Drones, radio tactiques, Barak-Mx... Le Maroc complète son système défensif
Les Forces armées royales ont amélioré leurs artilleries Sol-Sol et Sol-Air avec des systèmes défensifs interopérables et anticipatifs, tout en se protégeant contre d’éventuelles cyberattaques.
Dans son dernier numéro, la revue bimensuelle des Forces armées royales (FAR) a annoncé que le Maroc avait considérablement renforcé ses capacités opérationnelles, défensives et tactiques, en se dotant d’un ensemble de systèmes intégrés.
Sollicité par Médias24, l’expert militaire Abdelhamid Harifi confirme ces acquisitions, qu’il décrit comme des "avancées majeures dans la lignée des orientations stratégiques du Roi Mohammed VI". Détails.
Drones et système défensif aérien
En termes de défense aérienne, "la stratégie des FAR lancée en 2009 est en passe d’aboutir", indique Abdelhamid Harifi. Cette stratégie consiste à bâtir une défense aérienne multicouches et intégrée.
Pour y parvenir, les FAR ont acquis un système de guerre électronique, composé de systèmes anti-drones, de systèmes de brouillage de radar atmosphérique et anti-artillerie. "Ce système de guerre électronique est utile à la protection de l’artillerie sur les champs d’action, notamment contre les drones", précise l’expert militaire.
A cela, s’ajoutent des munitions de précision et des drones "Bluebirds". "Ils permettent de détecter une cible, de l’identifier et de s’assurer de la réussite d’une opération. Ces drones ont participé à l’amélioration de l’action de l’artillerie marocaine en zone sud", poursuit-il.
Le Maroc a également acquis des drones avec charge militaire (HARPI). Ces véhicules aériens sans pilote de combat, développés par Israel Aerospace Industries, sont aussi nommés "drone suicide" ou "drone kamikaze".
En outre, le Maroc, qui avait à son actif des systèmes de défense chinois de courte portée et moyenne portée (Sky Dragon 50), "a amélioré son système défensif aérien avec l’achat du Barak-Mx pour le volet longue portée", affirme M. Harifi.
"Le but du Barak-Mx est de dissuader l’ennemi d’utiliser ses capacités de missiles balistiques et de croisière. Comme l’a démontré la guerre menée en 2020 dans le Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, le Barak-Mx a un taux de réussite de 100% contre les missiles russes utilisés par l’Algérie."
Des systèmes radio tactiques multifonctionnels
Aussi performants soient-ils, les systèmes de défense marocains peuvent être sans réponse face aux cyberattaques. "On peut avoir le meilleur système de défense au monde, il devient inefficace si un hacker pirate le système de communication, aveugle les radars et brouille les communications", prévient notre interlocuteur.
C’est la raison pour laquelle une cellule spéciale a été mise en place par les FAR, afin d’étudier les possibles menaces électroniques et de développer les moyens d’y faire face. En ce sens, la récente annonce faite par les Etats-Unis est d’une importance capitale.
L’Agence américaine pour la coopération en défense et sécurité (Defense Security Cooperation Agency, DSCA) a en effet notifié le Congrès d’un prochain deal avec les Forces armées royales, incluant six systèmes radio tactiques multifonctionnels de distribution d’informations pour un montant de 141 millions de dollars.
"Ces systèmes sont essentiels pour la mutualisation et la gestion de l’ensemble des capacités sur le champ de bataille, en protégeant les communications entre le centre de commandement et les unités opérationnelles", indique Abdelhamid Harifi.
Au-delà de l’infrastructure que requiert l’intégration de l’ensemble de ces nouveaux systèmes de défense, le volet formation et accompagnement ne sont pas moins essentiels. Si les troupes militaires marocaines sont actuellement formées au système Barak-Mx, "des efforts sont encore à fournir dans ce domaine", conclut Abdelhamid Harifi.
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