img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
CULTURE

Plongée à 360° dans le monde de la parure marocaine

REPORTAGE. "Oudayas, Musée national de la parure" ambitionne de dépoussiérer les ornements millénaires du pays. Depuis son ouverture le 9 janvier, il a drainé pas moins de 40.000 visiteurs.

Plongée à 360° dans le monde de la parure marocaine
"Oudayas, Musée national de la parure" offre à ses visiteurs, depuis le lundi 9 janvier 2022, une scénographie inédite d’une exposition permanente dédiée à la parure marocaine.
Par
Le 24 janvier 2023 à 13h54 | Modifié 24 janvier 2023 à 14h44

Niché dans la Kasbah des Oudayas, dos à l’embouchure du Bouregreg, "Oudayas, Musée national de la parure" offre à ses visiteurs, depuis lundi 9 janvier, une scénographie inédite d’une exposition permanente dédiée à la parure marocaine. Un parcours enrichi par la mise à disposition de la collection personnelle de bijoux amazighs du Roi Mohammed VI.

Médias24 est parti à la découverte de cet édifice muséal. Et il faut bien le reconnaître, tout ici impressionne, transporte et émerveille. Visite guidée.

Une exposition quintuple

Dès l’entrée, un jardin à couper le souffle transporte le visiteur dans un univers féérique, selon les règles de l’art hispano-mauresque. Agrémenté d’une mosaïque de plantes et de fleurs entremêlées, le jardin rappelle l’atmosphère et la tradition de l’habitat marocain traditionnel, le riad.

Entouré de dizaines de buissons multicolores, un petit chemin conduit le visiteur jusqu’à la porte du musée. Une exposition s’offre dès lors à lui, à travers un parcours composé de cinq sections qui mettent en valeur une approche monographique sur quelques aspects des bijoux et des caftans marocains.

La première salle est dédiée à l’évolution historique de la parure marocaine et sa chaîne opératoire de fabrication. Plusieurs ornements issus de différentes époques y sont exhibés, à l’instar de coquilles perforées, vieilles de 150.000 ans, ou de bagues en or datant du VIIIe siècle.

"Ces anciennes parures viennent témoigner de l’intérêt ancestral pour l’esthétisme et le symbolisme au Maroc. Par le biais de cet aperçu historique, nous cherchons à ce que le Marocain renoue avec son Histoire", explique Zainab Diouri, conservatrice adjointe du Musée national de la parure.

Le costume traditionnel marocain 

Le costume traditionnel est au cœur de la deuxième salle d’exposition. Le public y découvre le costume national citadin, ses particularités et ses centres de production, notamment Fès, Rabat et Tétouan. Les visiteurs sont également amenés à apprécier le costume rural, en provenance de l’Anti-Atlas, du Moyen-Atlas et de Jbala.

"Quand nous évoquons la parure, nous pensons forcément aux bijoux. Mais la parure, c’est beaucoup plus vaste que cela : c’est l’art de l’apparat. Elle comprend tout objet dont nous nous servons pour nous embellir", précise Zainab Diouri.

Dans la troisième salle, le public a rendez-vous avec la parure portée par les hommes, composée principalement de fusils, poignards et mousquets, et des harnachements équipant le cheval, comme la selle, l’étrier et le harnais.

Une collection riche qui s’ajoute aux autres, exhibées dans les quatrième et cinquième salles, respectivement dédiées à la parure amazighe et aux bijoux urbains.

Bijou rural et bijou citadin

"Au Maroc, nous distinguons deux types de bijoux : le bijou rural et le bijou citadin. Chacun présente des variétés et des particularités locales ou régionales", poursuit la conservatrice.

Le bijou rural, exclusivement en argent, révèle les différentes techniques de fabrication (niellage, filigrane, gravure, ajourage...). Ses centres de production les plus importants sont situés dans les ateliers de l’Anti-Atlas à Tiznit, Idda ou Nadif.

Le bijou citadin, généralement en or ou en argent doré, constitue l’essentiel des accessoires de la parure féminine. Il comprend entre autres le "Taj" (couronne de la mariée), la "Lebba" pectorale (collier enrichi d’or et de pierres précieuses), les boucles d’oreilles et les bracelets en or massif. Ces bijoux sont portés à l’occasion de grandes cérémonies comme les fiançailles et le mariage.

Toutes les collections exposées dans le musée proviennent d’acquisitions du ministère de la Culture, de donations de particuliers ou de découvertes archéologiques.

Notre interlocutrice rappelle que le Roi a mis à disposition sa propre collection de bijoux. "Sa Majesté nous a gratifiés d’un geste d’une extrême générosité, en partageant sa collection personnelle de bijoux amazighs, d’une rare beauté, afin qu’elle soit admirée par les visiteurs."

Une affluence record

Ce parcours muséal riche et varié connaît une très grande affluence. Au cours des huit premiers jours qui ont suivi l’ouverture du musée, 40.000 visiteurs, marocains et étrangers, s’y sont rendus.

"Nous avons été surpris par ce succès. C’est vraiment extraordinaire. Nous sommes heureux de recevoir tous ces visiteurs, même s’ils sont déjà chez eux", s’enthousiasme Zainab Diouri. "Car ce musée est avant tout un espace de vie."

A la question de savoir pourquoi est-il si important de consacrer un espace muséal à la parure, Zainab Diouri répond : "La parure, c’est le miroir d’un peuple. C’est une manière de montrer la diversité culturelle, d’exposer toutes les influences de la société et de la culture marocaines."

"En offrant cette possibilité de se connaître, on offre aussi la possibilité de connaître autrui et de s’ouvrir sur les autres cultures. La culture, ce n’est pas un luxe, c’est un enjeu stratégique. Se cultiver est aussi un droit, d’où l’importance d’un musée national de la parure", renchérit la conservatrice.

Le bâtiment qui abrite l’actuel espace muséal fut la résidence du fils du sultan Moulay Ismail, Moulay Ahmed Eddahab. En 1917, à l’issue d’une restauration entière, la construction fut également le siège du service français des arts indigènes.

En 2006, le bâtiment devient le "Musée national des bijoux", dont la gestion est confiée en 2014 à la Fondation nationale des musées (FNM). Une restauration récente (achevée en 2022), dans le cadre d’un partenariat entre la FNM, le ministère de la Culture et la Wilaya de Rabat, a permis d’insuffler un nouveau souffle à cet espace, désormais baptisé "Oudayas, Musée national de la parure".

 

"Oudayas, Musée national de la parure"
Ouvert tous les jours de la semaine (sauf le mardi) de 10 heures à 18 heures.

Tarifs : 15 DH pour les moins de 18 ans, 30 DH pour les adultes marocains, 60 DH pour les visiteurs étrangers.
L’accès est gratuit pour les élèves et les étudiants chaque mercredi.
L’accès est gratuit pour les Marocains, les résidents étrangers et les étudiants chaque vendredi.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 24 janvier 2023 à 13h54

à lire aussi

Ligue des champions de la CAF : l’AS FAR élimine la RS Berkane et rejoint Mamelodi Sundowns en finale
Football

Article : Ligue des champions de la CAF : l’AS FAR élimine la RS Berkane et rejoint Mamelodi Sundowns en finale

Battu 1-0 à l’extérieur, le club rbati a validé son billet grâce à son succès 2-0 à l’aller, retrouvant l’ultime rendez-vous continental pour la première fois depuis 1985, où il avait été sacré.

Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Quoi de neuf

Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang

Le ministère marocain de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.

Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement
DIPLOMATIE

Article : Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement

Sur Medi1TV, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères a présenté l’issue "politique" du différend autour des provinces du Sud comme un facteur d’accélération d’une dynamique européenne déjà amorcée sur le terrain.

Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
NATION

Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8

Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.

Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
CULTURE

Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse

Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.

Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Defense

Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise

Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité