Un partenariat vert Maroc-UE pour préparer la décarbonation de l'industrie marocaine
Au lendemain du lancement d’un partenariat vert entre le Maroc et l’Union Européenne, Médias24 revient sur cet accord et sur les opportunités qu’il offrira. Selon une source autorisée requérant l’anonymat, cette collaboration permettra surtout de préparer la décarbonation de l’industrie marocaine pour que les produits marocains continuent à être exportés sans entrave douanière de la part des 27 qui s’apprêtent à adopter une taxe carbone post-Covid pour relancer l’économie de leur continent.
Décidé en juin 2019 en marge du partenariat euro-marocain de prospérité partagée, le lancement d’un partenariat vert entre les 2 parties a pris effet le lundi 28 juin, à l’occasion d’une réunion virtuelle entre trois ministres marocains, le vice-président de la commission européenne et enfin deux commissaires européens.
“Un chantier obligatoire pour continuer à accéder aux marchés européens”
Sollicitée par Médias24 pour connaître la signification et les opportunités offertes par ce partenariat vert, une source autorisée nous a déclaré que la crise sanitaire avait accentué la nécessité de développer un chantier de coopération en matière d'énergie, de lutte contre le réchauffement climatique, de protection de l’environnement et en dernier lieu de promotion de l’économie verte.
“Cet événement permettra à notre pays, qui est devenu un dragon industriel notamment en matière de construction automobile et aéronautique, de continuer sa croissance mondiale en termes d’exportation”, explique notre interlocuteur qui parle même d’une nécessité stratégique pour l’avenir.
“Un partenariat qui permettra d’éviter d’être soumis à la future taxe carbone de l’UE”
“En effet, sachant que l’Union européenne a décidé de financer son plan de relance post-Covid avec une taxe carbone présentée comme non tarifaire mais dont on ne connaît pas encore les termes; et vu que le Maroc exporte 75% de ses produits vers l’Europe, la conclusion de ce partenariat vert qui obligera notre système industriel à s’aligner sur les standards européens nous permettra d’être prêts le moment venu.
“En dehors de nos produits industriels qui requièrent souvent une importante consommation d’énergie fossile, tous les autres biens très carbonés dont la conception peut provoquer une pollution atmosphérique ou une consommation excessive d’eau devront désormais respecter les nouvelles normes vertes”, précise notre source, en ajoutant que l’énergie nécessaire à la conception de produits d’export deviendra obsolète et interdite pour continuer à traverser les frontières des clients marocains du vieux continent”,
“Une transition énergétique à l’origine d’économies d’échelle pour le budget de l’Etat”
“Nous n’avons donc d’autre choix que d’initier une transition énergétique durable vers des produits à l’export qui soient propres, consomment un minimum d’eau, ne polluent pas l’air ou l’environnement avec d’importants déchets (emballage plastifié …) et in fine n’aggravent pas le réchauffement climatique.
“Cette transformation structurelle qui aura pour effet direct de décarboner l’économie du Maroc aura aussi pour mérite de provoquer de grandes économies; en termes d’approvisionnements énergétiques.
“En consommant moins d’énergies fossiles, le Maroc deviendra moins dépendant des cours mondiaux fluctuants du pétrole et du gaz qui après quelques années de stabilité devraient davantage alourdir, dans les prochaines années le budget de l’Etat avec la reprise mondiale qui se confirme”, prédit notre interlocuteur en évoquant aussi la création d’opportunités socio-économiques dans le solaire et l’éolien.
“A terme, des opportunités socio-économiques pour le solaire et l’éolien”
“Ce modèle de coopération autour d’une transition énergétique propre sera, non seulement bénéfique pour le Maroc et les 27, mais favorisera aussi l’émergence de plusieurs opportunités socio-économiques pour notre pays qui est un des précurseurs mondiaux en matière de création d’énergie verte alternative.
“Avec nos énormes ressources solaires et éoliennes, cette transformation ne manquera pas de développer l’activité de l’industrie énergétique propre du Maroc qui lui permettra de produire à l’infini une énergie alternative et bon marché, comme l’hydrogène vert à l’empreinte carbone nulle”, conclut notre source, en se félicitant de l’initiative royale visionnaire qui tombe à pic pour s’inscrire dans les futures normes européennes de décarbonation, imposées par le plan de relance économique européen post-Covid dont le credo est de reconstruire en mieux (build back better) …
De plus, avec le retour des États-Unis dans l’accord de Paris, ce partenariat qui n’engage pour l’instant que le Maroc et les 27 de l’UE, sera certainement élargi vers d’autres pays de la planète avec lesquels le Royaume commerce …
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