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Prières juives face aux remparts de Marrakech : derrière la polémique, une pratique déjà connue

Filmées le 21 avril près de Bab Doukkala, les séquences virales montrent des fidèles du courant hassidique Satmar, venus de New York, en halte de vingt-quatre à quarante-huit heures pour se recueillir sur les tombes de figures religieuses locales. Selon la communauté juive de Marrakech, ces passages ponctuels, sans lien avec le site lui-même, s’inscrivent dans des circuits de pèlerinage réguliers.

Prières juives face aux remparts de Marrakech : derrière la polémique, une pratique déjà connue
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Le 24 avril 2026 à 16h10 | Modifié 24 avril 2026 à 18h17

La diffusion massive, depuis le mardi 21 avril 2026, de séquences vidéo montrant des fidèles juifs accomplissant des rituels religieux en plein air, à proximité du site historique de Bab Doukkala, à Marrakech, a déclenché une vive polémique sur les réseaux sociaux.

Ces images, montrant ce qui s'apparente à des prières juives devant les remparts ancestraux de la ville, ont suscité un débat nourri parmi les internautes et les acteurs de la société civile, certains s’interrogeant sur la nature et le caractère inhabituel de cet événement.

Pour les représentants de la communauté juive locale, cette agitation médiatique relève d'une "tempête dans un verre d’eau". Jacky Kadoch, président de la communauté juive de la région Marrakech-Safi, précise dans un échange avec Médias24 qu'il serait vain de polémiquer sur un événement qui n’a rien de nouveau ni de provocateur.

L’identité de ces pèlerins est d'ailleurs bien connue. Il s’agit de membres de la communauté hassidique Satmar, un courant orthodoxe basé à New York, notamment dans les quartiers de Williamsburg et Monsey. Bien qu’ils ne soient pas d’origine marocaine, ces fidèles vouent une dévotion profonde aux Tsadikim (saints) du Royaume.

Pour Jacky Kadoch, leur présence ne répond pas aux codes du tourisme classique. Ils effectuent des pèlerinages dits "go and back", des séjours éclairs de vingt-quatre à quarante-huit heures dédiés exclusivement au recueillement sur les tombes de grands kabbalistes, comme Rabbi Abraham Azoulay, Rabbi Hanania Ha-Cohen ou Rabbi David Hazzan.

Quant au choix du mur de Bab Doukkala, l'explication est purement fonctionnelle. Les fidèles cherchent un support neutre pour se recueillir sans être distraits par l'environnement urbain. "Le rempart n'a pour eux aucune signification religieuse intrinsèque", explique Jacky Kadoch.

Le Maroc, "terre de paix" pour les hassidim

L’attachement de cette communauté au Maroc ne date pas d'hier. Une anecdote révélée par Jacky Kadoch illustre cette ferveur : il y a environ huit ans, des émissaires du Grand Rabbin de cette communauté avaient sollicité l'étude d'un projet de "village spirituel" près de la mer. Leur chef spirituel décrivait alors le Maroc comme "une terre sainte et une terre de paix, protégée par un Roi extraordinaire".

Bien que ce projet n'ait pas abouti après le refus des autorités locales pour des raisons de sécurité, l'intégration de ces fidèles est déjà une réalité tangible. À Touama, à 40 kilomètres de Marrakech, ainsi que dans certaines zones montagneuses, des membres de cette communauté vivent en toute quiétude et en parfaite harmonie avec les populations locales depuis de nombreuses années.

Au-delà de l'émotion suscitée par les réseaux sociaux, cet épisode rappelle enfin la singularité de Marrakech, ville carrefour où les pierres millénaires témoignent d'une cohabitation séculaire. En demeurant un sanctuaire pour les pèlerins du monde entier, le Maroc réaffirme son identité de terre de rencontre et de tolérance.

Face à l'instantanéité des images, la ville répond par la profondeur de son histoire, prouvant que la spiritualité, lorsqu'elle est vécue dans le respect des lieux et des hommes, reste l'un des piliers immuables de l'exception marocaine.

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Le 24 avril 2026 à 16h10

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