Accords de pêche Maroc-UE : “Le Royaume dispose de leviers forts” (Mohammed Sadiki)
En marge de sa participation au Green Week de Berlin, le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, s'est voulu rassurant sur la position du Maroc concernant les prochaines négociations pour le renouvellement de l'accord de pêche avec l'Union européenne.
Le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Mohammed Sadiki, a pris part le 19 janvier à l’ouverture officielle de la 87e édition de la Semaine verte internationale de Berlin, qui se déroule jusqu’au 29 janvier.
Cette manifestation mondiale, consacrée à l’alimentation, l’agriculture et l’horticulture, regroupe les consommateurs, les décideurs, les opérateurs des chaînes de distribution et les chercheurs en innovation agricole. L’édition de cette année, qui a rassemblé plus de 1.880 exposants venus d’une soixantaine de pays, prévoit d’accueillir plus de 400.000 visiteurs.
La participation du Maroc à la Semaine verte de Berlin vise à renforcer les acquis du Royaume dans le domaine de l’exportation des produits agroalimentaires et d’explorer de nouveaux débouchés pour l’offre marocaine dans le circuit international.
Le ministre a inauguré, ce vendredi 20 janvier, le pavillon marocain qui met en avant la diversité et la qualité des produits de terroir présentés par une vingtaine de coopératives et de groupements d’intérêt économique, de différentes régions du Royaume.
A cette occasion, Mohammed Sadiki s'est entretenu avec le ministre fédéral de l'Alimentation et de l'agriculture, le président de la Commission de l’agriculture et de l’alimentation au Bundestag, le Secrétaire d’Etat au ministère de l’Agriculture et des ressources animales de la République du Rwanda, et le Commissaire européen de l’Agriculture.
En marge de cet événement, Médias24 a pu rencontrer le ministre pour l’interroger sur les enjeux de cette visite et sur la question du renouvellement des accords de pêche.
Médias24 : Quels sont les enjeux de la visite en Allemagne en ce moment particulier ?
Mohammed Sadiki : La participation du Maroc à ce salon coïncide avec un contexte très particulier que vit le monde. D’abord un contexte de flambée des prix et aussi de fluctuations importantes. Un contexte politique également. Notre objectif est de renforcer les relations existantes, surtout avec l’Allemagne. Elles sont déjà excellentes, mais nous cherchons à les renforcer encore davantage sur le plan économique, mais aussi politique, avec le soutien de la position marocaine. Il s’agit aujourd’hui de valoriser tout cela et d’élargir le côté économique. C’est l'occasion de rencontrer de nombreux responsables allemands, que ce soit au niveau du Parlement allemand, avec notamment le président de la Commission agriculture et alimentation ou le ministre fédéral allemand. Nous profitons aussi de notre visite pour rencontrer d’autres ministres européens de l’Agriculture, car le salon coïncide avec le Forum mondial de l’agriculture, qui se tient cette année sur la souveraineté alimentaire et les systèmes alimentaires face au changements climatiques. Une opportunité extrêmement importante d’échanges et de renforcement des relations.
- Cette année, le Maroc a réalisé un record en termes d’exportations agricoles. Est-ce un palier ou une année exceptionnelle ?
- Le contexte difficile actuel donne au Maroc raison par rapport aux choix faits auparavant, notamment avec le lancement du Plan Maroc vert, grâce à la vision de Sa Majesté qui a lancé les Assises d’une souveraineté alimentaire dès le départ, avec pour objectif de valoriser les produits agricoles. Cette performance des exportations vient de là. Le contexte aujourd’hui agit énormément sur le système alimentaire, sur l’approvisionnement des marchés.
Les exportations des produits marocains ont augmenté en quantité, mais surtout en valeur. Nous avons su maintenir l’équilibre d’approvisionnement de notre marché national, puisque rien ne manque. Mais aussi de valoriser les exportations marocaines. 80 milliards de dirhams pour le secteur alimentaire et agroalimentaire, pêche et agriculture inclus, c’est un chiffre record, et il s’agit bien d’un palier. Le futur est très prometteur, puisque de nombreux produits qui ne sont pas encore transformés peuvent l’être aujourd’hui. Toute la question est de pouvoir valoriser dans le pays ces productions et de garder le maximum de valeur ajoutée localement à travers la transformation.
- Malgré les risques de changements climatiques ?
- Oui, bien sûr ! Toute la question des choix qui ont été faits est de s’adapter aux changements climatiques. Ces changements sont une réalité, ils sont là. Il faut s’adapter. C’est aussi une question de temps. Il n’y a que la technologie et la recherche qui permettent de produire plus avec moins de ressources. C’est ça l’équation des changements climatiques. L’expérience du Maroc en matière de gestion de l’irrigation donne aujourd’hui ses fruits, et ce n’est pas fini. Nous avons encore de la marge en termes d’amélioration de l’économie de l’eau, de son utilisation, mais aussi dans le choix des cultures. C’est sur ces thèmes que nous allons nous focaliser à l’avenir, sachant que nous avons déjà parcouru un bon bout de chemin.
- On parle de plus en plus de rediscuter l’accord de pêche avec l’UE. Est-ce que vous pouvez dresser un état de la situation, et ces discussions risquent-elles de s’étendre au secteur agricole ?
- Les discussions n’ont pas, à proprement parler, commencé puisque l’accord de pêche court toujours. Et comme je l'ai rappelé, les performances des filières de production, que ce soit pour les secteurs agricole, de la pêche ou de l’aquaculture qui monte en puissance, sont des assises très importantes et très puissantes. Ce sont des leviers qui nous permettent d’être en position très forte en matière de discussions et d’accords.
- Même si l’on ressent une hostilité de la part du Parlement européen vis-à-vis du Maroc ?
Il y a le niveau politique et le niveau économique. Le Maroc est dans une position forte. Aujourd’hui, on ne peut pas ne pas avoir de concurrence. Ce sont nos concurrents qui font cela. Nous, on fait la différence entre le Parlement, la Commission européenne, et les instances officielles des différents pays. Nous avons eu une discussion bilatérale avec mon homologue et d’autres responsables allemands, et on a eu de bons retours avec des encouragements de leur part pour renforcer davantage nos relations.
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