Elections 2021: El Otmani rencontre des dirigeants d'entreprises
Invité chez l'APD, Sâad Eddine El Otmani a jonglé entre ses deux casquettes de chef de gouvernement et de secrétaire général du PJD pour convaincre de son bilan.
Dans sa série de rencontres avec les chefs de partis, l’association pour le progrès des dirigeants (APD) a reçu ce mercredi 28 juillet le chef du gouvernement et le secrétaire général du PJD, Sâad Eddine El Otmani.
Comme à son habitude, El Otmani a présenté le bilan de son gouvernement avec beaucoup de chiffres à l’appui, insistant sur les aspects sociaux. Il s'en est suivi un échange intéressant avec les participants à la rencontre.
Interrogé sur la question de la préférence nationale sur les marchés publics, qui n'a pas encore touché la gestion déléguée dans les communes, il a estimé que les mesures engagées par le gouvernement ont eu des effets positifs. Il donne les exemples des barrages, des routes et autoroutes qui sont maintenant tous confiés, selon lui, à des entreprises marocaines. Même de grands projets tels que le nouveau port de Dakhla-Atlantic a été remporté par un groupement marocain, selon lui grâce à ces mesures.
Il a toutefois regretté que ces mesures ne touchent pas encore le secteur de la gestion déléguée pour les services communaux, qui pour lui ne relèvent pas du gouvernement mais des choix des différentes communes. Il espère que des solutions seront trouvées dans l'avenir pour favoriser les entreprises marocaines.
Répondant à une question qui lui a été posée, il a reconnu que la création des entreprises en ligne est un chantier qui n’a pas encore abouti, malgré la volonté du gouvernement à le concrétiser. Ajoutant que malgré qu'elle ne figure plus dans les prérogatives des CRI, ces derniers continuent à chapeauter la création des entreprises, en attendant que le processus soit complément digitalisé.
Sur le sujet du chantier de la réforme de l’éducation qui tarde à aboutir, il a expliqué que le Maroc a une vision stratégique qui a été élaborée en 2015 pour l’horizon 2030 et qui a été transformée en loi-cadre votée en 2017, pour qu’elle soit appliquée dans la durée et qu’elle ne soit pas sujette aux changements de ministres. Ajoutant que le problème dans les différentes réformes de l'éducation était le manque de continuité, faisant que chaque ministre arrive avec sa propre réforme qui est à chaque fois interrompue par le ministre suivant.
En réponse à une question qui lui a été posée, El Otmani a nié que le PJD soit un parti pauvre en cadres. Il a assuré que les hauts cadres sont les bienvenus, mais à condition « qu’ils acceptent le jeu démocratique et les lois et procédures du parti qui font que ce sont les bases locales qui élisent leurs candidats ». Il a rappelé toutefois que beaucoup de cadres ont pu convaincre les militants dès leur première année d’adhésion au parti et ont pu remporter des investitures.
Au sujet des effets de la pandémie sur le chômage, il a cité un rapport de la BAD qui a estimé que les mesures du gouvernement marocain ont diminué de 71% les risques de pertes d’emploi à cause du Covid. D'un autre côté, il rappelle qu'avant la pandémie, le gouvernement a pu ramener le taux de chômage à un niveau acceptable.
Il reconnaît également que la gestion des deux casquettes en même temps n'a pas toujours été facile pour lui. Il affirme que le PJD qui est un parti qu'il dit totalement acquis aux causes nationales, a fait en sorte que ses propres avis quand ils divergent des orientations officielles de l’État, soient exprimées de manière plus « soft ».
Sur sa rencontre avec Abdellatif Ouahbi, il précise qu' « il n’y a pas de rapprochement entre les deux partis, mais il y a un dialogue, pour éclaircir les malentendus et trouver des solutions »; poursuivant que le PAM était un parti national et qu'il n' y a pas de mal à dialoguer avec tout le monde.
El Otmani pense également que le PJD est parmi les favoris aux prochaines élections, même si « le quotient électoral va impacter le parti et va nuire à l’image démocratique du Maroc ».
Enfin, en réaction à l’intervention de l’un des participants au sujet des valeurs dans la société marocaine, le chef du gouvernement a regretté qu’il y ait des valeurs qui se perdent au Maroc, comme la valeur du travail, de la méritocratie, du respect de la loi.
à lire aussi
Article : Le Roi Mohammed VI s'est réuni à Rabat avec Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane
Le Roi Mohammed VI et Cheikh Mohammed Ben Zayed Al-Nahyane se sont rencontrés à Rabat dans le cadre de la visite privée que le Président de l’État des Émirats arabes unis effectue au Maroc. Les questions et défis que connaît la scène internationale, en particulier ceux qui concernent les États du Golfe et du Moyen-Orient, étaient au cœur de la rencontre.
Article : Préparation CDM 2026. Le Maroc s’impose sans peine face à Madagascar (4-0)
Les Lions de l’Atlas n’ont pas eu à forcer leur talent pour l’emporter face à des Malgaches limités, ce mardi 2 juin à Rabat, grâce notamment à un doublé d’Ismaïl Saibari. Les enseignements positifs ont été nombreux, mais le manque d’efficacité demeure un point noir en vue du Mondial 2026.
Article : Batteries : pourquoi le modèle industriel marocain inquiète-t-il Bruxelles
L’Union européenne durcit sa position face aux investissements chinois. Avec les projets chinois dans l’automobile électrique et les batteries, le Maroc se retrouve au cœur de cette nouvelle tension. Le précédent des jantes en aluminium montre que cette pression peut déjà se traduire par des droits commerciaux lourds. Le Royaume entend défendre ses intérêts. Des discussions sont en cours.
Article : Visa Fintech Day : le Maroc veut accélérer l’inclusion financière grâce à l’IA et aux paiements numériques
Rapprocher les services financiers des citoyens, soutenir les TPME et réduire les fractures d’accès… Le Maroc mise sur l’IA et la fintech pour accélérer sa transformation numérique.
Article : 1.700 passagers et 426 cabines : GNV baptise à Tanger son navire Aurora le plus moderne
Avec le baptême du GNV Aurora à Tanger, la compagnie maritime italienne GNV renforce son dispositif entre le Maroc, l'Espagne et l'Italie. Déployé à l'approche de l'Opération Marhaba 2026, ce ferry de nouvelle génération illustre les ambitions du groupe en matière de mobilité, de confort des passagers et de transition énergétique.
Article : Mines : ce que cachent les annonces de découvertes au Maroc
Le secteur minier marocain est en pleine effervescence. Mais entre l'effet d'annonce et la réserve prouvée, le chemin reste long et incertain. Décryptage d'un secteur où il faut savoir démêler le vrai du spéculatif.