Green OpenLab lance un concours d’Open Innovation pour le secteur agricole
Green OpenLab, la ferme pilote digitalisée pour l’écosystème agricole lancée par l’ancien patron d’Alten, Amine Zarouk, invite les startups à participer à un concours d’Open Innovation pour répondre aux problématiques des agriculteurs.
Lancée il y a un peu plus d’un mois et érigée sur quatre hectares dans la province de Sefrou, Green OpenLab est une ferme connectée qui se vend comme un nouveau modèle agricole, où sont harmonieusement installés des espaces d’accompagnement technologique des agriculteurs et d’accélération des startups.
Lundi 28 novembre, Green OpenLab a annoncé le lancement de son nouveau programme "Green Open Challenge" (GOC), un concours d’Open Innovation dont le but est de résoudre des problématiques exprimées par les agriculteurs. Il s’agit d’un mode d’innovation basé sur la collaboration, qui consiste à réfléchir à des réponses non pas en vase clos, mais en se fondant sur la créativité de plusieurs parties prenantes. Ici, ce seront les agriculteurs, les startups Agritechs, l’accélérateur de Green OpenLab et les organismes publics dédiés au secteur de l’agriculture.
Ce programme a d’ores et déjà préparé et accompagné trois agriculteurs à lancer des défis aux étudiants, jeunes diplômés et jeunes entrepreneurs âgés entre 18 et 45 ans, qui habitent dans la région de Fès-Meknès. Ces derniers devront apporter des solutions concrètes, dans le cadre d’un hackaton, à l’une des trois thématiques suivantes : changement climatique ; insectes ravageurs et produits phytosanitaires. Ils ont jusqu’à fin décembre pour déposer leur candidature sur le site www.greenopenchallenge.com.
Les trois porteurs de projets gagnants bénéficieront d’un financement pour la réalisation de leurs prototypes techniques, d’un accompagnement agronomique, technique, entrepreneurial et commercial grâce à l’accélérateur Lab-to-Market de Green OpenLab, et de la plateforme de démonstration de FirmaTech. Cet accompagnement durera jusqu’à la réalisation de leur première vente et le Démo Day final à l’occasion du SIAM 2023 à Meknès.
“Nous voulons croiser la créativité des entrepreneurs Agritech avec les agriculteurs, surtout les petits exploitants qui ont une crainte quant à l’usage de la technologie dans leurs champs. Notre but est de leur démontrer l’efficacité des solutions innovantes sur les pratiques agricoles, ce qui leur permettra de voir l’usage des nouvelles technologies comme une opportunité et non comme une intrusion”, constate le fondateur de Green OpenLab, Amine Zarouk, ancien patron d’Alten au Maroc, qui a quitté ses fonctions début 2021.
L’objectif de ce concours est d’intégrer les agriculteurs aux processus d’innovation et d’intensifier leur savoir-faire. Pour les startups, elles pourront tester leur projet de manière concrète et opérationnelle sur le terrain. “Ce qui facilite la remontée des retours des agriculteurs en temps réel. Les startups peuvent ainsi construire des solutions mieux adaptées à la réalité des agriculteurs”, estime Amine Zarouk.
L’Open Innovation pour irriguer la transformation digitale de l’agriculture
A travers ce défi, “nous allons sélectionner des solutions qui collent aux besoins des agriculteurs et faire en sorte de les valoriser, les faire grandir, accélérer leur mise sur le marché et les connecter avec l’écosystème agricole”, s’enthousiasme Amine Zarouk.
Son goût et son talent pour les sujets technologiques, couplés à sa passion discrète pour l’agriculture, l’ont amené à développer Green OpenLab, qui favorise des mises en relation qui n’auraient jamais eu lieu autrement, entre les entrepreneurs Agritech et les agriculteurs. L’objectif est d’amener l’agriculteur à collaborer et à tisser d’étroites et vertueuses relations avec son écosystème externe.
“Il est très clair que l’agriculture est l’un des actifs majeurs du Maroc ; la pertinence d’accompagner ce secteur par les moyens adéquats s’accroît de plus en plus. Le pays s’intéresse de plus en plus à la transition technologique du secteur, notamment à travers la stratégie Génération Green 2020-2030, qui est le véritable moteur de ce projet”, rappelle-t-il.
Selon Amine Zerouk, l’Open Innovation est l’un des trois piliers de la transformation digitale de l’agriculteur, en plus de “la proximité, car la communauté technologique s’implante sur une zone agricole pour devenir un environnement familier pour l’agriculteur ; et du learning by doing, car l’agriculteur est pragmatique, il a besoin de voir la solution qui fonctionne. Nous l’assistons par exemple à faire une analyse du sol lui-même en ramenant sa propre terre”, souligne-t-il.
Son objectif est d’assurer une montée en compétences digitales et une préparation à l’usage des technologies pour accompagner une nécessaire transition agricole. L’objectif ultime est de renforcer la résilience des exploitations, d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources et d’accroître la productivité par l’utilisation assistée des solutions intelligentes.
Amine Zarouk rêve de créer des écosystèmes locaux du secteur de l’agriculture. “Nous allons développer des clusters au sein de la ferme connectée, qui vont regrouper les acteurs de la transformation technologique pour fournir des services sur-mesure sur toute la chaîne de valeur agricole, afin d’accompagner de bout en bout les agriculteurs qui veulent se moderniser”, explique notre interlocuteur.
"Nous en sommes aux prémices d’un projet nouveau qui se veut systémique et collaboratif, et qui tend vers un écosystème d’outils innovants et environnementaux pour l’agriculture de demain”, affirme-t-on. Dans les mois à venir, de nouvelles offres de proximité seront mises à disposition des petits exploitants, et d’autres fermes connectées fleuriront dans les principales régions agricoles du pays. Et dans les années à venir, ce modèle agroécologique sera dupliqué avec des partenaires en Afrique subsaharienne, en commençant par le Sénégal, le Nigéria et le Kenya.
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