L'édition numérique reste modeste au Maroc
Les 10.454 documents édités entre 2017 et 2021 au Maroc, majoritairement écrits par des hommes, font la part belle aux romans et aux recueils de poèmes. Seulement 20% des ouvrages ont été édités en version numérique.
A quelques jours du 27e Salon international de l’édition et du livre (SIEL), prévu du 3 au 12 juin à Rabat, la Fondation du roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines a publié son rapport quinquennal (2017-2021) sur l’état de l’édition et du livre au Maroc, dans les domaines de la littérature et des sciences humaines et sociales.
Décrit comme une contribution à une meilleure perception de la réalité du secteur de l’édition au Maroc, ce rapport indique qu’entre 2017 et 2021, 10.454 documents ont été édités dans le pays, soit 2.090 titres par an. Des titres publiés par 752 éditeurs marocains, dont 206 éditeurs professionnels privés et 546 éditeurs institutionnels. 1.917 auteurs ont publié à leur propre compte 2.087 titres.
Les 5.696 auteurs des ouvrages édités sont en majorité des hommes (82%) marocains (76,39%), français (4,74%), tunisiens (2,83%) et algériens (1,53%). 755 autrices marocaines ont été recensées.
Selon le rapport, le volume de l’édition numérique a augmenté ces dernières années. Sa part dans la production globale a atteint 20% (2.089). Le prix moyen d’un livre marocain dans le même espace-temps était de 72 DH, contre 85 DH en Algérie, 90 DH en Tunisie, et environ 220 DH en France.
Pour ce qui est des langues, le rapport fait état d’une généralisation de l’usage de l’arabe dans les domaines de la création littéraire et des sciences humaines et sociales (75%). La part des ouvrages en langue française est de 19%, contre 3% pour l’anglais.
Seulement 1,5% (98 titres) de livres ont été édités en amazighe. Les éditions Tirra (Agadir) en assurent plus de la moitié (80 titres), suivies par les éditions de l’IRCAM (18 titres).
La création littéraire, un segment dominant
Si l’on se base sur les champs disciplinaires traités par les plus de 10.000 documents édités ces cinq dernières années, on constate une dominance du segment "Création littéraire" (roman, nouvelle, poésie...). Il constitue 20% du bilan éditorial marocain, soit 2.133 titres publiés exclusivement au format papier, dont des œuvres de fiction (1.051 titres), de poésie (736 titres) et de théâtre.
Les ouvrages littéraires sont suivis par les productions dédiées aux études juridiques avec 1.374 titres (13,14%), les études islamiques avec 1.124 titres (10,75%), les travaux portant sur les questions sociales (986 titres) et l’histoire (910 titres).
L’apport de l’édition numérique s’est quant à lui traduit par une amélioration de la production dans les champs de la politique (818 titres) et de l’économie (717 titres). Par ailleurs, les auteurs du rapport notent un recul continu de la littérature marocaine d’expression française. Elle ne représente que 19% des œuvres publiées, laissant le champ libre à la langue arabe (72%).
La majorité (66%) des livres publiés portent essentiellement sur le Maroc (6.987 titres). Les aires maghrébine et arabe (Moyen-Orient) ne retiennent l’attention des auteurs et éditeurs marocains que dans une moindre proportion (705 titres). Idem pour l’Afrique (259 titres) et l’Europe (231 titres).
Concernant les textes traduits, ils ne représentent que 8% (827 textes) de l’ensemble des titres publiés au Maroc entre 2017 et 2021, équivalant à une moyenne de 165 titres par an. La traduction est essentiellement en arabe (658 titres), en français (394 titres) et en anglais (144 titres). L’espagnol, le russe, l’allemand, l’italien ou le portugais n’occupent qu’une place marginale avec 99 titres.
Enfin, les auteurs du rapport ont apporté un nouvel élément en comparaison des rapports précédents, traitant des publications des auteurs marocains à l’extérieur du pays. 1.827 ouvrages ont ainsi été publiés chez des éditeurs étrangers, principalement au Moyen-Orient (922 titres) et en France (395 titres).
A noter que deux nouvelles régions émergent dans ce cadre : le Golfe arabe (189 titres) et le Maghreb, en particulier en Tunisie et en Algérie (80 titres).
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