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TOURISME

Experienciah : entretien avec Abbas Azzouzi sur la naissance d’un nouveau gestionnaire hôtelier

Lors d'une présentation devant la presse qui s'est tenue mardi 14 novembre dans un grand hôtel de Bouznika, Abbas Azzouzi a annoncé la naissance d’Experienciah qu'il préside. Dans cet entretien avec Médias24, le président de cette nouvelle start-up, spécialisée dans la gestion hôtelière, revient pour Médias24 sur sa vocation et sur ses ambitions au Maroc et en Afrique.

Experienciah : entretien avec Abbas Azzouzi sur la naissance d’un nouveau gestionnaire hôtelier
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Le 14 novembre 2023 à 19h57 | Modifié 15 novembre 2023 à 14h27

Le groupe Al Mada compte une nouvelle plateforme de gestion hôtelière intitulée Experienciah. Selon son président, le nouvel opérateur touristique sera spécialisé en gestion d’hôtels de toute gamme qui veulent améliorer leur rentabilité et séduire davantage de clients en mettant l’accent sur l’hospitalité propre à la culture marocaine.

Disposant d’un portefeuille de 22 hôtels répartis en quatre marques The View Hotels, Kaan Hotels, A Collection et My Relax, cette nouvelle start-up compte doubler son portefeuille hôtelier au Maroc et en Afrique à l’horizon 2033.

Médias24 : En quelques mots, quelle est la vocation d’Experienciah ?

Abbas Azzouzi : Transformer les standards de l’hospitalité marocaine en mettant en avant les valeurs essentielles propres à la tradition marocaine ; des valeurs universelles de générosité, de partage, d’échange et de tolérance, que nous voulons exprimer à travers l’hôtellerie.

- Vous donnez l’impression de vouloir faire revivre l’hospitalité marocaine. Aurait-elle disparu ?

- Je ne pense pas qu’elle ait disparu, mais elle est tellement ancrée dans notre culture que parfois, on estime qu’il ne faut plus en parler et ne plus faire d’efforts. Que cette hospitalité coule dans les veines des Marocains, c’est une évidence, mais il faut l’entretenir, la cultiver et la développer pour ne pas se reposer sur ses lauriers.

A l’image de l’artisanat et de la culture, nous voulons être un outil de mise en valeur car nous estimons que l’hôtellerie peut être un moyen de sublimer l’hospitalité marocaine pour tous nos visiteurs, à savoir les Marocains, les étrangers et les Africains.

- Hormis les clients, quelle est votre cible ?

- Nous nous adressons aux investisseurs et aux hôteliers indépendants en mettant à leur disposition une plateforme de services hôteliers avec des moyens leur permettant d’être plus performants et d’avoir une meilleure rentabilité. C’est aussi une plateforme technologique qui permet de rendre plus efficient le parcours du client, avec une conception originale propre au Maroc qui s’appuie sur des choses déjà existantes au niveau international, où les gens peuvent se plugger et choisir le service qu’ils souhaitent.

- Vous voulez développer le chiffre d’affaires des entreprises qui ne marchent pas très bien ?

- Exactement. Nous mettons à la disposition des hôteliers qui souhaitent nous rejoindre des outils qui lui permettront d’avoir une plus grande rentabilité. Les investisseurs intéressés auront le choix de rejoindre différentes marques hôtelières qu’Experienciah possède dans son portefeuille.

- Les hôteliers souhaitant améliorer leur rentabilité doivent-ils payer une redevance à votre plateforme ?

- Absolument. Ce sont les Américains qui ont inventé ce système, qui s’est ensuite répandu dans le monde entier. C’est un contrat de gestion où un opérateur comme Experienciah sera rémunéré sur le chiffre d’affaires généré par l’hôtel avec un intéressement sur sa performance en termes de rentabilité.

L’idée, c’est donc de rémunérer Experienciah en fonction de ce qu’elle peut apporter en termes de chiffre d’affaires et de rentabilité pour l’hôtel qu’elle gère.

- Vous n’êtes pas les premiers sur ce marché ?

- Non, il existe depuis des années des grands groupes, notamment Accor pour ne pas le citer.

- Experienciah est-elle la première société marocaine à s’adonner à cette activité ?

- Il y a déjà eu plusieurs initiatives mais qui n’ont pas vraiment évolué. L’idée, c’est donc de se dire que sans essayer de concurrencer d’énormes groupes, Experienciah peut parvenir à s’imposer comme un acteur qui peut devenir leader sur le marché intérieur puis sur le continent africain.

- Le timing est-il le bon au vu du contexte géopolitique ?

- S’il est vrai que la situation est compliquée, je me dois de rappeler que sur les trente dernières années, le tourisme est le seul secteur qui a connu une croissance continue malgré toutes les crises qu’il a traversées (guerres du Golfe, épidémie du SRAS, printemps arabes, attentats terroristes en Europe, Covid…).

Malgré tous ces événements, le tourisme a continué à se développer de plus en plus, car tout le monde s’est rendu compte que le temps libre, notamment pour voyager, est très important.

Si la croissance peut se ralentir, le voyage est néanmoins devenu une manière de faire face aux crises et aux conflits car il encourage la rencontre des gens et la tolérance.

C’est d’ailleurs le meilleur antidote contre ceux qui nous annoncent des guerres de civilisation ou des confrontations entre l’Occident et l’Orient.

- Quelle est la vision stratégique d’Experienciah à court et moyen terme ?

- Dans un premier temps, il s’agit de mieux faire connaître les marques de notre portefeuille (The View Hotels de haut de gamme, Kaan Hotels de milieu de gamme, A Collection pour les familles, My Relax économique), qui comporte 22 hôtels affiliés, puis de construire des marques afin de les faire connaître à nos clients.

En 2024, nous avons deux ouvertures importantes qui se préparent à Agadir (l’hôtel The View) et à Casablanca (l’hôtel Kaan), et sur les trois prochaines années, dix projets vont voir le jour sans compter une expansion en Afrique de l’Ouest qui est sur les rails.

- Vous n’avez rien signé pour l’instant dans le reste de l’Afrique ?

- Pas encore.

- Alors qu’est-ce qui vous rend optimiste pour ce continent ?

- Le Maroc a une grande expérience dans le tourisme et beaucoup de choses à apporter à l’Afrique, qui est dans une dynamique d’autonomisation depuis une dizaine d’années.

Il y a en effet une évolution positive qui fait qu’entre gens qui se connaissent bien, on peut faire des choses.

- Vous avez beaucoup parlé du marché marocain lors de la conférence de presse. Votre mission n’est-elle pas de réconcilier les Marocains avec l’hôtellerie marocaine, qu’ils trouvent souvent trop chère ou pas au niveau des prestations européennes ?

- Je ne pense pas que les Marocains soient fâchés avec l’hôtellerie marocaine, mais il est vrai qu’ils sont plus exigeants avec leur pays.

Selon moi, un Marocain qui voyage en Espagne sera moins exigeant que dans son pays, où il estime que tout doit être parfait quand il paie. Sachant qu’ils ont effectivement raison, nous ne sommes pas dans une démarche de réconciliation ; nous souhaitons plutôt leur proposer des prestations qu’ils méritent à juste titre.

- La question se pose car vous avez avancé des prix raisonnables pour vos marques hôtelières qui démarrent à 600 dirhams...

- Cela est possible car nous avons une gamme d’hôtels qui permet à chaque marocain de trouver son bonheur en fonction de son budget.

- Comment vous positionnez-vous par rapport à la feuille de route ministérielle en termes de capacité hôtelière ?

- C’est un cadre qui nous permet de saisir des opportunités et d’augmenter notre capacité litière.

- Comme le Mondial 2030, qui est un vivier d’opportunités ?

- Cet événement sportif est en effet une dynamique formidable pour toute l’économie du pays.

- Et pour l’industrie du tourisme ?

- Le Mondial est en effet une sorte de piqûre qui va nous obliger à nous remettre en cause parce qu’il faudra être au niveau pour satisfaire les nombreuses personnes qui attendent cette échéance. Cela dit, je souhaite que ces événements génèrent une dynamique plus importante après leur tenue.

En effet, c’est la suite qui est importante ; elle va positionner notre pays dans une nouvelle dimension. Si entre aujourd’hui et 2030, il va y avoir un énorme intérêt pour le Maroc, il faut faire en sorte que cette dynamique perdure après ces événements.

- Pour pouvoir rejoindre des grands pays touristiques comme l’Espagne ou la Turquie, qui réalisent des dizaines de millions d’arrivées par an ?

- Absolument, ne serait-ce que, justement, pour booster les arrivées de pays voisins comme l’Espagne et le Portugal, qui peuvent devenir nos premiers marchés étrangers.

Ainsi, si demain des centaines de milliers de supporters espagnols ou portugais viennent au Maroc, il faudra travailler pour les faire revenir.

- Comment voyez-vous Experienciah dans dix ans ?

- Notre objectif est de doubler notre parc avec une cinquantaine d’hôtels et une expansion en Afrique.

Ci-après, des images filmées de la présentation d’Experienciah suivies d’une séance de questions-réponses.

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Le 14 novembre 2023 à 19h57

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