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Dossier Cet article est issu du dossier «Entretien avec Ryad Mezzour: Industrie, export... un premier bilan» Voir tout le sommaire
ECONOMIE

A Tanger Tech, 99,99% des emplois seront marocains (Mezzour)

ENTRETIEN (IV- suite et fin). La dernière convention signée permet de débloquer la commercialisation de Tanger Tech. Dans cette quatrième et dernière partie, le ministre de l'Industrie et du commerce, annonce le démarrage effectif du projet. Pour lui, ce projet de 20 ans, a de très beaux jours devant lui.

A Tanger Tech, 99,99% des emplois seront marocains (Mezzour)
N. E.
Le 12 août 2022 à 13h37 | Modifié 13 août 2022 à 15h31

Médias24: Est-ce que vous arrivez à amener suffisamment de capital marocain dans l’industrie automobile, dans la plateforme actuelle ?

Ryad Mezzour: On est en train de le faire. Il y en a déjà quelques-uns, dans le verre, les radiateurs, les disques et tambours, quelques pièces assez intéressantes. Il y en a qui gagnent de grandes parts de marché à l’international. Je pense à un acteur de Fès qui fabrique les pistons et qui est en train de se développer. Mais c’est vrai qu’il n’y en a pas assez.

-En gros, vous ne ramenez pas suffisamment le capital marocain vers l’industrie.

-Non, non, non. Je ne suis pas d’accord avec la formulation.

Le capital marocain a mis du temps à s’intéresser à l’industrie tout court, il y a eu un travail de fond qui a été mené au cours des 15 dernières années, j’ai un peu l’impression qu’il est passé inaperçu.

Le capital marocain s’était très fortement désindustrialisé, dans tous les secteurs, il y a 15-20 ans. Il s’était orienté vers l’immobilier, d’une manière très claire, très intense. Et ceux qui voulaient rester se sont dirigés vers l’importation, la distribution. C’est le prix que nous avons payé dans le cadre de notre ouverture au monde. Cette ouverture au monde, c’est elle qui nous a permis de construire une plateforme industrielle encore plus solide qui sert le monde ; on devait s’ouvrir pour pouvoir attirer les investissements.

Durant cette période un peu compliquée où la Chine devenait l’usine du monde, le Maroc n’avait pas d’autre choix que de s’ouvrir et de devenir une économie ouverte pour attirer les investisseurs.

-Parlons de Tanger Tech. Vous jouez un rôle dedans puisque vous êtes ministre de l’Industrie et vous représentez le gouvernement pour négocier les conventions comme celles qui ont été signées récemment. Des sources à Tanger nous ont indiqué que cette convention va permettre de débloquer le projet, de commercialiser les lots etc. Est-ce que c’est vrai ?

-Oui, oui. C’est une négociation très longue. Sur le prix des terrains, les méthodes de cession au fur et à mesure de la valorisation, sur les méthodes d’affectation, sur les prix qui vont être proposés aux investisseurs…

On a eu des discussions, des échanges qui ont été très longs, qui ont abouti, avec la mobilisation de tous, dont le gouvernement, qui ont donc abouti à cette convention d’investissement avec la société qui va prendre en charge le projet, qui est une société mixte sino marocaine.

-Qu’y a-t-il dans la convention ?

-Les modalités de cession des terrains, les clauses d’affectation, tout ce que je viens de vous dire.

-Pourquoi vous ne la publiez pas ?

-Parce que c’est une convention avec un acteur privé et l’acteur privé souhaite conserver certaines informations pour lui.

-Est-ce que c’est vrai que le seul projet actuellement dans le cadre de Tanger Tech, c’est un projet de fabrication de meubles ? Confirmez-vous cette information du Desk ?

-Je confirme qu’on a un projet de meubles alors même que la commercialisation n’a pas encore officiellement démarré. Ce n’est pas le seul projet. Et ce n’est pas un simple projet, c’est un écosystème complètement intégré, où des acteurs de référence mondiale dans ce secteur, ont décidé d’installer une base très solide au Maroc.

-Pourquoi viendraient-ils au Maroc et pas ailleurs ?

-Parce qu’il y a la compétitivité marocaine et la proximité de l’un des plus grands marchés au monde ; parce que nous avons des compétences, des infrastructures et un système d’incitation qui les intéresse.

-Est-ce que dans Tanger Tech, les emplois seront marocains ?

-L’écrasante majorité est marocaine, plus de 99%, et même 99,99%.

-Mais commencer par des meubles, même si c’est un gros projet, cela laisse perplexe. Cela s’appelle quand même Tanger Tech. On aurait pensé à de la haute technologie.

-Tanger Tech est un projet sur 20 ans. Où il y aura de la technologie. Cela étant, il y a du savoir-faire, du desing et de la créativité dans le meuble, il ne faut pas le négliger, ceci sans oublier les meubles intelligents.

-Quels sont les autres projets que vous avez, puisqu’il n’y a pas seulement les meubles ?

-Aujourd’hui, il y a de multiples projets, mais il y a surtout des projets qui pourraient être liés à l’automobile et aux énergies renouvelables.

C’est une cité qui est destinée majoritairement aux investissements chinois et qui regroupera des écosystèmes cohérents autour de ces investissements.

-Rêvons un peu : comment voyez-vous l’avenir de Tanger Tech ?

-Je le vois entre autres avec un beau projet de constructeur automobile de véhicules électriques, que ce soit du deux roues, de la petite mobilité ou même de gros véhicules.

-Avec qui vous êtes déjà en discussion ?

-Nous avons eu des discussions avec un opérateur. Et il y en a un deuxième pour lequel nous avons programmé une petite visite des lieux au cours de cette semaine.

En plus de cela, nous aurions des véhicules connectés, une cité intelligente, de la technologie, d’énormes capacités d’ingénierie qui vont développer des solutions pour le monde, de belles universités sino-marocaines.

-Il y aurait la ville aussi ?

-C’est prévu. Pour une zone d’activité de cette taille, 470 hectares en première phase. A terme, nous aurions 250.000 à 300.000 habitants. C’est une ville.

-Quel est l’intérêt de ces investisseurs pour venir de si loin s’implanter à Tanger ?

-C’est simple : la proximité et l’accès au marché européen, en termes logistiques et en termes de droits de douane. Zéro droits de douane. On peut envoyer la marchandise par camion. Et ces clients ne sont pas obligés de s’approvisionner en grosses quantités pour constituer des stocks. C’est à côté.

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N. E.
Le 12 août 2022 à 13h37
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