Plan stratégique Stellantis Afrique Moyen-Orient : plus d’intégration, un zeste d’électrification
Stellantis vient de présenter son plan “Dare Forward 2030” pour la région Moyen-Orient et Afrique. Si elle reprend les grandes lignes de la stratégie globale du groupe, cette feuille de route s’en différencie par un rythme d’électrification plus modéré, qui impose une nouvelle organisation industrielle.
Quelques mois après la présentation de son plan stratégique “Dare Forward 2030”, Stellantis vient d’en exposer le volet spécifique à la région Moyen-Orient et Afrique, zone qui englobe (chez le constructeur) l’Afrique, le Moyen-Orient, la Turquie, le Pakistan et les territoires français d’outre-mer. Présentée par Samir Cherfan, directeur de Stellantis Afrique et Moyen-Orient, cette feuille de route reprend les grandes lignes de la stratégie globale du groupe : faire de Stellantis le n°1 du marché et une locomotive de la transition énergétique.
Devenir n°1 dans la région
Sur le premier volet, Stellantis ambitionne d’atteindre, avec ses dix marques, une part de marché de 22% à l’horizon 2030 (contre 13,8% aujourd’hui), correspondant à un volume d’un million de véhicules vendus. Un pari ambitieux que le groupe compte réussir en augmentant son taux de pénétration de 25% à 30% dans les pays d’Afrique du Nord et en Turquie, et surtout en mettant un coup d’accélérateur dans les marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Sud, où la présence de Stellantis relève pour l’instant de l’anecdotique (près de 2% de parts de marché). Le constructeur mise aussi sur la digitalisation de ses services et sur le développement du e-commerce: d’ici 2030, il espère réaliser un tiers de ses ventes dans la région à travers internet.
Ces gains de parts de marché devront s’accompagner d’une amélioration de la profitabilité dans les marchés de la zone, se fixant comme seuil une marge d'exploitation dépassant les 12%.
L’électrification ? À rythme modéré
Sur le volet de la transition énergétique, si le plan “Dare Forward 2030” global accordait une place prépondérante à l’électrification, c’est moins le cas pour sa composante dédiée à la région Afrique et Moyen-Orient. “Le rythme de la transition énergétique n’est pas le même dans toutes les régions. Il est particulièrement rapide en Europe, où l’on se dirige vers une configuration à 100% de véhicules électriques d’ici 2035, mais il l’est beaucoup moins dans les pays de cette zone, où le besoin en véhicules à motorisations thermiques sera encore présent à cette date”, argumente Samir Cherfan. Résultat, le plan produit prévoit le lancement de 55 nouveaux modèles à l’horizon 2030, dont seulement 25% de LEV (low emission vehicles), soit des véhicules hybrides ou hybrides rechargeables.
Une organisation industrielle revue
Cette distinction dans la typologie des marchés impose au groupe une nouvelle organisation industrielle. Celle-ci aura pour objectif premier le renforcement substantiel de l’autonomie d’approvisionnement au sein de la région, qui devra passer d’un taux actuel de 25% à plus de 70% à l’horizon 2030. En clair, sur l’objectif d’un million de véhicules vendus, 700.000 sortiront des usines de Stellantis installées dans la région, alors que les 300.000 restants seront importés de ses sites européens et nord-américains. Le flux des exportations à partir de la région ne faiblira pas pour autant, puisque 300.000 véhicules emprunteront annuellement le chemin inverse.
Dans le même esprit, le sourcing local sera également orienté à la hausse pour culminer à une valeur de 10 milliards d’euros, à travers la consolidation des capacités actuelles et l’élargissement de la base d'approvisionnement de quatre à sept pays (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte, Turquie, Israël et Afrique du Sud). Quant au taux d’intégration intra-régional, il est projeté à un objectif de 80% dans les grandes usines du groupe.
Un nouveau rôle pour l’usine de Kénitra ?
Reste une inconnue de taille : la présentation de la stratégie de Stellantis pour la région Afrique et Moyen-Orient n’a pas clarifié la place qu’occupera le site marocain dans cette nouvelle organisation industrielle. L’usine de Kénitra, où sont fabriquées les Peugeot 208, Citroën Ami et Opel Rocks-e, destine actuellement l’essentiel de sa production aux marchés européens. Va-t-elle conserver le rôle de site d’exportation vers le Vieux Continent, avec une future intégration de modèles électrifiés, ou s’orientera-t-elle progressivement vers la production de véhicules à motorisations thermiques, affectés exclusivement aux marchés du Moyen-Orient et d’Afrique subsaharienne ? Wait and see…
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