Coupe du monde 2030 : quelle place pour le Maroc dans la candidature tripartite ?
Une candidature conjointe est également une répartition des charges d'organisation et de ses principaux événements que sont les matchs, surtout les plus courus et spectaculaires d'entre eux : ouverture, demi-finales, finale. Quelle sera la part du Maroc dans ce partage ?
Les discussions entre le Maroc, l'Espagne et le Portugal vont commencer pour finaliser la candidature conjointe. L'une des questions les plus délicates concernera la répartition des moments phares de cette Coupe du monde 2030, et notamment trois éléments :
- où se déroulera le match d'ouverture ?
- où se déroulera la finale ?
- combien de matchs pour chaque pays ?
Mais le pays pourra-t-il se tailler une part intéressante pour ce qui est des matchs ?
S'ils ne disposent pas d'ici là d’un stade de plus de 80.000 places, le Maroc et le Portugal ont peu de chances d’accueillir le match d’ouverture ou la finale du Mondial 2030, contrairement à l’Espagne. En revanche, le Maroc pourra organiser des rencontres de la phase de groupes, des huitièmes et des quarts de finale.
A l’image de la Coupe du monde 2026, la répartition des rencontres entre l’Espagne, le Portugal et le Maroc risque d’être déséquilibrée. Pour preuve, lors de l’édition 2026, qui coïncide avec l’entrée en vigueur du nouveau format de 48 équipes réparties en 12 groupes, les Etats-Unis vont accueillir la majorité des rencontres.
Le nouveau format mobilise 16 villes hôtes. Le tournoi comptera 104 matches sur 39 jours, contre 64 rencontres en 29 jours en 2022. Sur les 104 matchs du Mondial 2026, les Etats-Unis vont accueillir 78 matchs contre 13 pour le Mexique et 13 pour le Canada.
Si des représentants de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) sont réunis ce mercredi 15 mars à Kigali, au Rwanda, avec leurs homologues espagnols et portugais pour discuter des modalités de cette organisation tripartite, un document du gouvernement espagnol, relayé par la station de radio Cadena SER, laisse penser que l’Espagne sera le plus grand bénéficiaire du Mondial centenaire. Ce document est toutefois antérieur à l'inclusion du Maroc dans la candidature Espagne-Portugal.
Des stades d’une capacité d’au moins 40.000 places
Chaque Coupe du monde mobilise un minimum de 12 stades. D’après le document du gouvernement espagnol précité, qui est antérieur à l’officialisation de la candidature conjointe entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal, 14 stades devraient accueillir la Coupe du monde 2030, dont onze en Espagne. Et donc seulement 3 au Portugal.
Selon un communiqué de la Fédération royale espagnole de football (RFEF), "15 sites ont été présentés pour en choisir finalement 11 dans notre pays". Des stades parmi lesquels Santiago Bernabéu et le Wanda Metropolitano (tous deux à Madrid), le Camp Nou (Barcelone), le Nuevo Mestalla (Valence) et San Mamés (Bilbao).
De fait, seulement trois stades devaient être situés au Portugal. Mais depuis l’officialisation de la candidature du Maroc, les cartes devraient être rebattues. Du moins concernant la phase de groupes, les huitièmes et les quarts de finale.
Partant du principe que le match d’ouverture et la finale se déroulent historiquement dans des stades d’au moins 80.000 places, l’Espagne est la mieux placée pour accueillir ces deux rendez-vous de prestige, notamment au Camp Nou (Barcelone) ou au Santiago Bernabéu (Madrid). En revanche, ni le Maroc ni le Portugal ne possèdent actuellement des stades d’une telle capacité.
Au Portugal, l’Estádio da Luz, la plus grande enceinte du pays, ne compte que 65.647 places, suivi du Estádio do Dragão (50.399) et de l’Estádio José Alvalade (50.076). En attendant le Grand Stade de Casablanca, d’une capacité de 92.000 places, le plus grand écrin du pays ne dépasse pas les 62.000 places (Grand Stade de Tanger).
Certes, s'il ne peut accueillir le match d’ouverture ou la finale de la Coupe du monde 2030, il est amplement suffisant pour abriter des rencontres de la phase de poules, des huitièmes, des quarts et demi-finales.
Et pour cause, la capacité exigée, hors match d'ouverture et finale, est comprise entre 40.000 et 60.000 places. Ce qui est le cas du Complexe Prince Moulay Abdellah (Rabat) ou du Grand Stade de Tanger, comme l’atteste le document relayé par Cadena Ser :
- avoir un stade avec un minimum de 40.000 spectateurs pour les matchs de la phase de groupes ;
- avoir un stade avec un minimum de 60.000 spectateurs pour les matchs des demi-finales ;
- avoir un stade avec un minimum de 80.000 spectateurs pour les matchs d’ouverture et la finale.
Les infrastructures d’accueil et de transport au niveau
En termes d’infrastructures hôtelières et de transport, le Maroc n’est pas moins bien loti que l’Espagne ou le Portugal, au regard des exigences nécessaires, indiquées par le gouvernement espagnol sur la base des règles édictées par la FIFA. Règles qui n’ont pas encore été officialisées.
Le pays dispose d’espaces extérieurs à proximité des stades assez grands pour y installer tous les services complémentaires (TV, sécurité…), d’aéroports dans un rayon de 40 km par rapport au stade, mais aussi de gares ferroviaires ou de fan zones. Idem pour les aires de stationnement jouxtant les stades, d’une capacité minimale de 5.000 places, et les hôtels 5 étoiles à moins de 40 km des stades.
A la lumière de ses éléments, le Royaume possède les atouts nécessaires pour remplir le cahier des charges défini par l’Espagne dans le cadre de sa candidature avec le Portugal. Maintenant que le Maroc fait partie de l’équation, les modalités seront débattues. D’autant que le cahier des charges officiel relatif à l’organisation de la Coupe du monde 2030 ne sera dévoilé qu’à partir de juin 2023.
Les pays hôtes seront quant à eux désignés lors du second semestre 2024.
Le Maroc officiellement candidat pour la Coupe du monde 2030 avec l'Espagne et le Portugal
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