Boycott du système Massar : les enseignants concernés encourent des sanctions
Certains enseignants des Académies régionales de l’éducation et de la formation continuent de boycotter la plateforme Massar, en refusant de livrer les notes et feuilles des contrôles continus. Selon nos informations, ils risquent des sanctions.
Les actions revendicatives de certains enseignants des académies se poursuivent. Ces derniers s'opposent toujours à l’accord du 14 janvier 2023, portant sur le statut unifié des fonctionnaires de l’Education nationale.
Ils boycottent depuis le début de l’année scolaire la plateforme Massar. Malgré de nombreuses correspondances des directeurs provinciaux, ces enseignants continuent de refuser de livrer les notes et feuilles de contrôles continus, privant ainsi les élèves de leur bulletin semestriel.
Ces agissements, dont le but est de faire pression sur le ministère de l’Education nationale, ne sont pas sans conséquence sur les élèves et suscitent le ras-le-bol des parents. Dans un communiqué publié le 1er février, la Fédération nationale des associations des parents d’élèves du Maroc (FNAPEM) regrette et refuse que certaines personnes entraînent les élèves dans leurs conflits avec le ministère de l’Education nationale.
"Ces actes impactent négativement la psychologie des étudiants", estime la Fédération, qui dénonce la non-tenue "de nombreux conseils de classe pour évaluer les résultats du premier semestre de l’année scolaire en cours".
Et d’ajouter que les élèves les plus impactés "sont ceux des niveaux certifiants, qui ont besoin de leurs bulletins pour postuler aux écoles nationales et internationales dont les places sont limitées".
En réponse à ce communiqué, la Coordination des enseignants des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF), qui se disent encore "contractuels", fait savoir aux parents, dans un document datant du 2 février, que "tous les examens ont été corrigés dans les salles de classe en présence des étudiants, qui ont pris connaissance de leurs notes".
"Les enseignants permettront également aux parents de consulter les notes de leurs élèves, à leur demande. L’action de boycott vise les responsables du secteur de l’enseignement. Son objectif n’est donc pas de priver vos enfants de leurs résultats", indique le document. "Il est fort probable que les notes du second semestre ne soient pas non plus livrées si nos revendications ne sont pas entendues", préviennent-ils.
Notons toutefois que certaines académies ne sont pas concernées par cette problématique.
Des sanctions prévues à l’encontre des enseignants concernés ?
L’année scolaire est divisée en deux semestres, à l’issue desquels des bulletins sont livrés aux étudiants. Cette action est cependant précédée par la saisie des notes des contrôles continus par les enseignants sur la plateforme Massar.
Jointe par Médias24, une source proche du dossier explique que "cette opération a connu un retard dans certains établissements lors du premier semestre de l’année scolaire 2022- 2023". "La situation diffère d’une AREF à une autre. Dans certaines régions, la saisie a presque été achevée. Ce n’est donc pas général", ajoute notre interlocuteur
Et de poursuivre : "La livraison des bulletins est un droit des élèves mais aussi des parents. Cela leur permet d’évaluer le travail de leurs enfants. Ces bulletins permettent également aux différents établissements de détecter les failles, sur la base desquelles des actions sont entreprises en faveur des étudiants concernés, notamment la programmation de séances de soutien."
"Par le refus de livrer les notes des contrôles continus, certains enseignants manquent à leurs engagements, ce qui requiert les mesures disciplinaires nécessaires."
Selon nos informations, des correspondances dans ce sens ont déjà été adressées par des gouverneurs aux directeurs provinciaux concernés par cette problématique.
"L’accord signé le 14 janvier entre le gouvernement et les syndicats du secteur donne lieu à un ensemble de nouveautés, notamment le statut unifié des fonctionnaires de l’Education nationale. A présent, il doit être mis en œuvre dans les meilleures conditions possibles", conclut notre source.
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