DSK : “Le financement de la transition énergétique ne peut être que monétaire”
A Marrakech, aux Atlantic Dialogues 2023, l'ancien chef du FMI a livré sa recette pour résoudre l'épineuse équation du financement de la transition énergétique. D'après lui, la seule solution possible est le recours aux ressources monétaires, une décision qui nécessite un grand courage politique.
Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur général du FMI, a affirmé avec certitude que le grand besoin en financement nécessaire pour affronter le changement climatique au niveau mondial ne peut provenir que de la voie monétaire, estimant que les ressources budgétaires des Etats ne sauraient en aucun cas être suffisantes pour y répondre efficacement.
Participant à la 12e édition des Atlantic Dialogues qui se tiennent du 14 au 16 décembre à Marrakech, il a rappelé que ce besoin en financement est estimé entre 2.000 à 3.000 milliards de dollars. Or, les récents rapports en la matière montrent que « nous sommes à des années-lumière des ressources nécessaires ». D’après lui, il faudra aller chercher 1000 milliards par an pour la finance verte pour pouvoir atteindre un résultat significatif.
Dans un contexte mondial caractérisé par la hausse de l’endettement des Etats et de l’incertitude liée aux crises à répétition, la seule solution possible est le recours aux ressources monétaires, en d’autres termes la planche à billets.
Alors que partout, dans le monde, les banques centrales s’efforcent de combattre l’inflation au prix de la croissance, cette option paraît illusoire.
DSK estime que l’effet inflationniste de la planche à billets ne serait pas aussi fort s’il est partagé au niveau mondial et qu'il en vaut la peine étant donné l’urgence climatique. Il explique que 1.000 milliards de dollars équivaut à peine à 1 % du PIB mondial, et que ce montant ne produirait qu’une inflation de 1 %.
D’autre part, il a estimé que la seule institution capable de conduire ce processus était le FMI, mais que cela nécessitait des décisions politiques courageuses de la part des actionnaires, ce qui est d’après lui improbable.
Il pense également que l’idée selon laquelle la solution doit venir d'une plus grande contribution du secteur privé est partiellement vraie, mais qu’elle n’est pas suffisante. «C’est la raison pour laquelle nous allons rester à la traîne, par rapport à ce que nous devrions faire. Les décisions courageuses sont nécessaires», a-t-il déclaré.
« Le FMI a été créé il y a 80 ans à la lumière d’une grande idée brillante : quand vous faites face à une grande crise, vous ne pouvez pas le faire avec des ressources budgétaires, mais plutôt avec des ressources monétaires. Le FMI a été créé sur cette base. Aujourd’hui nous faisons face au changement climatique qui est aussi problématique que la situation d’il y a 80 ans au moment de la deuxième guerre mondiale. Nous sommes dans un super cycle qui brise le cycle. Et je pense que cette idée de ressources monétaires est la seule idée à même de réellement créer ce changement dans l’équation », a-t-il déclaré.
Rappelons que le sujet du financement de la transition énergétique a été parmi les thèmes qui ont dominé les discussions pendant les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale en octobre dernier à Marrakech, aux côtés des problèmes de la gouvernance et du surendettement des Etats.
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