Etudes de médecine : de nouveaux avantages concédés aux futures blouses blanches
Une nouvelle rencontre a réuni le jeudi 15 février les étudiants en médecine, qui boycottent leurs études depuis décembre dernier, et les ministères de l'Enseignement supérieur et de la Santé. Alors que de nouveaux acquis ont été concédés aux futures blouses blanches, les étudiants en médecine remettent en question l'effectivité de leur implication dans les discussions. Ils rappellent leur exigence de révision de la réduction de la durée de formation, principale revendication du corps étudiant.
"Concernant la situation actuelle que connaissent les facultés de médecine et de pharmacie, et dans le cadre du dialogue continu avec les représentants des étudiants de ces facultés, une réunion a eu lieu le 15 février 2024 avec la participation de représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et du ministère de la Santé, des doyens des facultés de médecine, de médecine dentaire et de pharmacie et des représentants des étudiants", lit-on dans un communiqué conjoint des deux ministères.
De nouveaux acquis concédés aux futures blouses blanches
Le communiqué conjoint cite les nouveaux avantages accordés et concédés, aux termes de la réunion du 15 février, aux futures blouses blanches.
"Dans ce contexte, les deux ministères informent les étudiants et l'opinion publique des points suivants :
- La durée des études pour le doctorat en médecine est de 6 ans, conformément à la décision n°2175.22 du ministre de l'Enseignement supérieur en date 4 août 2022, modifiant et complétant la décision n° 2174.18 du ministre de l'Éducation nationale en date du 9 janvier 2019, approuvant le cahier des charges pédagogiques nationales du diplôme de docteur en médecine ;
- Augmentation du montant des indemnités pour la sixième année de formation en vue du diplôme de docteur en médecine, équivalent au montant des indemnités de la dernière année de formation dans le système précédent ;
- Possibilité de travailler dans les groupes de santé territoriaux selon l'indice 509 pour les titulaires du diplôme de docteur en médecine, sans la signature d'un engagement dans le temps, permettant la poursuite du travail ou la démission sans aucune condition ou restriction ;
- Activation de la réforme pédagogique pour la spécialité (troisième cycle) en médecine, médecine dentaire et pharmacie d'ici janvier 2025 ;
- Maintien de l'internat et du résidanat ;
- Unification des statuts juridiques des résidents tout en travaillant pour préserver les acquis et la réduction de la durée de l'engagement de 8 à 3 ans pour la promotion 2025 et au-delà. Chaque résident, après la fin de la période d'engagement de 3 ans, peut continuer à travailler sur sa demande.
- Les résidents bénéficieront d'un salaire mensuel équivalent à l'indice 509, ainsi que des autres indemnités spécifiées dans la loi relative aux métiers de la santé ;
- Programmation des terrains de stages hospitaliers qui seront approuvés par les commissions régionales mixtes de coordination de la formation dans les métiers de la santé ;
- Augmentation du nombre de postes financiers alloués au concours de résidanat pendant l'année de transition (janvier 2026)."
"Conscients de l'importance de la qualité de la formation en médecine, médecine dentaire et pharmacie, les deux ministères continuent de travailler sur les étapes finales de la réforme pédagogique du cycle de formation de la spécialité en médecine, en coordination avec les doyens des facultés de médecine et de pharmacie, ainsi qu'avec les enseignants dans ces facultés à travers le Syndicat national de l'enseignement supérieur et les conseils des établissements et leurs structures", conclut le communiqué.
Une prise de décision unilatérale selon les étudiants en médecine
Les étudiants en médecine déplorent néanmoins l'absence d'une implication réelle du corps étudiant dans les discussions, soulignant que les avantages cités ci-haut n'ont pas été réellement abordés lors de la réunion du 15 février. Ils contestent par ailleurs le refus des ministères de tutelle de procéder à la révision de la réduction de la durée de la formation en médecine, l'une de leurs principales revendications.
"On ne peut pas parler, proprement dit, d'un accord entre ministères et étudiants. La réunion du 15 février n'a pas abouti à un PV en raison du refus des deux ministères de tutelle de discuter notre position concernant la décision de réduire la durée de la formation en médecine de sept à six ans, qu'ils considèrent comme irréversible, n'ouvrant la voie qu'à la discussion des détails de sa mise en œuvre", explique à Médias24 une source de la Commission nationale des étudiants en médecine, médecine dentaire et en pharmacie du Maroc.
"Nous rappelons que tout accord entre la Commission nationale et les deux ministères est officialisé par un procès-verbal d'accord, approuvé lors d'une assemblée générale par les étudiants et signé par les représentants des ministères d'une part, et par les représentants des étudiants au sein de la Commission nationale d'autre part", précise notre source.
"Les autres points du dossier revendicatif n'ont pas été réellement abordés. Ils ont pourtant figuré dans le communiqué conjoint qui, en outre, manque de clarté, notamment en ce qui concerne le maintien ou non des postes bénévoles pour les résidents et la forme retenue pour l'internat, qui entraîneront beaucoup de problèmes par la suite. Nous avons été surpris par la publication de ce communiqué dont nous découvrons aujourd'hui les détails au même titre que l'opinion publique", déplore cette dernière.
Maintien du boycott ouvert jusqu'à nouvel ordre
"Le boycott ne sera pas levé sans l'approbation de tous les étudiants. Si les étudiants jugent que c'est suffisant pour la levée du boycott, la Commission procédera dans ce cas-là à un vote à l'issue d'une assemblée générale", poursuit notre source.
Notre source nous révèle que la nouvelle session des examens partiels, programmée courant février, a été boycottée avec succès dans l'ensemble des facultés de médecine et de pharmacie du pays. "Seuls les étudiants étrangers ont passé les examens. Pour le cas de la ville de Rabat, ces derniers n'ont toujours pas eu lieu. Ils sont prévus pour la semaine prochaine", conclut-elle.
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