Après la JV avec Vivo, un entretien avec Pierre Raillard sur les avancées des projets de gaz de Chariot au Maroc
Après l’annonce du nouveau partenariat entre Chariot et Vivo Energy Maroc pour la fourniture et la distribution de gaz naturel au Maroc, Médias24 a interrogé Pierre Raillard, directeur pays du groupe Chariot sur plusieurs sujets cruciaux en lien avec l’activité d’exploration gazière de l’entreprise britannique dans le Royaume. Eclairage.
- Notre stratégie est de donner la priorité aux marchés marocains.
- Anchois: nous avançons sur le financement.
- Licence Rissana: acquisition de données sismiques fin 2023.
Médias24 : Votre actualité concerne le nouveau partenariat noué avec Vivo Energy Maroc pour la fourniture et la distribution de gaz naturel au Maroc. Quelle part de la production du projet Anchois de gaz sera réservée à Vivo Energy Maroc ? Et avez-vous, dans le pipe, ce type de partenariat avec d’autres acteurs privés de commercialisation et de distribution de carburants au Maroc ?
Pierre Raillard : Notre stratégie est de donner la priorité aux marchés marocains (de l’industrie et du secteur électrique). Une étape immédiate du partenariat avec Vivo Energy est de dimensionner la demande existante du tissu industriel marocain de façon à mettre en place la meilleure solution technique et économique pour y répondre. Nous savons que cette demande est à fort potentiel et que la production existante, à ce jour, est insuffisante pour y répondre. Nous souhaitons faire partie de la solution. C’est notre premier partenariat de ce type, c’est un partenariat Gas to Industries.
-Où en êtes-vous dans les prospections du puits Anchois et de la licence Lixus ?
-Comme vous le savez, nous avons foré le puits Anchois 2 en décembre 2021 / janvier 2022 et confirmé la mise du champ en développement le plus rapidement possible. Nous avons lancé et finalisé les études d’ingénierie pour la conception du développement offshore, qui comprendra initialement trois puits de production, la centrale de traitement de gaz (pour une capacité de traitement 1 milliard de m3 par an) et du gazoduc qui nous connectera au GME. Les études d’impact environnemental et social sont en cours, les enquêtes publiques ont démarré dans les provinces concernées et nous avançons sur le financement du projet.
-Êtes vous dans les délais pour l’extraction du gaz pour le permis d’exploration Lixus et le projet Anchois ? A quand l’extraction du premier m3 de gaz au niveau de l’Atlantique Nord jusqu’à Mohammedia ?
-Tout d’abord, je souhaiterais rappeler que nous avons déjà extrait du gaz durant la récente campagne de forage qui fut couronnée de succès puisqu’un certain nombre d’échantillons ont été pris et nous ont permis d’analyser la composition du gaz ainsi que d’autres caractéristiques techniques, notamment concernant la qualité des réservoirs.
Concernant la date de mise en service, c’est-à-dire la date d’entrée en production, elle interviendra comme nous l’avons dit 24 mois après le go, lequel dépendra de la finalisation des principaux contrats de vente de gaz naturel de toute la production, telle finalisation étant un prérequis au financement.
-Qu’en est-il et où en êtes-vous pour ce qui est des autres cibles géologiques autour du projet Anchois ?
-Nous travaillons constamment sur le potentiel de Lixus, et notamment sur les autres cibles géologiques autour de la découverte d’Anchois. Je vous renvoie aux chiffres audités par NSAI que nous avons publiés l’an dernier et qui indiquent un potentiel important autour d’Anchois, potentiel qui sera exploré au plus vite une fois que la mise en gaz d’Anchois aura été effectuée. Il est de bonne pratique que l’effort d’exploration s’accentue lorsqu’on entre en phase de production.
-Que pouvez-vous dire au sujet du deuxième permis au sud du projet Lixus et qui s’étend jusqu’à Mohammedia ?
-Vous voulez parler de la licence de Rissana dont nous avons annoncé l’octroi en février 2022. Nous travaillons et avons identifié un certain nombre de cibles géologiques et préparons une campagne d’acquisition de données sismiques qui sera conduite en fin d’année 2023.
-Chariot est impliquée dans un projet d’hydrogène vert en Mauritanie. Envisagez-vous de porter un projet similaire au Maroc ?
-Effectivement, nous avons mis en place un partenariat avec l’UM6P et la société britannique OORT pour la mise en place d’un projet pilote pour la production d’hydrogène vert à partir de la technologie PEM développée par OORT, dans le but d’étudier la faisabilité de mettre en œuvre un projet de plus grande envergure pour la production d’hydrogène vert et d’ammoniaque. C’est un projet embryonnaire donc attendons qu’il fasse ses preuves avant d’en parler avec plus de détails.


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