Comment la technologie peut pallier la pénurie d’eau : la réponse d'Amine Zerouk
Le stress hydrique subi par le Maroc impose des économies d’eau drastiques, notamment en matière d’irrigation. En ce sens, l’apport de la technologie est déterminant. Le point avec Amine Zarouk, président fondateur de la start-up marocaine Arwa solutions.
Lorsque les ressources en eau se raréfient et les dotations agricoles à partir des barrages se réduisent comme peau de chagrin, chaque litre d’eau économisé est capital. D’où l'intérêt de s’appuyer sur la technologie pour gérer au mieux les ressources en eau à disposition des agriculteurs.
C’est d’ailleurs le cœur de la solution proposée par Arwa solutions. "Arwa Feedback utilise l’internet des objets (IOT) afin de déterminer la quantité d’eau requise en vue d’un épanouissement optimal de la plante, mais aussi pour détecter les pertes d’eau ou les fuites à colmater", indique à Médias24, Amine Zarouk, président fondateur de la start-up marocaine Arwa solutions.
Cette solution repose sur un réseau d'objets et de terminaux connectés, équipés de capteurs leur permettant de transmettre et de recevoir des données entre eux et avec d'autres systèmes. Si l'IOT est d'ores et déjà utilisé dans l'industrie, un bel avenir s'offre à lui dans le secteur agricole.

Un rapport journalier généré sur smartphone
L’un des services proposé par la start-up consiste en un système de feed-back. Un tableau de bord qui permet, grâce à des capteurs, de suivre en temps réel l’état hydrique de l’exploitation (stress/confort/excès) et de calculer les durées d’irrigation ainsi que la quantité d’eau consommée par secteur.
"Un rapport journalier est généré, suivi d’alertes sur le smartphone de l’agriculteur en cas de stress ou d'excès d’irrigation, de fuite ou de bouchage au niveau du réseau", assure Amine Zarouk. "Dans la version Pro, un module de personnalisation du tableau de bord et des alertes est proposé", ajoute-t-il, précisant qu’une solution Arwa Smart Irrigation est en cours de développement. Elle permettra de lancer, planifier ou arrêter le système d’irrigation.
En termes d’irrigation, cette solution permet de faire des économies substantielles qui varient de 50% à 70%, selon la plante cultivée, la nature du sol, mais aussi les habitudes d’irrigation des agriculteurs, affirme notre interlocuteur. "Certains ont l’habitude d’irriguer leurs cultures plus qu’il n’en faut. Dans ce cas, nous avons constaté une économie de 70%", souligne notre interlocuteur.
Destinée entre autres aux agriculteurs qui possèdent de petites ou moyennes surfaces, Arwa Feedback est présentée comme une solution low cost, dont une centaine d'appareils ont été produits jusqu'à présent. "Nous avons deux types de modèle économique. Soit la vente, soit la location. S’agissant de la vente pour un usage optimal, le coût à l’hectare est déterminé par secteur. Pour un secteur de 5 ha, le coût à l’hectare est de 4.000 DH", précise Amine Zarouk.
Une installation facile et extensible
Pour ce qui est de l’installation, "c’est un processus facile et extensible". La solution peut se greffer à n’importe quel système d’irrigation. "Du moment qu’il y a un réseau d'irrigation, notre solution peut être installée. Nous évaluons la pression du réseau d’irrigation, mais nous réussissons également à détecter l’humidité au niveau du système racinaire", affirme Amine Zarouk.

La firme marocaine a d'ailleurs eu la bonne idée de déployer un système d’irrigation plus vrai que nature, pour irriguer une parcelle d’avocatiers, lors du Salon international de l'agriculture à Meknès.
"Il est vrai que l’avocat a une réputation de culture qui consomme beaucoup d’eau, raison pour laquelle nous avons réalisé des démonstrations lors du SIAM sur des plants d'avocat pour prouver l’efficacité de notre technologie", indique Amine Zarouk.
"L’idée est de démontrer qu’avant d’interdire la culture de l’avocat, il serait plus intéressant d’explorer des solutions innovantes en termes de brumisation afin d’humidifier l’air et éviter à la plante de perdre beaucoup d’eau. Sans oublier le système d'irrigation monitoré."
Par ailleurs, "tous nos produits et solutions sont 100% marocains et utilisent des technologies de pointe pour répondre aux enjeux de l’agriculture d’aujourd’hui. Ce qui nous permet d’optimiser le coût, notamment sur le hardware en produisant en grande quantité", conclut notre interlocuteur.
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.