritanie, et notamment de Guergarate, pour exporter les marchandises marocaines vers tous les pays de l’Afrique de l’Ouest grâce à la construction du futur grand port de Dakhla qui est prévue pour 2025 », avance notre expert qui précise que « pour l’instant la voie routière de Guergarate est toujours aussi importante ».
"L’intervention des FAR était en phase avec l’accord militaire numéro 1 qui donne juste le droit à la Minurso d’être présent pour maintenir le statu quo dans une zone qui n’est pas un territoire libéré", conclut Harifi en ajoutant que le trafic routier devrait revenir à la normale dans les 24 heures à venir.
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