Lancement des études pour le projet d'interconnexion des bassins du Sebou, Bouregreg, Oum Er-Rabia et Tensift
La direction générale de l’hydraulique a lancé un appel d’offres portant sur la réalisation d'une étude d’impact sur l’environnement naturel et socio-économique et la rentabilité économique dudit projet. Détails.
Faisant partie du Plan national de l’eau 2020-2050, le projet d’interconnexion des bassins du centre : Sebou, Bouregreg, Oum Er Rbia et Tensift entame la phase des études. Le ministère de l'équipement et de l'eau vient de lancer un appel d’offres portant sur la réalisation d'une étude d’impact sur l’environnement naturel et socio-économique et la rentabilité économique dudit projet.
Les principaux objectifs de ce projet d’interconnexion reliant les bassins sont les suivants :
- Assurer une souplesse et une meilleure gestion intégrée des ouvrages hydrauliques et renforcer la robustesse des systèmes hydrauliques face au changement climatique ;
- Optimiser la gestion des ressources en valorisant les eaux perdues en mer ;
- Sécuriser l’approvisionnement en eau potable de la zone côtière Rabat-El Jadida et du Grand Marrakech et réduire ainsi le déficit en eau structurel enregistré notamment dans les périmètres irrigués des Doukkala et du Haouz Central - N’fis ;
- Soutenir le développement socioéconomique des régions bénéficiaires du projet qui englobe une population importante, où les pouvoirs publics ont réalisé de grands investissements ;
- Sauvegarder la plaine de Berrechid et améliorer les fournitures des périmètres de Béni Moussa et Tessaout Aval ;
- Contribuer à la protection contre les inondations de la plaine du Gharb.
Selon les documents de ce marché, ce projet d’interconnexion pourrait être réalisé en deux phases :
- Phase 1 : Interconnexion du barrage de garde du Sebou et du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah (SMBA) au niveau du bassin de Bouregreg ;
- Phase 2 : Interconnexion du barrage SMBA et du barrage Imfout surélevé/Al Massira au niveau du bassin Oum Er Rbia.

Tracé du projet d’interconnexion des bassins du centre (Sebou-BC-OER-Tensift)
Il ne s'agit pas du seul tracé d'interconnexion (barrage de garde du Sebou vers barrage Imfout) étudié par la direction générale de l’hydraulique. Dans le projet initial, deux tracés d'interconnexions ont été prévues.
L'un part du barragede Sebou à Sidi Mohammed Ben Abdellah. L'autre relie le barrage de garde Kodiat Borna à Sidi Mohammed Ben Abdellah. La carte ci-dessous présente les deux tracés ainsi que les remarques préliminaires pour chacun d'eux.
Tracé de la 1ère tranche urgente de la première phase du projet d’interconnexion des bassins du centre (Sebou-BC-OER-Tensift)
La direction générale de l’hydraulique précise, dans les documents accompagnant l'appel d'offres, qu'au regard de la situation hydrologique actuelle du bassin de Bouregreg marquée par un déficit alarmant des apports en eau entrant au barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah, il a été envisagé d’avancer une 1ère tranche en urgence de la première phase du projet d’interconnexion reliant le barrage de garde Kodiat Borna et le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah.
Cette première tranche prévoit un débit de 15 m3/s afin de subvenir aux besoins en eau potable de la zone d’action d’environ 300 millions de m3 annuellement. Les études liées à cette composante du projet sont en cours de réalisation.
Les études de l'interconnexion Kodiat Borna-Sidi Mohammed Ben Abdellah (première tranche de la première interconnexion) sont ainsi lancées en parallèle avec l'étude d'impact du projet d’interconnexion des bassins du Sebou-Bouregreg-Oum Er-Rabia et Tensift.
Le titulaire de l'actuel appel d'offres doit donc prendre en considération, dans les différentes missions de cette étude, l’avancement du projet d’interconnexion en sa globalité.
Selon les données présentées, le projet d'interconnexion pourrait coûter entre 3 MMDH et 5,4 MMDH en fonction du tracé. Quelque soit le tracé, le projet vient dans le but d'optimiser la valorisation des ressources en eau et de réaliser une solidarité spatiale entre les bassins qui connaissent un surplus de ressources en eau, et ceux qui connaissent un déficit en eau.
4 MDH pour l'étude de l'impact environnemental et socioéconomique
L'étude d’évaluation de l’impact environnemental et socioéconomique et de la rentabilité économique de ce projet d’interconnexion sera gérée d’une manière coordonnée en impliquant les différentes parties prenantes : Direction de la Recherche et de la Planification de l'Eau (DRPE), Agence du bassin hydraulique de l'Oum Er Rbia, ONEE , Office régional de mise en valeur agricole, etc.
Le coût estimé de cette étude, qui doit être réalisée dans un délai de 12 mois, est de 4 millions de DH.
Quatre principales missions de l'étude
L'étude comporte quatre missions. La première porte sur l'identification et la description de la zone d’étude et de l’état des lieux. Cette partie consiste à faire le diagnostic de l’existant (milieux physiques, les milieux naturels et les milieux humains) et à comprendre le fonctionnement global et dynamique du territoire avec ses évolutions prévisibles en l’absence de mise en œuvre du projet d’interconnexion.
La seconde mission porte sur l'évaluation des impacts du projet d’interconnexion Sebou-Bouregreg-Oum Er Rbia et Tensift. La mise en place d’un projet d’une telle ampleur qui consiste entre autres de mettre en place de nouvelles infrastructures et de nouveaux ouvrages d’art (barrage, galeries, canaux,….etc) engendrera sans doute une perturbation des composantes des milieux naturel et humain. Sur la base des résultats de la première mission et les visites de terrains établis, le titulaire est appelé à déterminer les modifications qu'engendrera le projet d’interconnexion des bassins du centre sur les zones qui seront impactées par les travaux du futur projet et évaluer leurs conséquences prévisibles sur l'environnement naturel et socio-économique pendant et après les travaux.
La troisième mission porte pour sa part sur l'établissement d’un plan de gestion environnemental et social du projet.
Enfin, la quatrième mission porte sur le montage financier, organisationnel et évaluation de la rentabilité économique de ce projet.
Un projet d’une telle dimension, avec l’importance de l’étendue géographique de ses impacts, ne pourra pas se réaliser sans un montage financier et organisationnel permettant un partage des coûts et des risques et la participation des principaux bénéficiaires et ce dans une optique de limitation au niveau le plus faible possible de la contribution budgétaire de l’Etat.
Pour ce faire il doit faire un Benchmarking national et international et une étude critique sur les différentes possibilités de financement de ce projet en tenant en compte les spécificités de chaque bassin et la complexité du projet en lui-même. Le caractère novateur du projet nécessite de disposer d’une organisation structurée, qui permet à la fois le pilotage, la coordination permanente entre les différents acteurs, la mise en œuvre et le suivi de la réalisation du projet.
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