Éducation : “Le gouvernement tourne une page qui a suscité beaucoup de controverses” (Akhannouch)
Statut unifié de l'enseignant, dossiers catégoriels, rattrapage du temps scolaire perdu... Voici ce qu'il faut retenir de l'intervention du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, ce lundi 5 février à la Chambre des représentants.
La réforme éducative était au cœur de la séance plénière mensuelle des questions de politique générale adressées au chef du gouvernement, ce lundi 5 février 2024.
"Nous avons pu mettre en œuvre les différentes composantes de la réforme [éducative, ndlr] contenues dans la feuille de route, malgré les défis que nous avons rencontrés durant les premiers mois de cette année scolaire, à cause du cumul des problématiques en suspens du secteur. Nous avons veillé, avec sérieux et responsabilité, à gérer ces défis, selon une approche participative ayant nécessité de privilégier l'intérêt national et la logique du dialogue pour reconstruire la confiance de tous les acteurs, à travers le mécanisme du dialogue institutionnel efficace", s'est félicité Aziz Akhannouch, devant les députés.
"Le gouvernement estime que toute réforme éducative ne peut réaliser les objectifs escomptés sans le renforcement de l'importance et du rôle joué par le corps enseignant, l'amélioration de ses conditions de travail, le règlement des dossiers catégoriels ainsi que la création d'un bon climat de travail au sein des établissements scolaires, en réponse aux revendications des enseignants qui ont été ignorées pendant des années".
Le gouvernement envisage de lancer un nouveau round de dialogue social
"Quelques mois seulement après l'investiture du gouvernement, nous avons tenu une série de rencontres avec les centrales syndicales les plus représentatives, dans un climat où régnaient responsabilité, confiance en l'avenir et volonté commune d'améliorer l'école marocaine. Les parties sont parvenues à un accord le 18 janvier 2022, lequel a permis le règlement de plusieurs dossiers en suspens depuis des années. (...) L'accord du 14 janvier 2023 a pour sa part permis de poser les jalons du nouveau statut unifié relatif au corps enseignant (...) à travers lequel nous avons veillé, avec audace politique et engagement éthique, à régler des problématiques qui traînaient depuis longtemps. Le gouvernement tourne ainsi une page qui a suscité beaucoup de controverses, en établissant un statut unifié pour l'ensemble des enseignants, qui répond à toutes les revendications du corps enseignant et rompt, officiellement, avec le dossier des contractuels", a précisé Akhannouch.
"Nous avons décidé d'augmenter les salaires de 1.500 DH et d'inclure une indemnisation de 1.000 DH à partir du 3e grade hors échelle. Nous avons également permis aux enseignants du primaire et du collège de bénéficier de la promotion hors échelle, accéléré le processus de la promotion dans les grades pour tous les fonctionnaires et réglé les dossiers en suspens, dont celui des fonctionnaires de la cellule 10 et des fonctionnaires titulaires de master, de doctorat ou d'autre diplôme dont l'équivalent est reconnu. Nous avons aussi mis en place un nouveau comité des enseignants-chercheurs spécialisés dans l'éducation et la formation", a rappelé le chef du gouvernement.
"À la lumière de ces acquis, nous vivons un moment décisif qui restera gravé dans la mémoire des futurs gouvernements... Le gouvernement envisage de lancer un nouveau round du dialogue social".
Aides directes sociales, langue amazighe et nouvelle génération d'enseignants
"Le gouvernement a veillé à ce que les cadres de l'enseignement puissent acquérir une formation pédagogique et professionnelle qui leur garantit de posséder les compétences requises pour exercer efficacement le métier de l'enseignement. Dans ce sens, nous avons adopté la pré-sélection et la formation initiale comme approches essentielles à la qualification des ressources humaines. Le gouvernement a étalé la formation sur plusieurs années, au lieu de deux années ; ces filières ont nécessité une enveloppe budgétaire qui dépasse plus de 4 milliards de DH, dans le but de former 28.000 étudiants durant la première année et d'atteindre 50.000 étudiants d'ici la fin du mandat du gouvernement", a souligné le chef du gouvernement.
"Les premières tranches des aides sociales directes ont été débloquées en décembre. Elles ciblent les familles avec des enfants de moins de 21 ans, dont la valeur varie de 200 à 300 DH par mois pour chaque enfant scolarisé en 2024", a précise Aziz Akhannouch. "Nous sommes conscients que pour rattraper le temps scolaire perdu, il faut s'appuyer sur une approche court, moyen et long terme pour permettre l'égalité des chances. Le ministère a adopté, en urgence, un plan national pour la gestion du temps scolaire".
"L'enseignement de la langue amazighe a été introduit dans un tiers des écoles primaires : plus de 745.000 élèves bénéficient de cours d'amazighe, soit 20% des élèves du primaire. Le gouvernement a également travaillé sur l'élargissement de l'enseignement de l'anglais de 28% pour les élèves de la 1re année du cycle secondaire collégial et de 62% pour la 2e année du cycle secondaire collégial", a-t-il également indiqué.
L'enseignement préscolaire, l'internat, les écoles communautaires et la nouvelle génération des doctorants sont les autres sujets commentés par le chef du gouvernement.
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