Qui est Marwan Elfitesse, à la tête des programmes de Station F ?
De la Silicon Valley à Microsoft, Marwan Elfitesse fait partie de l’équipe qui a mis sur pied Station F, un campus de startups. Portrait de ce trentenaire qui a contribué à dessiner les premiers contours et programmes de cette fabrique française de startups internationales.
Du haut de ses 36 ans, Marwan Elfitesse a intégré sa touche personnelle à la conception du plus grand campus de startups au monde, baptisé Station F, imaginé par Xavier Niel et dirigé par Roxanne Varza. En 2016, alors que le projet n’en était qu’à ses balbutiements, le jeune homme faisait déjà partie de l’équipe de réflexion, d’itération et de mise en place de Station F. Aujourd’hui, il est responsable des programmes de startups et des services d’investissement.
Né en France d’un père marocain et d’une mère française, Marwan Elfitesse a rejoint le monde de la Tech après des études de management et de marketing à l’EDHEC Business School.
Avant de rejoindre Station F, il s’occupait de la génération de leads dans une start-up spécialisée dans le cloud, installée dans la Silicon Valley. « Cette jeune pousse a pu lever 20 millions de dollars auprès d’Accel Partners et Sequoia Capital avant d’être rachetée par le géant Oracle », nous dit-il. Il rejoint ensuite Microsoft à Paris en tant que chef de produit Microsoft Azure. C’est là qu’il fait la connaissance de Roxanne Varza, qui dirige aujourd’hui Station F. Dès qu’elle a eu la clé du projet « Station F », elle l’a embarqué dans l’aventure. Lui choisit de s’investir dans des projets à impact dans l’écosystème des startups en France.
« Xavier Niel avait une vision : rassembler l’écosystème des startups dans un seul espace, répondre à leurs besoins de croissance et épouser la diversité et l’inclusion », le tout avec un budget de 250 millions d’euros, résume Marwan Elfitesse. L’enjeu était « d’exécuter cette vision ». Pari réalisé : l’annonce du lancement de Station F a été faite en décembre 2016 à Londres pour signer l’ambition internationale de ce campus avec une ouverture en juin 2017. « Un écosystème complet pour les startups a été créé. Il regroupe en un seul espace des programmes d’accompagnement, des fonds d’investissement, des fablab, des grandes entreprises et des services publics. »
Aujourd’hui, Station F est l’un des principaux acteurs d’accompagnement des startups. Depuis sa création en juin 2017, il a abrité plus de 5.000 startups et 27.200 entrepreneurs sur une superficie de 51.000 m².
Tech et inclusion, deux facettes d’une même pièce
Une trentaine de programmes y sont gérés, scindés en deux catégories : ceux chapeautés par des partenaires et les programmes dits « maison ».
Les premiers sont sélectionnés sur la base de problématiques sectorielles identifiées par des grands groupes désireux de collaborer avec des startups innovantes, comme le programme d’accélération du groupe LVMH, leader mondial de l’industrie du luxe, ou de la chaîne de télévision française TF1.
« Nos équipes s’assurent de la pertinence et de la qualité du programme, de la satisfaction des entrepreneurs et de l’impact sur les startups », indique Marwan Elfitesse. Pour la démarche, « c’est soit l’entreprise qui nous contacte pour évaluer le programme, soit nous identifions des partenariats pertinents et les contactons pour co-développer des programmes dédiés », précise-t-il.
Quant aux programmes « maison », ils entendent être un accélérateur de diversité et accueillir les dernières tendances. « L’un des objectifs majeurs de Station F est de mettre à disposition des ressources clés (réseaux, relations de pair à pair, services logiciels, programmes d’accompagnement, etc.) pour des startups en amorçage », indique notre interlocuteur.
Trois programmes sont pilotés et mis en œuvre directement par Station F : « Founders Program cible les jeunes startups de tout secteur au stade du prototypage ; Fighters Program est destiné aux profils en marge des réseaux traditionnels, notamment issus de milieux défavorisés et n’ayant pas accès aux mêmes ressources que les autres (originaires de quartiers défavorisés ou de zones rurales), ainsi qu’aux migrants et réfugiés ; Femtech Program, quant à lui, cible la santé et le bien-être des femmes sans tabous. »
Station F évolue constamment avec ces cohortes qui suivent ses 30 programmes différents. « On a récemment lancé un programme sur la blockchain avec Binance et le Future of Work avec Slack », annonce Marwan Elfitesse. Binance est une plateforme d’échange de cryptomonnaies mondiale, tandis que Slack est une plateforme de communication collaborative.
Composé d’une quarantaine de personnes, l’équipe permanente de Station F assure également un accompagnement transverse à tous ses entrepreneurs, comme l’organisation de workshops thématiques, la négociation d’offres de services préférentiels et la visibilité dans le cadre de l’initiative « Future 40 », tout en ayant l’oreille bienveillante des principaux investisseurs en capital-risque. « Notre promesse est de satisfaire les entrepreneurs. Nous déployons tous les moyens pour qu’ils réussissent », assure le trentenaire.
Travailler à Station F, c’est comme courir un marathon
A l’heure actuelle, plus de 1.000 startups et 3.000 personnes sont en train d’imaginer le futur. « La crème de la crème », nous glisse Marwan Elfitesse les yeux rieurs. Un tiers des startups proviennent de l’étranger. « Sur ce tiers, le Maroc représente la troisième communauté de startups étrangères après les Etats-Unis et le Royaume-Uni. »
Depuis son lancement, Marwan Elfitesse est à cheval entre la gestion des programmes et les rencontres avec les entrepreneurs. En plus d’attirer les talents de tous horizons, d’aider les startups à changer d’échelle et de les soutenir dans leur levée de fonds, il dit être impressionné par les entrepreneurs et leur soif d’innover et de changer le monde.
Petit déjeuner avec une start-up dans l’Agritech, déjeuner avec un développeur de solution logicielle pour la création de places de marché en ligne, pause-café avec le fondateur d’une plateforme de vente de vêtements de seconde main… Aucune journée ne ressemble à la précédente. Ces rencontres avec des personnes « tellement intelligentes, avec des parcours assez atypiques », imposent un rythme de travail quotidien riche et passionnant. Travailler à Station F, c’est comme courir un marathon.
Marwan Elfitesse est d’ailleurs un passionné de semi-marathons. Il explore également ses talents d’artiste à l’Ecole des Beaux-Arts, où il traduit sa créativité avec émotion une fois par semaine, en cours du soir. Ce qui reflète un peu son quotidien à Station F.
Sa soif d’apprendre ne s’arrête pas là. Il s’est inscrit à des cours du soir pour apprendre l’arabe classique et pimente ses week-ends par la lecture des romans de Naguib Mahfouz et Amin Maalouf.
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