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Multiplication des saisies de cocaïne au Maroc : le récit de la Direction centrale de la police judiciaire

Depuis le mois d’octobre 2023, plusieurs cargaisons de cocaïne ont été interceptées aux points frontaliers du Maroc et dans les eaux espagnoles grâce aux indications de la DGST. Bien qu’inquiétante, le chef de la division de lutte contre la criminalité transnationale considère que cette multiplication des saisies démontre l’efficience du travail des services marocains. Explications.

Multiplication des saisies de cocaïne au Maroc : le récit de la Direction centrale de la police judiciaire
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Le 25 janvier 2024 à 19h41 | Modifié 25 janvier 2024 à 19h43

Assisté du contrôleur général Bouchaib Taini, chef de l'Office national de lutte contre le trafic de stupéfiants chargé de grosses affaires mettant en cause des réseaux criminels opérant au niveau national et international, le commissaire divisionnaire Abderrahim Habib, membre de la Direction centrale de la police judiciaire, est revenu pour Médias24 sur les récentes saisies opérées par les services marocains et sur les enquêtes en cours.

Médias24 : Depuis octobre dernier, la DGSN n'a pas chômé, avec plusieurs saisies de cocaïne dans plusieurs villes du Maroc, à savoir Casablanca, Guerguarat et Tanger. Que pouvez-vous nous dire sur toutes ces affaires, notamment sur l'accélération des prises, sans donner de détails opérationnels confidentiels ou en cours d'instruction ?

Abderrahim Habib : Toutes les interceptions de cocaïne réalisées dernièrement, qui s'ajoutent d'ailleurs à d'autres aussi importantes, résultent d'une politique globale mise en place par la DGSN pour lutter de manière générale contre cette criminalité transnationale organisée. Ce plan d'action global est fondé sur une stratégie pluridisciplinaire qui préconise une approche intégrée et équilibrée.

Cette politique est en parfaite cohérence avec les lignes directrices adoptées par l'État marocain et par la communauté internationale pour juguler toutes les formes de criminalité, en particulier le trafic de stupéfiants et des substances psychotropes.

Tout cela pour dire que les saisies opérées par nos services ne sont pas le fruit du hasard… La majorité des saisies résultent d’une enquête ou d’une coopération avec nos partenaires étrangers.

- Donnez-nous quelques détails sur la saisie des 1,3 tonne de cocaïne interceptée au port de Casablanca qui était dissimulée dans une cargaison de caisses de poissons surgelés avant d’être découverte par des importateurs marocains qui vous ont ensuite contactés ?

- Au départ, un gros commerçant espagnol a importé du poisson surgelé du Pérou qui était destiné à plusieurs grossistes, dont un intermédiaire marocain qui lui a acheté une certaine quantité de poissons surgelés.

Quand ce dernier a reçu sa commande, il l’a distribuée à plusieurs grossistes marocains qui l’ont à leur tour distribuée à des détaillants locaux. Ces derniers ont alors nettoyé les poissons avant de les mettre sur le marché. Mais avant cela, ils ont découvert des paquets de cocaïne frappés d’un logo particulier et ont alerté nos services.

Il s’agit vraisemblablement d’un mauvais calcul de la part du réseau criminel qui est derrière cette importante opération d'importation de cocaïne.

On ne sait pas ce qui s’est exactement passé, mais il a dû y avoir une erreur en termes de container et surtout d’expédition dont une partie s’est retrouvée au Maroc. Nous n'avons pas été capables de remonter à l'expéditeur ou à des complicités marocaines. C'est ce qu'on appelle une saisie sèche. Autrement dit, nous n'avons pu procéder à l'arrestation d'aucune personne en dehors de la saisie de la cocaïne.

Cela ne nous empêche pas d'effectuer des démarches internationales pour essayer de remonter la filière criminelle qui était derrière cette opération.

Nos confrères espagnols nous ont communiqué des informations sur la société qui a exporté cette cargaison, mais à ce jour, il n'y a eu aucune arrestation en Espagne.

Les investigations se poursuivent dans nos deux pays où les parquets sont saisis jusqu'à l'identification et l'arrestation des protagonistes impliqués dans cette affaire. Or pour l'instant, elles n'ont pas permis d'établir l'implication d'un quelconque citoyen marocain dans cette opération.

La DEA américaine transmet des informations sur des cargaisons transitant par le Maroc

- Qu'en est-il de la saisie à Tanger de 207 kg, où la DEA américaine vous a informés de la présence de cocaïne dans un container qui transitait vers Rotterdam ?

- Le fait de communiquer cette information aux autorités marocaines montre que nos partenaires étrangers ont une totale confiance dans nos services de sécurité, car ils auraient pu la transmettre à d’autres pays, notamment de provenance ou de destination finale de la drogue.

Il y a d'ailleurs déjà eu un précédent pour une cargaison qui partait au Soudan et que nous avons pu...

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Le 25 janvier 2024 à 19h41

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