Ce qu'il faut savoir sur le futur musée de la culture juive de Fès
Mehdi Qotbi et Serge Berdugo qui président, respectivement, la fondation nationale des musées et la communauté juive du Maroc, reviennent pour Médias24 sur le projet de création du musée de la culture juive de Fès qui vient de faire l'objet d'une convention d'acquisition, des premiers objets d'art.
S’il existe, déjà, un musée avec la même thématique à Casablanca dont le financement a été assuré par la communauté juive du Maroc, cela sera bien la première fois, dans l’histoire qu’un pays arabo-musulman consacrera des fonds publics, pour construire un lieu muséal dédié à la mémoire juive.
Une initiative unique dans le monde arabo-musulman
Ravi de l’initiative royale qui permettra d’accueillir le premier musée public, à cultiver la mémoire de la communauté juive, depuis son installation au Maroc, le président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi, nous confirme qu’il sera le seul lieu de ce genre, du continent africain et de la région MENA.
« Ce type de musée n’existe nulle part, dans le monde arabo-musulman et c’est la première fois qu’un Etat musulman investira des deniers publics, pour construire un endroit pareil pour entretenir la mémoire de sa communauté juive, sans aucun apport du secteur privé ou de donateurs.
« On ne mesure pas la symbolique de tolérance et d’ouverture sur les autres cultures, induite par ce geste royal, en particulier sa localisation située en plein Fès qui est la capitale spirituelle du Royaume.
Un projet qui coûtera 10 millions de dirhams
« En effet, les 10 millions de dirhams, nécessaires à son édification, ont été rassemblés, grâce aux contributions financières de la fondation des musées, du ministère de la culture et enfin de la région.
«Il faut rappeler que ce projet procède d’une volonté royale qui avait également donné le coup d’envoi, en 2019 pour restaurer et transformer le palais Batha de Fès en musée d’arts de l’Islam.
« Ce dernier sera le plus grand lieu muséal du monde, avec des œuvres extraordinaires, comme le plus vieux Minbar de la planète qui se trouvait, auparavant, à Damas ravagée par la guerre », nous explique Qotbi, pour qui les deux futurs musées seront complémentaires, en termes d’histoire du Maroc.
Le musée sera achevé et inauguré en 2022
Selon le cahier des charges de ce musée, le bâtiment de 735 mètres-carrés au sol sur un terrain de 1.168 M2, disposera d’un niveau R+1, avec un rez-de-jardin et d’une superficie totale de 1.730 M2.
Sachant que les travaux ont démarré le 26 novembre dernier, le chantier de construction devrait durer, environ, 18 mois et s’achever en mai 2022.
Dans un premier temps, 2 millions de dirhams d’acquisitions
Concernant les collections qui seront exposées, après son inauguration, prévue courant 2022, Qotbi nous révèle que sa fondation dispose, déjà, de plusieurs œuvres, provenant de ses propres réserves.
« Il est cependant prévu de les enrichir, avec des donations et une campagne d’acquisition, au niveau de la FNM qui sera gérée, par un comité spécialisé.
« Dans un premier temps, le budget accordé à l’opération d’acquisition de pièces, à dimension archéologique, ethnographique, cultuelle, artistique... sera fixé à 2 MDH mais, en fait, il sera alimenté, au fur et à mesure, au gré des opportunités, d’achats », conclut, optimiste, le président de la fondation.
Un lieu qui racontera la vie des juifs marocains depuis l’époque romaine
Interrogé, à son tour, le président de la communauté juive du Maroc qui présidera, également, le comité scientifique du musée, déclare que cette initiative est à mettre au crédit du Roi Mohammed VI qui a tenu à mettre en valeur, dans un lieu dédié, l’histoire de la composante juive du peuple marocain
« A ce jour, le seul musée du monde arabe, dédié à la mémoire juive, est celui situé à Casablanca qui existe depuis 21 ans mais qui reste beaucoup plus modeste, que celui qu’accueillera la ville de Fès.
« Ce lieu aura, pour vocation, de raconter l’histoire de la communauté juive et de donner un éclairage sur ses traditions et sur son apport politique, économique, social et culturel à la société marocaine.
« Nous essayerons de remonter le temps le plus loin possible, et pensons même réunir des documents qui datent de l’époque romaine.
Un aboutissement qui n’a rien de conjoncturel
« Encore une fois, s’il y a des musées similaires à New York ou à Paris, l’exceptionnalité de ce projet réside dans le fait qu’il n’en existe aucun, dans un royaume et, encore moins, dans un pays musulman, dirigé de plus, par un commandeur des croyants.
« Le plus important, c’est que ce projet ne s’inscrit absolument pas dans un contexte conjoncturel car ce que nous voyons, aujourd’hui, est le fruit d’une réflexion, de plusieurs années.
« Si, au regard de la récente reprise des relations diplomatiques du Maroc avec Israël, l’idée de ce musée peut paraître prémonitoire, il n’y a aucun lien de cause à effet », conclut Berdugo, pour qui le rapprochement et l’ouverture d’un lieu de mémoire, permettront à de nombreux étrangers juifs d’origine marocaine, de réaliser leur rêve de venir visiter le pays de leur enfance ou de leurs parents.
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