À cause du climat, baisse attendue de la production de tomates et risque de pénurie
La Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences de la sécheresse sur les prochaines récoltes de tomates, lors d’une réunion avec le ministère de l’Agriculture ce mardi 15 novembre.
En raison des conditions climatiques défavorables, une baisse de la production de tomates est à craindre, apprend-on auprès de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes (FIFEL). Ce qui ne sera pas sans conséquences sur les prix de ce fruit prisé à l’échelle nationale, mais aussi au niveau international.
Les représentants de la FIFEL ont justement eu une réunion à ce sujet avec Mohammed Sadiki, ministre de l’Agriculture, ce mardi 15 novembre à Rabat. Il a également été question de l’accélération de la procédure des autorisations d’extraction d’eau à partir des nappes phréatiques, mais aussi de l’exploitation idéale des eaux dessalées dans le cadre de l’irrigation.
La principale information qui ressort de cette réunion réside dans le risque d’une “prochaine pénurie de tomates dans les marchés”, précise à Médias24 un membre de la FIFEL présent lors de cet aparté.
La singularité des conditions climatiques actuelles, notamment dans la région Souss-Massa, où la production de tomate est capitale, explique en grande partie la baisse de production attendue. En effet, lorsque les températures approchent les 30 degrés, comme c’est le cas au cœur de l’automne, ce mercredi 16 novembre, les rendements des cultures de tomates peuvent considérablement chuter.
“Une exposition excessive au soleil et des températures trop élevées assèchent les plants de tomates, qui ne peuvent plus produire de nouveaux fruits”, explique notre interlocuteur. Dès lors, le rendement du cycle de la tomate, qui dure entre quatre et sept mois, selon les variétés, risque d’être en deçà des attentes.
Cette prévision met également à découvert la problématique de la rareté des ressources hydriques, à laquelle sont confrontées plusieurs régions. Et principalement celle de Souss-Massa.
Une pénurie d’eau chronique dans le Souss
Alors que la production de tomates risque d'accuser une baisse sensible, les agrumes sont également concernés. Après avoir perdu espoir en une météorologie plus clémente, certains agriculteurs ont même dû arracher leurs vergers. Cette pratique leur permet de limiter les pertes en termes d’investissement. Résultat : 20% à 30% de la superficie du verger du Souss ont été perdus.
Car quand le ciel n’ouvre pas ses vannes, l’agriculture de la région est habituellement irriguée à partir des barrages ou des eaux souterraines. Sauf que la pluviométrie est très faible, et l’affaissement de la nappe phréatique est inquiétant.
S'agissant des barrages, lors de la session des questions orales à la Chambre des conseillers, ce lundi 14 novembre, le ministre de l’Agriculture a indiqué que les barrages agricoles disposaient actuellement d’une réserve totale de 3,2 milliards de m³ (MMm³). Moins de 20% de ces ressources, soit “600 Mm³, seront réservées à l’irrigation”, a-t-il ajouté. La majorité des ressources en eaux des barrages agricoles seront donc allouées à l’alimentation en eau potable des populations avoisinantes.
Bien que le Souss-Massa fasse partie des rares régions où l’irrigation à partir des barrages agricoles sera temporaire, les agriculteurs lorgnent désormais les eaux souterraines. D’ailleurs, le pompage à partir des nappes phréatiques sera accordé après dérogation.
“Mais la procédure dans le cadre de cette dérogation est trop longue”, déplore un membre de la FIFEL, dont les représentants espèrent “une réduction du temps de traitement de cette dérogation”. Notre interlocuteur nous apprend que “Mohammed Sadiki a été réceptif à leur requête”.
Pour l’heure, aucune mesure n’a été annoncée par le ministère de l’Agriculture, qui compte sur la station de dessalement de l’eau de mer de Chtouka-Aït Baha pour tenter de régler le problème de stress hydrique dans la région Souss-Massa.
Toutefois, les cultures qui seront irriguées par cette eau dessalée devront être judicieusement choisies. Du fait du coût élevé de la désalinisation de l’eau, “la réunion nous a permis de nous accorder sur l’importance de réserver ces ressources aux cultures rentables”, conclut un représentant de la FIFEL.
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